Pierre-Yves Cardinal: chausser les patins d'une légende

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La minisérie Béliveau qui sera présentée à Historia a permis au comédien Pierre-Yves Cardinal de faire un voyage dans le temps et de découvrir l'homme derrière la légende du numéro 4 du Canadien de Montréal. Un fantasme réalisé.

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« Les films et les séries d'époque, ça commande une attention aux détails dans tous les départements. Tout le monde a travaillé comme des fous », dit Pierre-Yves Cardinal.

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Pierre-Yves Cardinal

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Comme la plupart des gens, Pierre-Yves Cardinal a entendu parler des exploits de Jean Béliveau, alias le Gros Bill, par son père qui, lui-même, avait dû en entendre parler par le sien. Il n'y a pas de période plus mythique du Canadien de Montréal que celle qui a vu sur la glace Béliveau, Maurice Richard et Bernard Geoffrion. « On s'est fait construire ces légendes-là par nos pères, nos oncles, et on dirait qu'ils sont devenus plus grands que nature, plus grands que pour les gens qui les ont vus jouer », dit Pierre-Yves Cardinal, bien conscient de ce qu'il avait à porter sur les épaules lorsqu'il a accepté d'incarner le célèbre numéro 4 du CH.

Oui, une autre production inspirée par le hockey, cette religion québécoise largement partagée. Et c'est une production à grand déploiement, scénarisée par Jacques Savoie et réalisée par François Gingras, à 1 million de dollars par épisode (la minisérie en compte 5), ce qui est nécessaire pour offrir une reconstitution respectueuse de l'époque - après tout, Béliveau est présenté sur la chaîne Historia.

Pierre-Yves Cardinal - qu'on a pu voir dans Les jeunes loups, Tom à la ferme, Prémonitions ou L'échappée - l'avoue, c'est cette plongée dans le temps qui l'a le plus impressionné. Porter le superbe chandail rouge du Canadien tricoté à la main, chausser les vieux patins, utiliser les bâtons fabriqués comme à l'époque et... jouer pas de casque ! « Nous avons tourné pas mal de scènes à Verdun et c'était spécial, puisque c'est l'ancien amphithéâtre pour l'entraînement du CH à l'époque », explique-t-il.

« La municipalité a gardé l'endroit vraiment tel quel. Quand on est tous arrivés là-bas avec nos costumes de légendes, c'était incroyable. Tu sens que les fantômes ne sont pas loin. »

« Les films et les séries d'époque, ça commande une attention aux détails dans tous les départements. Tout le monde a travaillé comme des fous », souligne l'acteur.

La série couvre la carrière de Jean Béliveau, de son ascension et sa célébrité quand il a joué pour les Citadelles et les As de Québec à son arrivée mouvementée dans le vestiaire du CH, la gloire des grandes années (et les blessures qui viennent avec), sa vie avec sa femme Élise (Madeleine Péloquin), en passant par sa carrière au sein de Molson, jusqu'à sa retraite, le tout entrecoupé de véritables images d'archives. Le néophyte y apprendra beaucoup de choses. Dès le premier épisode, on découvre tout le jeu de séduction de Frank J. Selke pour attirer le jeune joueur à Montréal, mais qui reste à Québec par fidélité (et on le chouchoute), les débats entourant le Colisée, qui peuvent ressembler à ceux entourant la construction du Centre Vidéotron (certaines choses ne changent pas !). « Je pense que Jean Béliveau a vraiment grossi le phénomène du hockey à Québec, les gens y allaient pour le voir jouer. C'était un gars de Victoriaville, très humble, Québec était une grosse ville pour lui, et il s'y sentait bien. »

Double carrière

Plusieurs choses ont fasciné Pierre-Yves Cardinal dans cette aventure, notamment la double carrière de Béliveau. « Il travaillait aussi fort chez Molson qu'il travaillait pour le Canadien. C'est assez unique dans le passé. Il pouvait aller à une pratique le matin, au bureau l'après-midi et jouer un match le soir ! Et ce n'était pas des jobs faciles qu'on lui confiait chez Molson, il a été un moment donné vice-président de la distribution. Il avait beaucoup de difficulté à dire non, il ne voulait jamais décevoir. La communication, ce n'était pas évident pour lui, car au début, c'était un gars très timide. Il a dû apprendre son art oratoire, apprendre l'anglais. Le propriétaire de Molson l'a pris sous son aile, il voyait en lui l'incarnation du gentleman canadien-français qui manquait, selon lui, dans la culture populaire. »

Le gentleman est l'autre grande image associée à Jean Béliveau, qui a été l'un des plus grands ambassadeurs du Canadien. « Il est réputé comme étant le plus grand capitaine de l'histoire du Canadien », rappelle Cardinal, qui s'est plongé dans la biographie du joueur pour bien saisir le personnage.

« C'est un grand leader, un vrai capitaine. Ce que j'ai entendu dans les commentaires d'anciens joueurs, c'est qu'il était quelqu'un d'inspirant dans la chambre. »

« Il donnait la place à tout le monde. Il était inspirant sur la patinoire et en dehors de la patinoire. Il était un peu à l'opposé de Maurice Richard, qui avait un caractère plus intempestif. Ce n'était pas évident au début pour lui de faire sa place, puisque Richard était la locomotive de l'équipe. Maurice voulait que Béliveau soit plus fougueux sur la glace, mais ce n'était pas son style de jeu. Béliveau était un tricoteux, un fabricant de jeu, alors que Maurice fonçait sur la glace pour sauver sa vie ! »

Dans sa carrière, le Gros Bill remportera une dizaine de fois la Coupe Stanley. C'était vraiment une autre époque, dans laquelle Pierre-Yves Cardinal a eu le privilège de plonger, et qui l'étonne encore aujourd'hui. « Béliveau a appris à jouer au hockey sans regarder la télé, note-t-il. Il entendait Maurice Richard à la radio, alors qu'il apprenait à jouer en regardant les meilleurs de son quartier. C'est quand même spécial ! Aujourd'hui, les jeunes peuvent aller sur YouTube voir des drills de power skating, ce n'est plus du tout la même affaire. Reste que ça donnait des joueurs avec une méchante bonne technique. Je regardais les clips de Béliveau, et pour essayer d'accoter ça... bonne chance ! Il a une facilité déconcertante à manier la rondelle, un coup de patin large et puissant, une posture impeccable. C'était un défi physique, et je n'ai jamais fait quelque chose de semblable. »

À Historia dès le 22 mars à 22 h




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