Robert De Niro incarne Bernie Madoff à HBO

«J'ai fait du mieux que j'ai pu, mais je ne comprends pas». Après avoir incarné... (PHOTO AFP)

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Véronique Dupont
Agence France-Presse

«J'ai fait du mieux que j'ai pu, mais je ne comprends pas». Après avoir incarné l'auteur de la pire escroquerie financière de l'histoire dans The Wizard of Lies, Robert de Niro n'a toujours pas percé le mystère Bernie Madoff.

«Ce qu'il a fait dépasse l'entendement, alors il y a comme une déconnexion en lui», a souligné l'acteur légendaire, qui a pourtant incarné son lot de criminels au cours de sa longue carrière.

«La seule chose dont je sois convaincu, c'est qu'il n'avait pas mis au courant (de son stratagème) ses enfants, sa femme» jouée par Michelle Pfeiffer dans ce téléfilm de HBO réalisé et coproduit par Barry Levinson (Rain Man, Bugsy, Good Morning, Vietnam...), a poursuivi le comédien lors d'une conférence de presse à Pasadena près de Los Angeles.

Selon De Niro, Ruth Madoff et ses enfants avaient probablement des soupçons, tout comme certains clients, face aux rendements faramineux offerts par Bernie Madoff, mais n'ont pas cherché plus loin tant que l'argent coulait à flots.

Pendant près de 20 ans, Bernard Madoff, 78 ans, a été l'une des célébrités de Wall Street. Il est à l'origine d'une gigantesque fraude dite pyramidale estimée entre 23 et 65 milliards de dollars selon que l'on compte les intérêts ou non.

Il n'avait jamais placé un seul centime des sommes confiées par ses clients, piochant dans les fonds de nouveaux investisseurs pour rétribuer ou rembourser les plus anciens.

Le château de cartes s'est écroulé en décembre 2008 lorsqu'un nombre croissant d'investisseurs, affolés par la crise financière, avaient demandé à récupérer leur dû. L'escroc purge à présent une peine de prison de 150 ans.

Madoff, né dans une famille modeste du Queens à New York, «a dû avoir un certain mépris» pour les gens qu'il arnaquait, estime M. De Niro: «Il voulait faire partie de ce monde mais n'en était pas».

Confiance et trahison

Le téléfilm, qui sera diffusé en mai, s'inspire du livre de la journaliste Diana Henriques, The Wizard of lies: Bernie Madoff and the Death of Trust.

Celle-ci affirme que «chacun de nous fait confiance à des gens dans la vie et seul quelqu'un en qui on a confiance peut vraiment nous trahir».

Selon elle, la performance de Robert de Niro montre «à quel point il est plausible pour des arnaqueurs comme» Madoff, dotés d'un «magnétisme incroyable», «de gagner votre confiance».

Pour elle, Madoff répond bien à l'étiquette de psychopathe car il «a conduit sa vie avec un total manque d'empathie pour la désolation» qu'il causait.

Elle rappelle que «la majeure partie de ses victimes n'avaient pas de "gros comptes en banque" et ont été dévastées», perdant souvent les économies de toute une vie.

L'acteur new-yorkais, lauréat de deux Oscars, devrait être au générique du prochain film de Martin Scorsese, The Irishman.

Il tourne actuellement avec Julianne Moore une autre série télévisée réalisée par le metteur en scène vedette David O'Russell, dont il est l'un des comédiens fétiches (The Silver Linings Playbook, American Bluff...).

L'acteur américain, également vedette de The Comedian, qui sort le mois prochain aux États-Unis, est lui-même un homme d'affaires qui a investi avec succès dans l'immobilier, la restauration, l'hôtellerie.

La chute de Bernard Madoff a déjà été portée à l'écran, notamment dans la minisérie Madoff sur ABC. Le film de Woody Allen Blue Jasmine a valu un Oscar à Cate Blanchett pour le rôle d'une femme inspirée de Ruth Madoff.

Selon le journaliste Steve Fishman cité par le site Marketwatch, l'escroc continue à faire des affaires en prison et aurait fait main basse sur le marché du chocolat chaud parmi les détenus.




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