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Cannes: trois favoris, neuf jurés, une Palme d'or

Le Festival de Cannes dévoile dimanche son palmarès, avec une comédie allemande... (Photo Reuters)

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Sophie LAUBIE
Agence France-Presse
CANNES

Le Festival de Cannes dévoile dimanche son palmarès, avec une comédie allemande hilarante, un film poème de Jim Jarmusch et un drame roumain sur la corruption parmi les favoris pour la Palme d'or, sa récompense suprême.

Après dix jours de stars, de glamour, d'excentricités et d'événements cinématographiques, le jury, présidé par l'Australien George Miller, père de Mad Max, devra faire son choix parmi les 21 films en compétition.

La cérémonie débutera peu après 19h, heure locale.

Le jeu restait très ouvert à quelques heures de l'annonce, au terme d'une édition riche en films fleuve de plus de deux heures, en drames sociaux ou en beaux portraits de femmes, et émaillée de quelques comédies.

«Il y a eu pas mal de films intéressants. (...) Mais il n'y a pas eu La vie d'Adèle, il n'y a pas eu Mommy, il n'y a pas eu Entre les murs. Il n'y a pas eu de film qui tout d'un coup nous aurait fait dire, comme ça avait été le cas pour La vie d'Adèle il y a quelques années, c'est la Palme!», a dit à l'AFP Bruno Cras, critique de cinéma sur Europe 1.

«Ça a été l'année des comédies, un genre traditionnellement négligé à Cannes», a commenté le critique du Guardian Peter Bradshaw, citant Toni Erdmann de l'Allemande Maren Ade et Ma Loute du Français Bruno Dumont.

Toni Erdmann, qui a déclenché des applaudissements et des fous rires parmi les festivaliers, semblait le mieux placé pour la Palme d'or, recueillant les faveurs de la presse, selon le panel de critiques français et étrangers publié par la revue spécialisée Screen.

Si elle gagnait pour ce film à la fois drôle et émouvant sur la relation père-fille, Maren Ade serait seulement la deuxième femme à remporter la récompense suprême, après Jane Campion pour La Leçon de piano en 1993.

Driver, Simonischek, Hüller ou Braga

Autre favori pour la Palme, l'Américain Jim Jarmusch pourrait l'emporter avec Paterson, un film construit comme un poème, ode au ralenti et à la banalité du quotidien à travers l'histoire d'un conducteur de bus du New Jersey.

Le Roumain Cristian Mungiu - Palme d'or en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours - pourrait aussi séduire le jury avec Baccalauréat, drame sur la corruption dans la société roumaine et les compromissions d'un père.

Aquarius du Brésilien Kleber Mendonça Filho, sur les excès du capitalisme à travers le portrait d'une femme libre, Julieta de l'Espagnol Pedro Almodovar ou Moi, Daniel Blake de Ken Loach pourraient également figurer en bonne place dans le palmarès.

Sans oublier Elle du Néerlandais Paul Verhoeven, polar jubilatoire et transgressif avec Isabelle Huppert ou Le Client d'Asghar Farhadi, nouveau drame moral et social du réalisateur de La Séparation.

Pour le prix d'interprétation masculine, l'acteur américain Adam Driver (Star Wars: le Réveil de la Force), parfait en anti-héros dans Paterson, pourrait être récompensé.

L'Autrichien Peter Simonischek en père loufoque et incontrôlable dans Toni Erdmann est également fréquemment cité. Tout comme le Britannique Dave Johns pour son rôle de menuisier en lutte contre le système dans Moi, Daniel Blake.

Fabrice Luchini en bourgeois dégénéré dans Ma Loute et l'Américain Shia LaBeouf pour American Honey de la Britannique Andrea Arnold sont aussi évoqués.

Côté féminin, l'Allemande Sandra Hüller en jeune femme d'affaires ambitieuse et froide dans Toni Erdmann pourrait l'emporter, tout comme la star brésilienne Sonia Braga en femme indépendante dans Aquarius.

Marion Cotillard en femme brûlante de désir dans Mal de pierres de Nicole Garcia, Isabelle Huppert tout en ambiguïté dans Elle, l'Iranienne Taraneh Alidousti dans Le Client ou l'américaine Kristen Stewart dans Personal Shopper d'Olivier Assayas pourraient aussi être récompensées.

Comme chaque année, le jury se retire dimanche matin dans une villa des hauteurs de Cannes pour délibérer.

Le palmarès est composé de sept prix au total. L'année dernière la Palme d'or avait été remportée par Dheepan de Jacques Audiard, à la surprise générale.

Neuf jurés pour une Palme

Quatre femmes, cinq hommes : les neuf membres du jury du Festival de Cannes, présidé par l'Australien George Miller, se couperont du monde dimanche pour délibérer ensemble sur le palmarès et la récompense suprême, la Palme d'Or.

«C'est un jury très passionné et quand nous parlons, tout le monde a tellement de choses intéressantes à dire que c'est vraiment excitant», avait confié George Miller à l'AFP mardi, à mi-parcours du Festival. «C'est une décision collective, (le jury) est comme une bête à neuf têtes.»

