Les Wachowski de retour avec la série Sense8

Naveen Andrews et Daryl Hannahdans une scène Sense8.... (PHOTO AP)

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Naveen Andrews et Daryl Hannahdans une scène Sense8.

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Thomas Urbain
Agence France-Presse
NEW YORK

Combats spectaculaires, mondes parallèles, une pincée de métaphysique: les créateurs de Matrix reprennent certains éléments qui ont fait le succès de leur fameuse trilogie dans Sense8, mais vont au-delà, superposant les univers pour proposer une série inclassable.

Le concept de la série est ambitieux, avec un récit qui suit, en parallèle, huit personnages principaux vivant chacun dans un endroit différent du monde, sur quatre continents.

Plusieurs médias américains ont affirmé que la production de chacun des dix épisodes de la seconde saison, qui sera mise en ligne vendredi, a coûté neuf millions de dollars, un chiffre que n'a pas confirmé la plateforme de vidéo en ligne Netflix, interrogée par l'AFP.

En tout, le tournage de cette nouvelle saison a pris huit mois, au cours desquels l'équipe s'est rendue dans 17 villes différentes, a expliqué à l'AFP Tina Desai, qui joue l'Indienne Kala Dandekar.

En cela, il s'agit peut-être de la première vraie série mondiale, dans la lignée du modèle de Netflix, présent dans plus de 190 pays.

«Cela rend le tout beaucoup plus complexe, plus difficile, mais une fois que vous vous êtes habitué à ce style de récit, c'est divertissant», explique Max Riemelt, qui interprète l'Allemand Wolfgang Bogdanow.

«Les gens aiment ce genre de séries», selon lui. «Ils ne veulent pas voir quelque chose de prémâché, facile à consommer.»

La seconde saison a été réalisée sous la direction de Lana Wachowski, anciennement Larry Wachowski (devenu femme au tournant des années 2010). Elle a assuré presque seule cette seconde saison, sans sa soeur Lilly, coscénariste et anciennement Andy Wachowski (devenu femme début 2016), avec laquelle elle formait le duo à l'origine de Matrix.

«Accepter nos différences»

Les huit personnages principaux de la série sont des «sensates», humains pour l'essentiel mais doués d'une capacité de perception surnaturelle, qui les connecte en permanence les uns aux autres.

Ils sont pourchassés par un certain M. Whispers, lui aussi doué de capacités psychiques hors normes, qui oeuvre pour le compte d'une mystérieuse société, la Biologic Preservation Organization (BPO).

Après avoir passé la première saison à prendre la mesure de leur condition, dont ils ignoraient tout jusqu'ici, les huit «sensates» contre-attaquent, unissant leurs forces grâce à leur don.

Sense8 s'épaissit, avec une intensité dramatique supérieure à celle de la première saison mise en ligne en 2015.

Ambitieuse, la série est un ovni, inclassable, avec des ruptures de rythme brutales.

Elle alterne des passages très mélodramatiques, qui semblent parfois sortis de «telenovelas», avec des séquences au cordeau et des combats très proches de l'univers de Matrix, qui fut révolutionnaire en la matière.

«Je ne sais pas à quoi le comparer», explique Terrence Mann, qui joue M. Whispers. En voyant le résultat, «je me suis simplement dit que c'était de la réalisation brillante». «Vous étiez toujours dedans.»

«C'est très personnel», dit Naveen Andrews, alias Jonas Maliki dans Sense8, au sujet de la série. Les soeurs Wachowski «y ont investi tellement d'elles-mêmes... Cela se démarque de ce qu'elles ont fait avant».

Tout comme elles l'avaient fait dans Matrix, les Wachowski évoquent la relation du dominant au dominé, de la minorité à la majorité, ainsi que la différence, un thème qui revêt une actualité nouvelle avec l'élection de Donald Trump aux États-Unis et la montée du nationalisme dans de nombreux pays.

Pour Tina Desai, la série «dit aux gens de se calmer et de ne pas avoir si peur de l'autre, d'accepter nos différences, d'aller au-delà et de nous comprendre».




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