M Night Shyamalan se sent étranger à Hollywood

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Frankie Taggart
Agence France-Presse
Los Angeles

C'est une vieille plaisanterie à Hollywood de dire que le plus gros retournement de situation chez M Night Shyamalan réside dans le déclin rapide de sa carrière après l'ascension fulgurante de ses débuts.

Le cinéaste indo-américain s'est fait une place parmi les grands noms d'Hollywood en 1999 avec Le sixième sens, un thriller surnaturel avec une fin spectaculaire qui lui a valu d'être comparé à Alfred Hitchcock.

Ses deux films suivants, Incassable et Signes, ont cimenté sa réputation de nouveau roi du suspense mais il est ensuite devenu une cible régulière des critiques qui estimaient que ses scénarios aux dénouements à surprises avaient du mal à masquer une cinématographie médiocre.

Le metteur en scène de 46 ans est de nouveau en grâce depuis The Visit, sorti l'an dernier, et son dernier long métrage Split, qui sortira en France l'an prochain et fait l'objet de premières critiques favorables.

Sur le tapis rouge du festival AFI à Hollywood cette semaine avant une projection du film, il tentait de convaincre qu'il n'accorde pas tant d'importance aux scénarios à coups de théâtre qui l'ont rendu célèbre.

«Je ne vois pas les choses de cette façon. Je ne me sens pas obligé de faire ce que tout le monde attend», a assuré ce père de trois enfants.

«C'est plus une question de quelle histoire on veut raconter et comment», a-t-il ajouté.

Incompris

Né Manoj Shyamalan dans le sud de l'Inde, il a grandi dans un quartier aisé de Philadelphie, où on lui a donné une caméra super 8 lorsqu'il était enfant. Inspiré par l'oeuvre de Steven Spielberg, il avait déjà réalisé 45 courts métrages avant l'âge de 16 ans.

Ses parents étaient tous deux médecins mais, si son père le poussait à opter pour la même profession, sa mère l'encourageait à suivre les cours de cinéma de New York University.

Shyamalan vit toujours à Philadelphie, et dit ne pas prêter attention aux critiques, ce qui lui vaut parfois d'être perçu comme peu amène.

Un article de 2008 paru dans le quotidien britannique The Guardian moquait son attitude «défensive arrogante» et sa manie d'apparaître dans ses films.

En personne, il semble toutefois poli, affable et même humble, laissant imaginer qu'en fait... il serait souvent incompris.

«Je me sens vraiment étranger (à Hollywood) (...) «je vis à 5000 kilomètres d'ici», remarque-t-il, affirmant que c'était la première fois qu'il mettait les pieds au mythique TCL Chinese Theatre d'Hollywood.

Son retour en grâce a été amorcé par sa participation comme producteur exécutif à la série télé de science-fiction Wayward Pines, dont il a réalisé le premier épisode.

Split, que Shyamalan a aussi écrit et produit, plonge dans l'esprit torturé de Kevin (James McAvoy), qui souffre d'un trouble d'identité et exprime 23 personnalités distinctes.

Le film a reçu une pluie de louanges et un taux d'opinions favorables de 80% sur le site agrégateur Rottentomatoes.com.

Se sent-il encore le besoin de prouver quelque chose? Il assure à l'AFP que faire des films est pour lui «bien plus complexe que ça» et que jamais il ne s'inquièterait de ce que pensent les gens de ses films.

«Je suis vraiment heureux de ces derniers films - The Visit et Split - parce que je les ai fait différemment, plus petits, plus avant-gardistes», raconte-t-il.

«Vraiment je ne pense pas à ce qui pourrait marcher ou pas. Je me sens plus audacieux, plus capable de prendre des risques», a-t-il conclu.

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