Voici quelques éléments biographiques sur ces neuf jurés :

George Miller, un cinéma populaire et spectaculaire

Le président du jury du 69e Festival de Cannes, le réalisateur australien (71 ans) de la célèbre saga Mad Max succède aux frères Coen à la tête de cette prestigieuse compétition internationale. Metteur en scène éclectique des Sorcières d'Eastwick, du film d'animation Happy Feet, pour lequel il a reçu un Oscar, et récemment de Mad Max: Fury Road, George Miller incarne un cinéma à la fois populaire et spectaculaire.

Arnaud Desplechin, le cinéaste de l'intime

Réalisateur et scénariste, le Français Arnaud Desplechin (55 ans) a remporté cette année le César du meilleur réalisateur avec Trois souvenirs de ma jeunesse, un film qui n'avait pas été retenu dans la compétition officielle de Cannes l'année dernière. En 2008, l'une de ses interprètes, Catherine Deneuve, a été récompensée par le Prix spécial du 61e Festival de Cannes pour Un conte de Noël.

Kirsten Dunst, Marie-Antoinette mélancolique

L'actrice américaine de 34 ans a débuté à 11 ans dans Entretien avec un vampire de Neil Jordan. Elle a incarné Marie-Antoinette dans le film éponyme de Sofia Coppola et joué la jeune femme dépressive de Melancholia de Lars von Trier qui lui a valu le Prix d'interprétation féminine à Cannes en 2011. Nommée aux Golden Globes pour son rôle dans la série Fargo, Kirsten Dunst sera bientôt à l'affiche de Woodshock de Kate et Laura Mulleavy.

Valeria Golino, l'Italienne lumineuse

Actrice, réalisatrice, scénariste et productrice, Valeria Golino a joué  dans Rain Man de Barry Levinson (1988) et tourné avec de nombreux réalisateurs italiens notamment avec Emanuele Crialese dans Respiro. Très populaire dans la péninsule, Valeria Golino (49 ans) a été couronnée dès ses débuts par le Prix d'interprétation à Venise dans Storia d'amore de Francesco Maselli. Un prix qu'elle vient à nouveau de décrocher pour sa composition dans Par amour de Giuseppe M. Gaudino.

Vanessa Paradis, le French glamour

Révélée par Joe le taxi, Vanessa Paradis (43 ans) a mené de front dès son plus jeune âge une carrière de chanteuse et de comédienne. Elle a joué dans Noce Blanche, La Fille sur le pont, L'Arnacoeur ou Apprenti gigolo. Côté musique, elle a travaillé avec Lenny Kravitz, Serge Gainsbourg et Matthieu Chedid. Son dernier album, Love Songs, lui a valu de remporter une Victoire de la Musique en 2014. La fille qu'elle a eue avec l'acteur Johnny Depp, Lily-Rose, était aussi sur la Croisette pour présenter le film La Danseuse où elle tient un second rôle.

Mads Mikkelsen, le Danois magnétique

Prix d'interprétation masculine à Cannes en 2012 pour La Chasse, l'acteur danois (50 ans) a été aussi remarqué sur la Croisette pour sa prestation dans Michael Kohlhaas en 2013. Il a été révélé au cinéma par la trilogie Pusher de Nicolas Winding Refn, avant de s'imposer dans le rôle du méchant du James Bond Casino Royale (2006). Mads Mikkelsen sera prochainement de retour au cinéma dans Doctor Strange et Star Wars, Rogue One: A Star Wars Story.

László Nemes, révélation de Cannes 2015

Réalisateur et scénariste, Laszló Nemes (39 ans) a fait des débuts remarqués au dernier Festival de Cannes en 2015 avec son premier long métrage, Le Fils de Saul, récompensé par le Grand Prix, avant de rafler l'Oscar du meilleur film étranger en février 2016. Né à Budapest, francophone, le cinéaste hongrois, qui a étudié à Paris, a été l'assistant de Béla Tarr pour le film L'Homme de Londres.

Katayoon Shahabi, au service du talent

Productrice et réalisatrice iranienne, Katayoon Shahabi (47 ans) a créé la Sheherazad Media International (SMI), importante société privée de distribution de films et documentaires. Sous son égide, trois de ses compatriotes ont été récompensés, Rakhshan Bani-Etemad et Vahid Jalilvand à Venise, et Ida Panahandeh à Un Certain Regard à Cannes en 2015. Avec d'autres documentaristes iraniens, Katayoon Shahabi a été emprisonnée quelques mois à Téhéran en 2011. Tous étaient accusés d'avoir «donner une image négative de l'Iran», en collaborant avec la BBC.

Donald Sutherland, le vétéran d'Hollywood

L'acteur canadien (80 ans) a incarné un mémorable Casanova pour Federico Fellini et joué l'un des premiers rôles dans le film culte M.A.S.H de Robert Altman, Palme d'or à Cannes en 1970. Acteur polyvalent, il a tourné plus de 150 films dont des classiques tels que Les Douze Salopards de Robert Aldrich, et Klute d'Alan Pakula. Plus récemment, il a joué dans la saga Hunger Games.

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