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The Neon Demon: la beauté du diable ***1/2

La PresseSonia Sarfati 3/5

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Sonia Sarfati
La Presse

Ce diable de Nicolas Winding Refn nous refait le coup. Comme pour DriveThe Neon Demon (son nouveau film reparti bredouille de la récente compétition cannoise) nous en met plein la vue. Tellement que ça déborde. Amateurs d'esthétique flamboyante, d'horreur chic, de trash pervers, de valse morbide, accrochez-vous : c'est une orgie du genre.

The Neon Demon... (Image fournie par les films Séville) - image 1.0

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The Neon Demon

Image fournie par les films Séville

Mais comme pour Only God Forgives, le réalisateur danois (qui cosigne le scénario du long métrage) se fiche tellement du fil narratif qu'il tend parfois jusqu'à le casser ou l'emmêler à (bon ?) escient ou l'abandonner tout simplement. On est loin de la méthodique Ariane dans son labyrinthe !

Bref, il faut aimer (beaucoup) Nicolas Winding Refn pour apprécier ce film expérimental qui se situe quelque part entre Mulholland Drive et Zoolander (oui, oui !) avec un détour par Maps to the Stars. Et qui nous éblouit (les couleurs, la composition des images, la lumière, les vêtements et celles qui les portent) autant qu'il nous irrite - jusqu'à quel point peut-on étirer une scène silencieuse où il ne se passe rien avant que le spectateur ne craque ?

L'histoire est celle de Jesse (Elle Fanning, portant fabuleusement la lumière, la naïveté, l'enthousiasme du personnage et laissant poindre, quand, là et où il le faudra, un soupçon de malice).

Elle a tout juste 15 ans quand elle arrive à Los Angeles. Elle veut devenir mannequin. Physiquement, elle a tout ce qu'il faut pour cela. Ceux qu'elles rencontrent n'en doutent pas.

Il y a une maquilleuse (Jena Malone, perverse et inquiétante sous des dehors de meilleure amie), une agente aux dents aussi longues que sa voix est de miel (Christina Hendricks), un designer prétentieux (Alessandro Nivola).

BELLES OU BÊTES ?

Se pointent aussi deux rivales qui acceptent mal cette nouvelle venue (Bella Heathcote et Abbey Lee, blondes filiformes perchées sur des stilettos, aux regards (a)vides et hallucinés) ; un gentil ( ?) photographe (Karl Glusman) ; le gérant rustre du motel crade où Jesse s'est installée (Keanu Reeves).

Autant de personnages que Nicolas Winding Refn a en général choisi de ne pas creuser. Ils demeurent pour la plupart des astres flous autour du soleil qu'est Jesse, dont la beauté et l'innocence sont vénérées par les uns, convoitées par les autres. Sentiments exacerbés jusqu'à en devenir malsains.

Bref, on le sait, on le sent, on le verra, cette aventure finira mal. Pour qui ? Pourquoi ? Comment ?

Le réalisateur donne des clés. Avec parcimonie. Et en les enrobant dans le symbolisme. Là, il y a du mythe de Narcisse, des relents de Dorian Gray, un écho de Nosferatu. Ici, la présence d'un couguar bien vivant et là, celle d'un léopard empaillé n'ont rien d'innocent.

Le diable est en effet partout dans cette oeuvre visuellement éblouissante qui se déroule dans un Los Angles filmé, bellement, sous ses différentes coutures, tantôt glauque, tantôt glamour ; et qui s'apparente plus à une série de vignettes à peine cousues ensemble, souvent muettes et se déroulant en l'absence totale de trame sonore - ce qui ne les rend que plus oppressantes, dérangeantes. Et qui ne rend que plus efficaces les notes de Cliff Martinez (complice habituel de Nicolas Winding Refn) quand elles s'élèvent, hypnotiques et enveloppantes.

The Neon Demon est une expérience. On aime ou pas, mais on ne peut y être indifférent.

FILM NOIR

The Neon Demon

(V.F. : Le démon de néon) De Nicolas Winding Refn 

Avec Elle Fanning, Jena Malone, Bella Heathcote, Abbey Lee. 1 h 57.

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