Ben-Hur: le péplum à l'heure du pardon

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La scène de la course de chars opposant Judah Ben-Hur (Jack Huston, à droite) et Messala (Toby Kebbell, à gauche) a demandé trois mois de tournage.

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Sonia Sarfati
La Presse

(LOS ANGELES) Après Ridley Scott et Darren Aronofsky, c'est au tour de Timur Bekmambetov de remettre le drame biblique au goût du jour. Après Exodus: Gods and Kings et Noah, voici Ben-Hur.

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Rodrigo Santoro, qui incarne Jésus dans Ben-Hur

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Morgan Freeman, dans la peau du cheik Ilderim

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« C'est une histoire de pardon, de rédemption et d'amour. Montrer, aujourd'hui, qu'il y a une autre voie que celle de la vengeance est extrêmement important. Je ne suis pas une personne croyante, mais je suis une personne spirituelle, je crois en la bonté de l'humanité et je sais que le manque de gentillesse peut mener très, très loin », avançait Jack Huston lors de rencontres de presse tenues dimanche à Los Angeles.

L'acteur britannique qui fait partie de la dynastie artistique des Huston - son grand-père est le réalisateur John Huston ; sa tante, Anjelica Huston ; etc. - et dont l'arbre généalogique remonte loin dans la noblesse anglaise, campe le rôle titre dans Ben-Hur de Timur Bekmambetov (Wanted)... qui se veut non pas le remake du film classique de William Wyler (1959), lauréat de 11 Oscars, mais une adaptation plus fidèle du roman de Lew Wallace publié en 1880.

Jack Huston ne s'est donc pas trop référé au péplum mettant Charlton Heston en vedette - même s'il est très familier avec cette oeuvre. Pour l'avoir vue souvent. Et parce que, dit-il, « ma famille est très proche de celle des Heston, le petit-fils de Chuck est mon invité pour la première du film ».

Écrit par John Ridley (12 Years a Slave), le scénario de ce Ben-Hur vise « un public plus jeune, qui ne connaît pas cette histoire et dont les attentes sont différentes en ce qui concerne le rythme, le jeu et la durée. On ne s'assoit pas aujourd'hui devant un film de plus de trois heures et demie avec entracte, interprété par des acteurs jouant de façon théâtrale », fait la productrice Roma Downey.

Elle en est, avec son mari et partenaire en affaires Mark Burnett, à sa « troisième crucifixion » : ils ont aussi produit le long métrage Son of God, la minisérie The Bible - « à laquelle personne ne croyait, mais pour laquelle nous avons eu de meilleures cotes d'écoute que Game of Thrones et The Walking Dead ». Et ils sont derrière ce Ben-Hur où, bien sûr, Jésus est monté sur la croix.

TRAHISON

Le chemin de Judah Ben-Hur, envoyé aux galères par son frère adoptif, le Romain Messala (Toby Kebbell), qui l'accuse faussement de tentative de meurtre contre Ponce Pilate (Pilou Asbaek), croise en effet à quelques reprises celui de Jésus - dont le rôle, ici, a pris de l'importance : dans le film de William Wyler, on ne voyait jamais son visage ni n'entendait sa voix ; dans cette version, des mots ont été mis dans sa bouche, et son visage est celui de Rodrigo Santoro.

« Je n'aime pas parler de Jésus comme d'un personnage, même s'il en est un, mais le jouer... c'est quelque chose qui ne se compare à rien de ce que j'ai fait avant. Pour le jouer, il était important pour moi d'aller puiser très loin en moi, dans ce que j'ai dans le coeur. Après tout, il est l'amour inconditionnel », dit Rodrigo Santoro.

Au cours du tournage qui s'est déroulé sur sept mois et s'est fait à Rome, principalement dans les mythiques studios Cinecittà, l'acteur s'est mis au régime en vue de la scène de la crucifixion : « Pour perdre du poids, bien sûr - et ce n'était pas facile : l'Italie, c'est les pâtes et les gelati ! -, mais pas que cela. Être en manque de nourriture a un impact sur la manière dont vous vous sentez et dont vous pensez. C'est dans cet état d'esprit que je voulais être. »

Ce qu'il ignorait, c'est que, le (grand) jour venu, le temps se mettrait aussi de la partie. Il faisait extrêmement froid. « Je grelottais sur la croix, j'étais fouetté par le vent. Physiquement, ç'a été très dur. Mentalement aussi, et ça m'a servi : j'étais comme replié dans ma tête, dans mes pensées. Je ne sais pas mettre des mots là-dessus, mais je pense que ça a servi ma performance », fait l'acteur qui avait tout un poids sur les épaules, et le sentait : « Cette scène est emblématique, elle définit notre civilisation : il y a un avant et un après la crucifixion. »

VENTRE À TERRE

À une échelle plus terre à terre, la scène de la course de chars opposant Judah et Messala (donc Charlton Heston et Stephen Boyd) a marqué l'histoire du cinéma. Celle de cette nouvelle version, qui oppose Jack Huston et Toby Kebbell, a demandé trois mois de tournage.

« J'ai appris à conduire un char tiré par quatre chevaux... Vous savez, en 1959, les caméras ne pouvaient pas filmer l'action à haute vitesse. Aujourd'hui, c'est possible. Nous allions très vite. Il y avait des caméras sur le char, j'en avais même parfois une sur mon casque. Ce que vous voyez à l'écran, je l'ai fait. L'idée était de donner au public l'impression non pas qu'il assiste à la course, mais qu'il est dans la course », indique Toby Kebbell qui a entre autres retrouvé ici l'animal qu'il secourait dans War Horse de Steven Spielberg... et dont les souvenirs du film classique « se limitent à [s]a mère disant combien Charlton Heston était beau ».

« C'est vrai que Chuck était un homme, un vrai ! rigole Jack Huston. Disons que j'ai abordé "mon" Judah d'une manière différente. » Ainsi le voulait le scénario. Donc, ainsi soit-il.

Ben-Hur est actuellement à l'affiche.

Les frais de voyage ont été payés par Warner Bros.

ILS ONT DIT...

« Pourquoi ce projet m'a-t-il intéressé ? Pour l'argent ! [rires] Mais aussi parce que je retrouvais Timur, avec qui j'ai aimé travailler sur Wanted ; et parce que ça me donnait l'occasion de passer quelques semaines à Rome, l'une des villes que j'aime le plus au monde. »

- Morgan Freeman, qui incarne le cheik Ilderim

« Rodrigo était "très" Jésus. Silencieux, sérieux, au régime. Il mangeait de la salade pendant qu'on était à la pizza. Et quand il a changé l'eau en vin, c'était vraiment du method acting ! [rires] »

- Pilou Asbaek, qui incarne Ponce Pilate

BEN-HUR EN QUELQUES DATES

1880 : publication du roman écrit par le général Lew Wallace

1899 : adaptation théâtrale qui sera vue par 20 millions de personnes

1907 : court métrage muet de Sidney Olcott et Frank Oakes Rose

1925 : long métrage muet de Fred Niblo, mettant en vedette Ramón Novarro

1959 : long métrage de William Wyler, mettant en vedette Charlton Heston

1995 : adaptation radiophonique du roman en quatre parties par la BBC, mettant en vedette Jamie Glover

2003 : film d'animation destiné à la télévision et produit par la compagnie de Charlton Heston, où l'acteur prête sa voix au personnage titre

2010 : minisérie en deux épisodes de Steve Shill, mettant en vedette Joseph Morgan

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