Pan: coeurs de pirates

Barbe-Noire (Hugh Jackman), accompagné de ses pirates Goliath... (Photo fournie par Warner Bros. Pictures)

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Barbe-Noire (Hugh Jackman), accompagné de ses pirates Goliath (Phil Martin), Lofty (Jimmy Vee) et Baggy (Neil Bell).

Photo fournie par Warner Bros. Pictures

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Sonia Sarfati
La Presse

(NEW YORK) Quand il a été invité à prendre part au Pan de Joe Wright (Atonement,Anna Karenina) et qu'on lui a fait miroiter l'idée d'enfiler les bottes de Barbe-Noire, Hugh Jackman a plongé dans les ouvrages racontant le célèbre pirate et, à partir de là, a construit sa propre image du personnage.

«J'avais lu qu'il mettait des bâtons d'encens dans sa barbe et les allumait avant d'aller au combat, il donnait ainsi l'impression d'être en feu», racontait l'acteur lors d'une conférence de presse tenue à New York. Ça me semblait extrêmement cool. J'ai demandé à Joe ce qu'il en pensait et...»

L'interprète de Wolverine s'interrompt. OEillade en direction du réalisateur. Rire complice.

Parce que Joe Wright n'avait pas cette vision-là. Pas du tout. Dans sa tablette électronique, il avait placé le visage de Hugh Jackman sur un costume de Louis XIV. Et avait coiffé le composite d'une perruque de Marie-Antoinette. «C'était encore mieux que ce que j'avais imaginé!» pouffe l'acteur. À ses yeux, 80% du travail de composition du personnage a été fait par les froufrous, les dentelles, les volants, les plumes et la coiffure. Du bonbon, quoi.

Sauf au moment d'enfiler le tout. «Sur tous les films, on a un habilleur et, vraiment, chaque fois je me demande pourquoi. Mais là, sérieux, j'en aurais eu besoin de deux.»

Un cérémonial qui, même hors caméra, colle à ce pirate «pompeux, flamboyant, qui aime le son de sa propre voix, bref, qui aime être Barbe-Noire. Du moins, quand il a une audience. Il y a aussi quelque chose de très sombre en lui, que l'on perçoit en filigrane et qui émerge quand il est seul».

Peter avant Pan

Mais, au fait, que fait le célèbre écumeur des sept mers dans Pan et au Pays de Nulle-Part? Crochet n'y est-il pas le pirate en chef? Non. Pas encore. Car le scénariste Jason Fuchs a imaginé le temps d'avant celui que J.M. Barrie a couché sur papier.

Nous sommes donc dans une histoire des origines. Peter Pan n'est pas devenu le garçon qui ne voulait pas grandir. Il ignore même qu'il peut voler.

Incarné par Levi Miller, qui fait son entrée au grand écran par la grande porte, Peter est un orphelin de 12 ans. Il a été abandonné par sa mère et a grandi sous la férule (à prendre au sens premier) de religieuses, dans un Londres maintenant sous les bombes. Nous sommes en pleine Seconde Guerre mondiale.

«J'avais ce fantasme de voir des avions Spitfire combattre un bateau de pirates dans les airs», dit en riant Jason Fuchs - qui a ainsi déplacé l'amorce d'un récit originellement campé au début des années 1900. Ce qui n'a pas de répercussions majeures sur le Pays de Nulle-Part comme tel, lieu intemporel s'il en est.

C'est là que se retrouve bientôt Peter - avant - Pan. Kidnappé par Barbe-Noire et ses sbires qui comptent en faire un des esclaves travaillant dans les mines de poussière de fée. Ingrédient essentiel pour... donner des ailes à une frégate.

En ces lieux où, croit-il, il pourrait retrouver la trace de sa mère, Peter se rend compte qu'il peut voler. Et attire ainsi l'attention d'un autre esclave. Crochet (Garrett Hedlund). James Crochet. Avec lequel il va faire équipe pour s'affranchir des flibustiers.

Leur route croisera celle de Lili la tigresse, qu'interprète Rooney Mara (The Girl with the Dragon Tattoo, Side Effects).

Un choix qui a causé la controverse. Pourquoi une actrice caucasienne pour incarner la princesse amérindienne? «Parce que cette image vient du dessin animé de Disney. Dans le livre de J.M. Barrie, aucune indication n'est donnée au sujet des indigènes du Pays de Nulle-Part», assure Joe Wright.

Dilemne princier

Le réalisateur s'est donc senti entièrement libre de choisir pour princesse l'actrice qui serait la plus convaincante. Peu importe son origine.

«J'ai rencontré des comédiennes de partout. Japon, Chine, Afrique, Premières Nations australiennes, amérindiennes, afro-américaines», ajoute Joe Wright, qui n'avait, comme indication, que les mots de Barrie voulant que Lili la tigresse soit une princesse guerrière.

Il a trouvé ce quelque chose de «princier et d'inquiétant» chez Rooney Mara. Qui, pour sa part, était heureuse de prendre part à «un film que ma famille pourra voir, où je ne suis pas maltraitée, agressée, et où je n'ai pas à enlever mes vêtements».

Un de ses gros défis, ici, rappelle celui de Hugh Jackman: enfiler le costume, la coiffe, les accessoires. L'ensemble est... disons exubérant, déconstruit et iconoclaste. Et la demoiselle ne parade pas dans ces attributs, elle se bat. Contre Barbe-Noire, ses jabots, ses bijoux et sa perruque.

Visuellement, c'est aussi spectaculaire qu'amusant. Pour cause, dit Joe Wright: «J'ai mis mon imagination au service du garçon de 11 ans que j'ai été. Ce garçon était plein d'émerveillement, d'excitation et de magie. Mais l'adolescent que je suis devenu lui a demandé de mettre la pédale douce sur tout cela parce que ce n'était pas cool. [rires]. J'avoue qu'il m'a été très agréable de retrouver ce "moi pas cool" pour réaliser ce film.» Et construire un Pays de Nulle-Part plein de joie, de couleurs... mais aussi de peurs.

«Tous les enfants grandissent, sauf un», disait le narrateur de Peter Pan. «Juste un, vraiment?», pourraient répondre Joe Wright et ses complices de Pan.

Pan prend l'affiche le 9 octobre.

Les frais de voyage ont été payés par Warner Bros.

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