The Shape of Water: la filière canadienne

Le producteur J. Miles Dale travaille en étroite... (Photo Nathan Denette, Archives La Presse canadienne)

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Le producteur J. Miles Dale travaille en étroite collaboration avec le cinéaste Guillermo del Toro.

Photo Nathan Denette, Archives La Presse canadienne

Travaillant en étroite collaboration avec Guillermo del Toro depuis quelques années, le producteur torontois pourrait bien monter dimanche sur la scène du Théâtre Dolby si The Shape of Water, fort de ses 13 citations, en venait à obtenir l'Oscar du meilleur film de l'année.

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Guillermo del Toro (deuxième à droite) sur le plateau de tournage de The Shape of Water

Photo fournie par 29th Century Fox

Peu de gens le savent, mais Guillermo del Toro a pratiquement élu domicile à Toronto. The Shape of Water a d'ailleurs été entièrement tourné dans la Ville Reine, ainsi qu'à Hamilton, une autre ville très appréciée par le cinéaste mexicain. Le complice canadien du réalisateur du Labyrinthe de Pan est J. Miles Dale, un producteur d'expérience qui partage à l'évidence la même vision, la même communauté d'esprit.

«Il y a quelques années, j'ai travaillé sur Scott Pilgrim, un film d'Edgar Wright, explique-t-il au cours d'un entretien accordé récemment à La Presse. Edgar est un ami commun et c'est ainsi que nous avons fait connaissance, Guillermo et moi. Nous avons travaillé ensemble à titre de producteurs et il a même réalisé l'émission pilote de The Strain, une série que je produis.»

« Nous nous sommes tout de suite bien entendus. On aime travailler ensemble.»

Une imagination fertile

Les deux hommes se connaissent assez bien pour que les idées de l'un ne déstabilisent jamais les plans de l'autre. Ainsi, J. Miles Dale a tout de suite allumé quand Guillermo del Toro lui a fait part de son projet de film, The Shape of Water.

«Il m'a présenté ça le plus simplement du monde, en me disant qu'il était en train d'écrire l'histoire d'une femme de ménage qui tombe amoureuse d'une créature amphibie. Son imagination, qui vient souvent de ses souvenirs d'enfance, est tellement fertile que tu ne peux faire autrement que de le croire et de souscrire à ce qu'il te raconte. Et tout ça a du sens!»

Le plus grand défi pour le producteur fut de créer un environnement propice afin que le cinéaste soit fidèle à sa vision, tout en travaillant avec un budget beaucoup plus restreint qu'à l'accoutumée.

«Les deux films précédents de Guillermo ont été réalisés avec des budgets beaucoup plus importants, rappelle le producteur. Là, nous disposions d'un budget d'un peu moins de 20 millions de dollars. Il a fallu tout prévoir de façon intelligente, car nous avons ici affaire à un film d'époque, dont l'intrigue se déroule en 1962, qui mêle aussi plusieurs genres cinématographiques. Le projet était risqué et un malheur pouvait survenir tous les jours. Mais nous sommes passés au travers!»

Aussi fut-il décidé rapidement de tourner le film en Ontario, même si l'intrigue du film est campée à Baltimore.

«Nous avons pu utiliser un studio à Hamilton où est aussi tournée la série The Strain. Nous avons pu faire des économies d'échelle de cette façon. Et puis, il y a des endroits à Hamilton qui rappellent encore beaucoup les années 60.»

Un parcours imprévisible

Au moment de la fabrication, les artisans n'auraient jamais pu deviner le parcours qu'emprunterait le film. On ne peut jamais rien prévoir de cette nature, de toute façon. L'accueil qu'a reçu The Shape of Water à la Mostra de Venise, où il a obtenu le Lion d'or, a cependant pu donner un petit indice.

«Avant Venise, où le film a été présenté en primeur mondiale, personne ne l'avait encore vu, à part les gens liés de près à l'aventure. Puis, la première projection a eu lieu et elle a été marquée par une ovation de 10 minutes. L'émotion dans la salle était tangible. Pour la première fois depuis longtemps, Guillermo a pu respirer. Même si on aime ce qu'on propose, on ne peut jamais savoir quel genre d'accueil un film aura avant de le présenter à un public.»

Depuis cette présentation, la réputation du long métrage n'a fait que s'accentuer. Au point de décrocher pas moins de 13 citations aux Oscars, plus que toute autre production.

«J'exerce ce métier depuis 35 ans, fait remarquer le producteur. On ne se permet jamais d'imaginer de telles choses, car on risque d'être incroyablement déçu. Ce genre de reconnaissance, qui dépasse de loin tout ce qu'on aurait pu espérer, survient une fois dans une vie.»

«Le Producers Guild Award m'a beaucoup fait plaisir parce que tous les producteurs assis dans la salle savent à quel point ce métier est parfois difficile, ajoute-t-il. Nous étions autant ravis que Guillermo obtienne de son côté le Directors Guild Award, car cette reconnaissance des pairs est très gratifiante.»

Pas de plagiat

J. Miles Dale réfute par ailleurs complètement l'allégation de plagiat lancée par le fils de Paul Zindel, auteur de la pièce Let Me Hear You Whisper, écrite en 1969, d'autant que le cinéaste n'aurait jamais vu cette pièce et en ignorait même l'existence, semble-t-il. Le cinéaste Jean-Pierre Jeunet a aussi exprimé sa déception à l'idée que le cinéaste ait «copié» une scène de Delicatessen.

«Un créateur est la somme de ce qu'il a vu et aimé dans sa vie, et Guillermo n'a jamais caché ses influences. Je suis certain que les propos de Jean-Pierre Jeunet le chagrinent beaucoup. Je peux vous assurer que ce film est le fruit d'une vision artistique entièrement originale.»




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