Microphone: la télé qui s'efface derrière la musique

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Quand on lui a proposé d'animer Microphone, Louis-Jean Cormier n'a pas hésité une seconde.

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Photo fournie par Télé-Québec

Ce rendez-vous musical en quatre épisodes que Télé-Québec diffusera les jeudis, à 20 h, à compter de demain, correspond à ce que Cormier et ses amis musiciens trouvent trop peu souvent à la télé : du temps et des moyens pour bien faire les choses. Les chanteurs sont souvent bousculés, ils doivent travailler avec d'autres musiciens que les leurs et, forcément, le résultat n'est pas à leur avantage.

« On est très, très loin de ce qu'on est habitué de voir à la télévision en variétés : des rayons laser, des artifices et des chaises qui tournent. C'est quelque chose de beaucoup plus intemporel », explique Louis-Jean Cormier.

Le concept de Microphone est tout simple. Chaque semaine, Louis-Jean Cormier accueille dans son rutilant nouveau studio des artistes dont il a imaginé de nouvelles versions de leurs chansons. Ensemble, ils vont les réinterpréter dans ce laboratoire puis les livrer devant public à l'Olympia. Cette semaine, Daniel Lavoie, Patrice Michaud et Fanny Bloom se prêteront au jeu, et par la suite, Cormier accueillera Vincent Vallières, Marie-Pierre Arthur, Fred Fortin et Diane Tell, Marjo en compagnie d'Alex Nevsky et Yann Perreau puis Dumas avec Laurence Jalbert et Karim Ouellet.

Les trois musiciens qui les accompagnent - le claviériste et directeur musical Alex McMahon, le bassiste Mathieu Désy et le batteur Marc-André Larocque - sont aussi les co-arrangeurs de ces nouvelles versions. Ils ont entendu au préalable les maquettes de Cormier que les artistes invités ne découvriront qu'une fois en studio, ce qui peut parfois être un peu stressant pour l'animateur dont Vincent Vallières va se payer la tête, avec la complicité de toute l'équipe, dans le deuxième épisode.

Quand elle a imaginé Microphone, la productrice au contenu Ève Déziel a tout de suite pensé à Louis-Jean Cormier : « Ça prenait quelqu'un qui dans un premier temps pouvait réarranger des chansons, mais aussi qui faisait le pont entre tous les genres artistiques. Louis-Jean a cette qualité d'ouvrir les bras autant à Ailleurs de Mario Pelchat qu'à une chanson de Gilles Vigneault. Il s'appelle lui-même le tube de colle. »

Des confidences

Microphone fait également penser à l'excellente série Spectacles dans laquelle des auteurs-compositeurs-interprètes confiaient à leur pair Elvis Costello des choses qu'ils n'auraient peut-être pas dites à un animateur de télé ou à un journaliste. 

Cormier veut faire du téléspectateur un complice qui aurait l'impression « d'espionner quelque chose qu'il n'est pas censé voir » et qui pourrait saisir « le sens caché de certaines chansons ».

Ainsi, Daniel Lavoie nous apprend que Qui sait, pourtant pas la moins connue de ses chansons, ne parle pas d'amour mais bien de ses préoccupations écologiques, et qu'un autre de ses classiques, Je voudrais voir New York, lui a été inspiré par le leader syndical polonais Lech Walesa. Lavoie poussera même l'audace jusqu'à chanter une chanson inédite, J'oublie jamais, jamais d'aimer.

Dans ce contexte quasi intimiste, une chanson livrée « en version vieux Cadillac décapotable » - l'expression est de Cormier - n'est pas dénaturée, mais elle peut parfois déstabiliser l'artiste et l'auditeur. Quand Patrice Michaud commence à chanter son succès Mécanique générale sur un tempo ralenti, ce n'est qu'au refrain que le public de l'Olympia la reconnaît et se met à applaudir.

Microphone permet également aux invités d'aller piger à l'extérieur du groupe des chansons comme, justement, Ailleurs de Mario Pelchat, que nous fait redécouvrir Fanny Bloom, ou Si les bateaux de Vigneault que chantent en choeur l'animateur, les invités et les musiciens dans un beau moment de collégialité. C'est aussi l'occasion pour l'un et l'autre de faire part de leurs découvertes et coups de coeur : Tic-tac de Moran pour Lavoie, Tout oublier d'Amylie pour Fanny Bloom ou encore Faufile de Charlotte Cardin pour l'animateur.

« Ce que j'ai vécu dans mon parcours personnel, avec La voix et caetera, c'est que le public, monsieur et madame Tout-le-Monde, s'il a la chance d'entrer dans la personnalité d'un artiste, de connaître la personne, il va être plus enclin à écouter la musique après », d'ajouter Louis-Jean Cormier.

Ce défi, Microphone le relève plutôt bien.

Les retrouvailles de Karkwa

Oui, les gars de Karkwa étaient vraiment contents de se retrouver récemment, reconnaît Louis-Jean Cormier. Mais, pour le moment, aucun projet précis n'est sur les rails.

« On est en réflexion sur l'avenir et je pense que tout le monde est d'accord pour dire qu'il pourrait y avoir un album, ajoute Cormier. Quand ? On ne le sait pas. [Julien] Sagot est en train de finir son dernier album et moi, j'ai un album en tête qui se promène, qui va vraiment ailleurs, dans une autre zone. Mais on se dit aussi que Karkwa, ça va faire 20 ans en 2018-2019, on a commencé à voler de nos propres ailes en 2001. Il y a probablement des anniversaires à souligner mais on n'est vraiment pas là. Ça pourrait être dans 10 ans. »

Un essai avec Isabelle Boulay

Louis-Jean Cormier vient de réaliser le mini-album du jeune artiste gaspésien Cédrik St-Onge et il a d'autres projets du même type dont il ne peut pas parler. Il a également travaillé avec Isabelle Boulay, mais on ne verra pas sa signature dans le livret du prochain album de la chanteuse.

« C'était un essai, un genre de pilote, mais je me suis rendu compte qu'il y avait des trucs où on ne se rejoignait pas, explique-t-il. Isabelle a peut-être un combat à livrer avec elle-même, et je le dis avec de l'amour parce qu'on s'aime bien, mais elle veut changer, elle veut aller ailleurs, mais en même temps, elle a une manière de chanter, elle ne peut pas non plus se retrouver dans n'importe quel paysage. Moi, j'étais vraiment prêt à l'emmener ailleurs. »




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