Un présentateur vedette de la chaîne NBC accusé d'avoir menti

Chez Letterman, Brian Williams avait affirmé qu'il était... (PHOTO ROBYN BECK, AFP)

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Chez Letterman, Brian Williams avait affirmé qu'il était dans l'hélicoptère visé par les tirs, et qu'une personne avait été blessée.

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Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
NEW YORK

Accusé d'avoir menti sur des souvenirs d'Irak, Brian Williams, l'un des présentateurs vedettes les plus célèbres des États-Unis, semblait vendredi sur un siège éjectable, objet de violentes critiques et d'appels à la démission.

M. Williams, 55 ans, présentateur du journal du soir de la chaîne NBC depuis 2004, s'était excusé mercredi soir auprès de ses téléspectateurs, reconnaissant avoir fait une «erreur» en affirmant à l'antenne qu'un hélicoptère dans lequel il voyageait en Irak en 2003 avait été attaqué au lance-roquettes.

«J'étais dans un appareil qui suivait», avait reconnu le présentateur vedette du journal le plus regardé du pays. «J'ai fait une erreur en rapportant cet événement d'il y a 12 ans».

Sur sa page Facebook, il a aussi affirmé avoir «mélangé les deux» appareils, et s'en est aussi excusé.

La fausse version des faits avait été évoquée quelques jours plus tôt, dans une séquence de son journal où M. Williams s'était mis en scène, retrouvant un militaire responsable de sa sécurité sur place après l'incident. Il l'avait aussi racontée en 2013 à l'animateur et humoriste de télévision David Letterman, dans une version embellie de ce qu'il avait initialement raconté en 2003. À l'époque, il avait expliqué à l'antenne: «À terre, nous avons appris que le Chinook devant nous avait presque explosé en plein ciel».

Chez Letterman, il avait affirmé qu'il était dans l'hélicoptère visé par les tirs, et qu'une personne avait été blessée.

Mais selon le pilote de l'hélicoptère Joe Summerlin, cité par le New York Times, l'appareil qui transportait Brian Williams et son équipe se trouvait à plus d'une demi-heure de là. Il avait dû se poser en raison d'une tempête de sable.

Décrédibilisé? 

Au lieu de calmer le jeu, son aveu a donc mis le feu aux poudres, des anciens combattants et commentateurs rejetant l'idée d'une simple erreur. L'affaire faisait vendredi la Une de plusieurs grands quotidiens américains, dont le New York Times et USA Today, ce dernier estimant que Brian Williams avait «perdu sa crédibilité avec ''l'erreur''». «Dur de voir comment le présentateur va survivre comme visage de NBC News», ajoutait le quotidien en Une.

«Cette admission soulève de sérieuses questions sur sa crédibilité dans un secteur où cette qualité est valorisée plus que tout», a commenté sur Fox News l'analyste spécialiste des médias Howard Kurtz.

«La mémoire est soit juste, soit fausse, et dans notre business, il faut qu'elle soit juste», a également déclaré sur CNN le commentateur Chris Cuomo, estimant que les médias sociaux allaient «dévorer vivant», un journaliste et présentateur jusqu'ici extrêmement respecté, ancien correspondant à la Maison-Blanche, récompensé à plusieurs reprises durant sa carrière.

M. Williams avait après le 11-Septembre passé plusieurs jours quasi non-stop à l'antenne. Il s'était rendu à plusieurs reprises en Irak durant la guerre, et a aussi couvert le tsunami en Asie en 2004 et l'ouragan Katrina en 2005, a interviewé l'an dernier Edward Snowden.

C'est aussi un invité fréquent des humoristes politiques à la télévision, Jon Stewart, Jimmy Fallon et David Letterman.

Mais après son «erreur» Tom Brokaw, son mentor et prédécesseur à la tête du journal du soir de NBC a demandé qu'il soit renvoyé, affirmait vendredi le New York Post.

Les réseaux sociaux se sont également déchaînés contre le journaliste regardé en moyenne chaque soir par près de 9 millions d'Américains. Il a renouvelé son contrat avec NBC en décembre pour cinq ans, et serait payé désormais jusqu'à 10 millions de dollars par an.

Des centaines de commentaires dubitatifs ont fleuri sur sa page Facebook.

«Je suis un pilote de C-130 visé par des tirs de missiles en Irak. Croyez-moi. Vous n'oublierez JAMAIS quand on vous tire dessus, et vous ne vous trompez pas sur ce qui s'est passé», commentait un certain John Jacob Hunt.

«Comment peut-on faire une faute pareille? C'est un mensonge flagrant», estimait un autre internaute.

«Comment NBC peut le garder à l'antenne, cela me dépasse», ajoutait Mike Violette.

D'autres étaient cependant plus compréhensifs, voulant croire à l'erreur due au temps, tandis qu'une autre vedette de la télévision, Dan Rather, a salué un «pro superbe et courageux».

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