Le nid Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant: mise en abysse

Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant ne connaissaient pas... (Photo François Roy, La Presse)

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Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant ne connaissaient pas David Paradis avant que le jeune cinéaste les sonde pour jouer dans son premier long métrage, Le nid, qui a remporté le prix du meilleur film canadien au plus récent festival Fantasia.

Photo François Roy, La Presse

Mario Cloutier

Un couple dans la vie qui joue un couple dans un film sur le film qu'ils font. Qui fait quoi et comment ? Le nid, premier film de David Paradis, est un huis clos en forme de spirale qui nous entraîne vers le fond. Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant nous expliquent le chemin parcouru afin de se retrouver dans Le nid.

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David Paradis, réalisateur du Nid

Photo François Roy, La Presse

Filmé dans un sous-sol d'église en plein centre-ville, Le nid, de David Paradis, est un suspense psychologique centré sur un couple en déroute, un homme et une femme qui tentent de se retrouver après un événement que l'on devine tragique.

Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant ne connaissaient pas David Paradis avant que le jeune cinéaste les sonde pour jouer dans son premier long métrage, qui a remporté le prix du meilleur film canadien au plus récent festival Fantasia. Le couple, dans la vie et sur l'écran, a adoré son expérience.

« C'est une belle fable sur la création, la mise en abyme et le huis clos, dit l'acteur. C'est toujours un défi d'acteur intéressant. En le rencontrant, j'ai vu que David savait où il s'en allait. »

« En tournant, on a bien vu qu'il avait tout son film dans la tête. Il est très collégial dans son approche aussi, ce qui est un signe de confiance. »

- Pierre-Luc Brillant

L'actrice ajoute que le cinéaste lui « a donné le temps de se mettre le texte en bouche ». « Il était ouvert aux suggestions. Il nous a même montré les premiers montages et on a pu donner des idées. Avec Pierre-Luc, on se sentait un peu responsables du film. Si ça n'avait pas cliqué entre nous, on ne se serait jamais rendus jusqu'au bout. On voyait le potentiel du film. »

Les deux comédiens, qui sont aussi musiciens et auteurs, sentent qu'ils ont contribué au processus de création bien plus que dans leurs expériences précédentes en solo au cinéma. Cette fois, en plus, le couple joue un couple qui a une jeune enfant.

« J'étais moins chaud à l'idée qu'on porte nos vrais noms dans le film, dit Pierre-Luc Brillant, mais finalement, tant qu'à y aller, j'ai aussi composé la musique avec Francis Rossignol. Ça fait un film dans un film dans un film. »

FILM-THÉRAPIE

Sans dévoiler le noeud de l'intrigue, on peut dire que l'idée de faire un film représente une sorte de thérapie pour ce couple qui ne se parle plus qu'à travers la vidéo.

« C'est une grande métaphore sur la création, sur la difficulté de créer, mais aussi l'aspect thérapeutique », explique Isabelle Blais. 

« On a bâti des personnages qui comportent une espèce de flou artistique entre ce qui est vrai ou pas. Mais il n'y a rien dans le film qui se rapporte à notre vie. »

- Isabelle Blais

David Paradis n'a donc pas réalisé une autofiction, même si le cinéaste nous a dit en entrevue qu'il sentait que ses acteurs y avaient mis du leur.

« Non, nous ne sommes pas comme ça dans la vraie vie, lance Pierre-Luc Brillant en riant. Ça fait quatre ans que les gens m'appellent "docteur" parce que j'ai joué un docteur tout ce temps-là. »

« Ça ne me trouble pas que des gens me disent, après le visionnement, qu'on est comme ça dans la vie, poursuit Isabelle Blais. On se sert de ce qu'on est. Pas plus dans ce film que dans un autre, cependant. Au contraire, je dirais, j'ai joué d'autres personnages qui étaient beaucoup plus proches de moi qu'Isabelle dans Le nid. C'est tellement inusité comme contexte. »

MÉLANGER LES GENRES

Suspense, drame, horreur... La force de ce premier film tient dans son mélange habile des genres.

« Le personnage de Pierre-Luc est libre de faire ce qu'il veut, dit-elle, de créer quelque chose pour sa blonde, donc ça permet d'aborder plusieurs styles. On passe de la réalité au rêve et aux hallucinations. Il y a plusieurs ambiances dans le film. »

« Le cinéma québécois s'est démocratisé au cours des dernières années avec les moyens technologiques. Il y a 20 ans, on n'aurait pas pu tourner ce film en pellicule. Maintenant oui, et c'est tant mieux. Malheureusement, il a été refusé par les institutions », souligne Pierre-Luc Brillant.

« Espérons qu'il aura du succès et que ça permettra à David d'en faire d'autres », conclut Isabelle Blais.

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Le nid est actuellement à l'affiche.




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