Bruno Boulianne: sur la route... de la réussite

Le réalisateur Bruno Boulianne, que l'on voit ici... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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Le réalisateur Bruno Boulianne, que l'on voit ici chez lui à Montréal, indique que le scénariste et producteur Claude Godbout avait vu son film Bull's Eye - un peintre à l'affût sur Marc Séguin et l'avait apprécié.

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Pour des raisons méconnues, l'histoire a conservé de la migration des Canadiens français aux États-Unis un côté sombre et misérable. Or, quelques générations plus tard, force est de constater que leurs descendants ont obtenu leur part du gâteau du rêve américain.

S'il y a une chose à retenir du documentaire Un rêve américain de Bruno Boulianne et de Claude Godbout, c'est bien celle-là. Les descendants des Canadiens français se sont complètement intégrés au grand melting-pot états-unien.

«Je voulais raconter quelque chose d'un peu connu, mais sous un autre angle, indique Bruno Boulianne. Je voulais dire: «Hé! On a participé à ce continent-là. On n'a pas juste trimé dur dans les usines de la Nouvelle-Angleterre.»»

En compagnie du chanteur Damien Robitaille, qui sert de guide-narrateur-découvreur dans le film, on part à la rencontre d'Américains de souche canadienne-française éparpillés aux quatre coins de l'Amérique, du Maine au Missouri, en passant par le Montana et même la Californie. Les artisans ont exclu la Louisiane qui a sa propre histoire avec les Acadiens.

À chaque arrêt, on découvre des gens dont les familles ont à la fois fait leur place et conservé des traces de leurs origines. Plusieurs des personnes rencontrées parlent encore quelques mots, voire un très bon français.

C'est le cas de Robert Bob Roy, de la Nouvelle-Angleterre. Non seulement parle-t-il français, non seulement a-t-il réussi en affaires, mais sa mentalité fait aussi davantage penser à celle d'un Texan. «Robert est un businessman, un winner et il vote républicain, lance Bruno Boulianne. Il est fier de ses origines. Il dit lui-même qu'il y a eu exploitation des Canadiens français dans les filatures. Mais il vient rappeler que les Canadiens-français passés aux États-Unis ont aussi conquis quelque chose.»

Faire parler le monde

Bruno Boulianne rappelle que c'est Claude Godbout qui a eu l'idée du film. «C'est son bébé, dit-il. Claude avait vu mon film Bull's Eye - un peintre à l'affût (sur Marc Séguin) et avait apprécié. Quant à moi, je connaissais son travail. Il a fait de belles choses, comme la production du film Les bons débarras, etc. Il a été très généreux avec moi dans ce projet.»

Godbout, qui a écrit le scénario, et Boulianne ont eu l'idée de solliciter Robitaille comme personnage central en raison de sa propre histoire. Franco-ontarien, Robitaille s'était éloigné de sa langue maternelle avant de la retrouver par la voie musicale.

Boulianne et Godbout voulaient que Robitaille conserve une partie de naïveté durant le tournage. «On a dit à Damien de se documenter, mais pas de devenir un expert de la question, dit M. Boulianne. On voulait qu'il soit comme un vrai voyageur qui part sur la route et découvre quelque chose. On lui a dit: «Fais parler le monde.»»

Évidemment, Robitaille a ajouté une dimension musicale, une note country-folk, à ce road movie très émouvant.




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