The Deleted: sexe, sang et drogue

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Sonia Sarfati
La Presse

Quand Bret Easton Ellis, auteur du roman culte American Psycho, décide d'écrire une série web et de la réaliser, ça donne un ovni télévisuel intitulé The Deleted, pas vraiment réussi mais très «BEEien».

Terrain connu

Sexe, sang et (tentative de) suspense sont de ce programme plus bizarre qu'abouti. Mais cette première saison (y en aura-t-il une autre?) ne consistant qu'en 8 épisodes de 12 à 15 minutes (on les trouve sur le site Fullscreen), elle se consomme comme un court long métrage. Ceux qui connaissent bien l'oeuvre de Bret Easton Ellis se sentiront en terrain connu en compagnie de ces jeunes personnes aussi belles que superficielles, rappelant les personnages de Moins que zéro et des Lois de l'attraction. Los Angeles, la cité des anges où le romancier a grandi, où il s'est réinstallé après avoir «éclos» à New York, et qui sert de fond visuel à plusieurs de ses livres, se déploie ici avec une beauté calculée, une beauté très étudiée, une beauté à laquelle BEE, l'esthète, s'attarde avec sensualité.

Tout le monde tout nu!

Dans ces paysages de carte postale, sur ces plages magnifiques, dans ces maisons où tout n'est que fenestration et terrasses, dans ces pièces presque nues, évoluent de jeunes gens eux aussi extrêmement beaux. Et nus. Ou presque. Sur l'échelle de la beauté, ils frôlent le 10 sur 10. Sur celle du talent d'acteur, par contre, les Nash Grier, Madeline Brewer, Amanda Cerny et autre Spencer Neville «scorent» moins fort. Mais accordons-leur le bénéfice du doute: peut-être est-ce parce que leurs personnages sont coupés de leurs émotions (un filon à creuser), peut-être est-ce à cause du manque de substance des dialogues ou de la parcimonie frôlant l'émaciation avec laquelle les indices sont donnés pour faire avancer l'intrigue. Va savoir!

Les personnages de The Deleted évoluent dans des... (Photo fournie par Fullscreen) - image 2.0

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Les personnages de The Deleted évoluent dans des paysages de carte postale, sur des plages magnifiques et dans des maisons où tout n'est que fenestration et terrasses.

Photo fournie par Fullscreen

Assez tordu

Ce qu'on parvient toutefois à comprendre, c'est que ces magnifiques jeunes personnes en proie à d'irrépressibles pulsions sexuelles ont passé plusieurs années dans un «institut», ont été membres d'un genre de culte qui les a initiées à une drogue appelée Guidance, à laquelle elles sont maintenant accros. Cinq d'entre elles se sont évadées. On découvrira comment et grâce à qui, après avoir piétiné un moment. Un couple semble être à leurs trousses. Chose certaine, certains fugitifs disparaissent. Les autres s'inquiètent. En attendant, ils passent le temps. En baisant (nous sommes dans le registre de la soft porn, impression que l'omniprésente trame sonore de Nick Bassett et Tamaryn Brown accentue), en se piquant, en se scarifiant. Ou en déjantant carrément pour sombrer dans une violence que le réalisateur prend un malin plaisir à «esthétiser». Oh, et en textant! Ces jeunes, représentants des milléniaux, sont bien sûr accros aux technologies.

Pas mal confus

Bref, il y a pas mal de personnages dans The Deleted. Ils sont au départ interchangeables: beaux gosses affichant une moue perpétuelle, peaux exposées, bronzées, tatouées, percées. On en découvre plus sur eux dans le dernier épisode, genre d'antépisode de l'intrigue. C'est à la fois trop peu trop tard, mais, en même temps, assez interpellant pour avoir envie de revoir le premier épisode afin de le consommer à la lumière de cette mise en contexte. L'entreprise ne serait donc pas entièrement ratée? Peut-être. D'autant que qui connaît Bret Easton Ellis, qui suit ses écrits sur les médias sociaux sentira que le romancier fait partager et commente ici sa vision d'une génération qu'il observe avec... disons, fascination; et en reprenant l'un des thèmes de ses romans: la vacuité de l'existence. À cet égard, The Deleted atteint son but. En 90 minutes.




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