Téchiné le sulfureux

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Le réalisateur André Téchiné est apparu hier sur le tapis rouge de la Berlinale au bras de l'actrice Sandrine Kiberlain, qui joue la mère d'un des deux jeunes amants dans son film Quand on a 17 ans.

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(Berlin) Le cinéaste André Téchiné a beau avoir 72 ans et être un monsieur un peu chétif et capricieux, il vient d'offrir le film le plus sulfureux de la Berlinale. Le film s'intitule Quand on a 17 ans. Mais un titre plus honnête serait: Quand on a 17 ans et qu'on est gai. L'homosexualité de deux adolescents vivant dans les montagnes de la Haute-Garonne est au coeur de ce film coscénarisé par Céline Sciamma, la nouvelle coqueluche du cinéma français, connue grâce à Tomboy et à Bande de filles, deux films qu'elle a écrits et réalisés et qui ont connu de beaux succès.

Lorsqu'il l'a contactée, Téchiné avait en tête les personnages de deux ados de 17 ans: Damien, un blondinet issu d'une famille cool et ouverte dont la mère médecin est interprétée par la toujours joviale Sandrine Kiberlain; et Tom, un jeune d'origine maghrébine adopté par une famille de fermiers. «Mes personnages ont été programmés pour être hétéros même s'ils ne le sont pas. J'ai voulu montrer tout le temps que ça prend pour se déprogrammer de l'hétérosexualité et le combat qu'ils livrent contre eux-mêmes pour y arriver», a expliqué le cinéaste en conférence de presse.

Le film raconte un anti-coup de foudre, soit l'aversion profonde que les deux ados ont l'un pour l'autre avant d'être forcés de sympathiser par des circonstances qui les amèneront éventuellement à devenir amants. La scène d'amour entre les deux est particulièrement explicite et sulfureuse, et la nudité y est totale et frontale.

Corentin Fila et Sandrine Kiberlain dans Quand on a 17... (PHOTO LUC ROUX, FOURNIE PAR LA BERLINALE) - image 2.0

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Corentin Fila et Sandrine Kiberlain dans Quand on a 17 ans, présenté hier à la Berlinale.

PHOTO LUC ROUX, FOURNIE PAR LA BERLINALE

Téchiné affirme qu'il a voulu éviter de verser dans le voyeurisme, mais vue de la salle de cinéma, son intention n'était pas évidente. C'est le moins qu'on puisse dire.

«Je voulais qu'ils aient des gestes à la fois de maladresse et d'appétit, mais ça, évidemment, c'est théorique. Ils avaient des gestes à faire. Ils les ont faits et ça leur appartient. Ma seule vraie directive, c'est qu'il n'y en ait pas un qui soit actif et l'autre passif, mais bien qu'à tour de rôle, ils se prennent et qu'ils soient pris.»

Les deux acteurs, Kacey Mottet Klein - que l'on a vu petit aux côtés de Léa Sédoux dans L'enfant d'en haut - et Corentin Fila, un nouveau venu, ont laissé entendre qu'ils n'étaient pas gais ni l'un ni l'autre, mais qu'ils avaient tout fait pour que cette scène soit réussie, quitte à se payer une virée bien arrosée la veille à Toulouse pour nourrir leur solidarité dans cette épreuve du feu.

C'est Rimbaud qui écrivait qu'on n'est pas sérieux quand on a 17 ans. Visiblement, André Téchiné veut lui rendre hommage à travers ce film: à lui et à tous les jeunes gais de 17 ans qui ignorent encore qu'ils ont été programmés pour être hétéros.

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