Chasse-galerie: un canot volant? Ça parle au diable!

Caroline Dhavernas incarne la belle Liza Gilbert dans le... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, LA PRESSE)

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Caroline Dhavernas incarne la belle Liza Gilbert dans le film Chasse-galerie.

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Daniel Lemay
La Presse

Pour plusieurs, Chasse-galerie est une chanson de Claude Dubois; pour d'autres, le nom renvoie au bar étudiant de l'Université du Québec à Trois-Rivières ou, un peu plus haut sur le fleuve, au bouillonnant café culturel de Lavaltrie, là même où se déroulait une partie de l'histoire qu'Honoré Beaugrand a adaptée d'une légende française à la fin du XIXe siècle.

L'histoire est simple: pour pouvoir aller voir leurs blondes à Lavaltrie la veille du jour de l'An, des bûcherons d'un chantier de la Gatineau font un pacte avec le diable lui-même qui, à certaines conditions, les transportera dans Lanaudière, et les ramènera en Gatineau, dans un canot d'écorce. Un canot volant. «Acabris! Acabras! Acabram! Fais-nous voyager par-dessus les montagnes!»

Porter cette légende à l'écran s'avère toutefois un brin plus complexe, tant dans la trame elle-même qu'il faut adapter au siècle que dans le défi technique qui consiste à faire voler un canot... ou à faire croire qu'il s'envole. 

«Je ne tourne pas une légende», lance le réalisateur Jean-Philippe Duval, rencontré mercredi sur le plateau de Chasse-galerie, au village Canadiana de Rawdon. «Je tourne un thriller historique réaliste.» 

Thriller qui trouve son assise moderne - ou intemporelle - dans une histoire d'amour où les protagonistes sont la belle Liza Gilbert, qu'incarne Caroline Dhavernas, et Jos Lebel, joué par Francis Ducharme. Auxquels s'ajoute Romain Boisjoli, joué par Vincent-Guillaume Otis, arête méchante de l'éternel triangle.

«Je suis un bon méchant», dit en souriant ce quasi-spécialiste des films d'époque dont la carrière s'étend du Survenant à La Maison du pêcheur en passant par Babine. «Boisjoli aime Liza depuis longtemps et là, il y a une porte qui s'ouvre...» 

Mais voilà le méchant Murphy (François Papineau) qui a sa propre affaire à régler avec la belle Liza... Vincent-Guillaume Otis aime le caractère «très concret» du scénario de Guillaume Vigneault et Mario Bolduc, où le Québec rural des années 1890 apparaît dans toute sa dureté. Et le diable là-dedans? «Il manipule les faiblesses des hommes...»

La faiblesse de l'homme

La grande faiblesse de l'homme, on le sait, c'est la femme, elle-même au centre de cette histoire de bûcherons. 

Comment Caroline Dhavernas a-t-elle décroché le principal rôle féminin de Chasse-galerie

«Par la voie normale de l'audition. Ils cherchaient à créer une chimie avec Francis [Ducharme] et ç'a cliqué.» Le reste fait partie de l'histoire... d'amour de Chasse-galerie, dont le tournage, depuis quelques semaines, s'est déroulé dans des conditions hivernales difficiles. 

L'actrice a vu pire: «Dans Nez rouge (Érik Canuel, 2003), j'étais en t-shirt dans un banc de neige...»

Chasse-galerie, dont la sortie est prévue à la fin de l'année - trop chaud en juillet... - , est doté de presque 7 millions, un budget dans lequel entrent bien des postes particuliers dus au tournage hivernal - deux fois plus long, selon des vétérans des plateaux - et le caractère d'époque avec ses locations, ses costumes et ses chevaux. 

Le producteur Christian Larouche, à qui on doit notamment Gerry et Louis Cyr, connaît bien les exigences des films d'époque, mais ici s'ajoute le fameux canot... «La difficulté n'est pas de faire voler le canot dans les airs, la technologie numérique nous permet tout, mais de le faire décoller...»

Jean-Philippe Duval (Unité 9, Dédé à travers les brumes) a choisi ici l'approche mécanique, plus crédible - on a hâte de voir ça décoller - , mais son credo repose tout entier sur le jeu des comédiens. 

«Pendant le tournage de Dédé, un gros projet, j'ai réussi à rester proche des acteurs: ça fait partie de mon style et ça ne change pas pour Chasse-galerie, qui est encore plus gros. Beaucoup d'affaires, beaucoup de monde, mais l'important, c'est ce qui se passe entre les personnages...»

L'un des trois personnages féminins du film, qui n'apparaît pas nommément dans la légende d'Honoré Beaugrand, est celui de Marie Bélisle, incarnée par Mylène St-Sauveur, qui vient de jouer Anne Frank au TNM. 

«Oui, Anne Frank est un personnage mondialement connu, mais je trouve tout aussi important de faire vivre une légende de chez nous...» Et qu'est-ce qu'elle fait dans Chasse-galerie, cette Marie Bélisle? «Elle est l'instrument du diable...»

Ça parle au maudit!

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