TLMEP: Salomé Corbo, la miraculée

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Le journaliste Fabrice de Pierrebourg et la comédienne Salomé Corbo étaient de passage sur le plateau de Tout le monde en parle, dimanche, pour parler des attentats de Bruxelles survenus au début de la semaine dernière.

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Signe des temps, il est devenu presque systématique de parler de terrorisme à Tout le monde en parle. Pour mieux comprendre et se rassurer en même temps. Dimanche, chez Guy A., on a voulu décanter à la suite des attentats de Bruxelles.

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Marcia Pilote est venue parler d'un documentaire, qui sera présenté mercredi à ICI RDI, portant sur l'histoire d'Anne-Marie Séguin (à droite) et de son « combat » contre le cancer.

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André Pratte et Chantal Petitclerc étaient invités sur le plateau afin de parler de leur nomination au Sénat la semaine dernière.

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Salomé Corbo l'a échappé belle en début de semaine. Qui sait ce qui lui serait arrivé si elle avait choisi de prendre son café au Starbucks de l'aéroport plutôt que d'attendre d'avoir franchi la douane ? Elle a été témoin des deux explosions, le plafond s'est écroulé à quelques mètres d'elle, elle a vu un blessé à qui il manquait un morceau de jambe et un corps inerte sur le sol.

Elle ne s'est pas écrasée pour autant, criant même à des Canadiens de courir pour fuir. Elle anticipait une troisième bombe, qui n'a pas sauté, et craignait que les terroristes ne rejoignent les voyageurs sur le tarmac et ne fassent sauter un avion. Bien sûr qu'elle a eu peur de mourir, mais son côté guerrière et l'entraide dont elle a été témoin autour d'elle lui ont donné du courage.

« J'ai vu des scènes d'entraide qui m'ont bouleversée autant que la bombe », a raconté Salomé Corbo.

Très instructifs, les propos du journaliste Fabrice de Pierrebourg ont permis de voir plus clair dans l'origine de ces attentats. Il ne croit pas à une vengeance directe contre l'arrestation récente de Salah Abdeslam, le cerveau des attentats de Paris, parce qu'il faut du temps pour organiser de telles tueries. Mais l'arrestation les a certainement précipitées.

Le journaliste n'adhère pas aux thèses exprimées par Marine Le Pen sur l'accueil de migrants syriens, parmi lesquels pourraient se glisser des terroristes. Il croit plutôt qu'il faut rester vigilant pour que les jeunes ne soient pas laissés entre les griffes de prédicateurs radicaux. À ce propos, en réponse à Régis Labeaume, qui dit s'inquiéter de ce qui se passe dans les mosquées de Montréal, Fabrice de Pierrebourg a souligné que le radicalisme n'était plus un phénomène urbain. On en trouve même à Québec, a ajouté le journaliste, parlant d'« un petit foyer de radicalisation » à l'Université Laval. J'imagine que la direction de l'établissement d'enseignement voudra réagir à ces propos.

Avec beaucoup d'émotion dans la voix, Salomé Corbo a lu la carte du fou du roi : « Nous sommes Charlie, Beyrouth, Paris et Bruxelles. Mais nous sommes surtout sans mots devant l'horreur et la bêtise humaine. »

BIEN-ÊTRE INTÉRIEUR

Se faire parler de cancer n'est généralement pas ce qu'il y a de plus agréable. Avec Anne-Marie Séguin, dont l'histoire est racontée dans un documentaire de Marcia Pilote - La mort m'a dit, sur ICI RDI mercredi à 20 h -, le sujet n'a jamais semblé aussi doux, léger, presque réconfortant. La réalité reste terrible, le sort, injuste, mais l'exemple de cette femme à qui on donnait six mois, il y a trois ans, est certainement fort inspirant.

Plutôt que de « combattre » son cancer, une expression qui ne fait pas partie de son vocabulaire, Anne-Marie Séguin a plutôt choisi d'en suivre attentivement l'évolution et de savourer l'instant présent. Elle a opté pour le bien-être intérieur plutôt que pour un traitement agressif, de sorte qu'elle ressent des douleurs, mais pas dans la souffrance. « Quand on se bat pas, c'est doux », dit-elle, ajoutant que son corps est ainsi coupé d'un stress inutile.

Alors qu'elle avait magasiné son urne, rédigé son testament et trouvé sa maison de soins palliatifs, elle a appris que sa tumeur cancéreuse avait disparu. « Ton documentaire tombe à l'eau », a-t-elle dit à son amie Marcia Pilote, se sentant presque coupable. Le sursis l'a déstabilisée, mais elle devait connaître une récidive.

Le seul moment où Anne-Marie Séguin devient plus émotive en entrevue, c'est lorsqu'elle parle de son conjoint, qu'elle a l'impression d'empêcher de mener une belle vie. « Je ne suis pas une bonne blonde », a-t-elle dit, un trémolo dans la voix.

SÉNAT ET SCÈNE

Comme une grande partie de la population, le panel d'invités ne tenait pas le Sénat en haute estime. Guy A. a mené l'entrevue avec André Pratte et Chantal Petitclerc sur le ton de la rigolade, pour ne pas dire de la dérision. Petitclerc a été épargnée, mais Pratte ne l'a pas eue facile, se faisant remettre sur le nez son parti pris pour les libéraux.

L'ancien éditorialiste en chef de La Presse a rappelé qu'en quatre élections fédérales, son journal n'a appuyé aucun des partis à trois reprises, sauf en 2006, alors qu'il a appuyé les conservateurs. « Moi, ma cause, c'est le Sénat », a-t-il dit pour se défendre. Il a rappelé que l'institution avait encore son utilité, qu'elle avait constitutionnellement autant de pouvoir que la Chambre des communes, ce qui n'a pas convaincu le cinéaste Robert Morin. Fabrice de Pierrebourg a dit de son côté ne pas comprendre qu'un journaliste veuille devenir sénateur.

Beau moment quand Guylaine Tremblay a versé quelques larmes dès son entrée sur le plateau en voyant sa collègue d'Unité 9, Salomé Corbo. L'actrice chouchou, qui revient au théâtre chez Duceppe avec Encore une fois, si vous permettez de Michel Tremblay, a été attristée qu'on dise que sa Marie dans Unité 9 était devenue méchante. Si la même chose était arrivée à un personnage masculin, l'évolution aurait été mieux reçue, croit Guylaine Tremblay, qui cite entre autres toutes les atrocités dont est capable Walter White dans Breaking Bad. Réponse de sa mère à ceux qui lui disent qu'ils trouvent sa fille méchante : « Ben là, elle est pas dans un salon de coiffure, elle est dans une prison ! »

Comme toujours, difficile de résumer l'entrevue avec Jean-Thomas Jobin, venu parler de son spectacle Apprendre à s'aimer. On a su qu'il avait un père fantasque et une mère un peu trop attentionnée, qu'il a voulu intituler son précédent spectacle Sac de truie et que ses blagues qui le font le plus rire finissent toujours en fiasco sur scène.

L'un des 30 rôles que joue Stéphane Crête dans le film Un paradis pour tous de Robert Morin s'appelle Pierre Karl Desmarais. « Notre film, c'est un selfie d'une heure et quart », a dit Morin sur cette époque de narcissisme. Le cinéaste se paie la tête des riches dans cette production de 100 000 $, qui n'a engagé que quatre personnes.

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