L'animatrice Suzanne Lapointe n'est plus

  • Suzanne Lapointe en 1969 (Photo Pierre Mccann, Archives La Presse)

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    Suzanne Lapointe en 1969

    Photo Pierre Mccann, Archives La Presse

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  • En 2009, consécration d'une longue et riche carrière, Suzanne Lapointe recevra l'Ordre du Canada des mains de la gouverneure générale, Michaëlle Jean. (Photo FRED CHARTRAND, Archives PC)

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    En 2009, consécration d'une longue et riche carrière, Suzanne Lapointe recevra l'Ordre du Canada des mains de la gouverneure générale, Michaëlle Jean.

    Photo FRED CHARTRAND, Archives PC

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  • L'animatrice a fait les belles heures des <em>Démons du midi</em> avec son comparse Gilles Latulippe. (PHOTO ROBERT MAILLOUX, ARCHIVES LA PRESSE)

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    L'animatrice a fait les belles heures des Démons du midi avec son comparse Gilles Latulippe.

    PHOTO ROBERT MAILLOUX, ARCHIVES LA PRESSE

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  • Mme Lapointe et Gilles Latulippe en 1977 (PHOTO ROBERT MAILLOUX, ARCHIVES LA PRESSE)

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    Mme Lapointe et Gilles Latulippe en 1977

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  • Suzanne Lapointe en 1970 (Photo Paul Henri Talbot, Archives La Presse)

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    Suzanne Lapointe en 1970

    Photo Paul Henri Talbot, Archives La Presse

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Daniel Rolland

Collaboration spéciale

La Presse

L'animatrice est décédée des suites d'un cancer des ganglions à l'âge de 80 ans. Elle était aussi atteinte de la maladie d'Alzheimer.

Gilles Latulippe en compagnie de Suzanne Lapointe en... (PHOTO: ARCHIVES LA PRESSE) - image 1.0

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Gilles Latulippe en compagnie de Suzanne Lapointe en 1991.

PHOTO: ARCHIVES LA PRESSE

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À croire que Suzanne Lapointe était vaccinée pour le bonheur. Son rire perpétuel était même devenue sa marque de commerce et bien des imitateurs en ont fait leur tête de turc. La co-animatrice des Démons du midi aux côtés de Gilles Latulippe, est née à Montréal le 16 mai 1934. Elle était la deuxième d'une famille de six enfants. Ses parents s'étaient assurés de lui offrir la meilleure des formations. Elle entreprendra ses études primaires au couvent Notre-Dame des Anges et ses études classiques au Collège Basile Moreau. Si pour plusieurs, la vie de pensionnaire n'était pas une partie de plaisir, ce n'était pas le cas pas pour notre jeune fille de nature grégaire, qui se plaisait à participer à nombre d'activités sociales organisées au collège. Elle finira même par devenir présidente des Jeunesses étudiantes catholiques de son institution.

Devenir chanteuse lyrique

Si on l'a toujours connu comme animatrice à la télévision, on oublie que sa première vocation était le chant lyrique. Sa tante Marthe Lapointe, était déjà dans la carrière et brillait de tous ses feux sur les planches des Variétés Lyriques de Lionel Daunais. Elle sera son premier professeur de chant. À la suite de quoi, Suzanne s'inscrira au Conservatoire du musique du Québec. Entre autres enseignants, elle suivra des cours de mise en scène avec Jean Valcourt et d'art dramatique avec Sita Riddez. Et le premier engagement, sera rien de moins qu'avec la troupe de la Comédie Française qui était en tournée en Amérique du Nord. Elle avait réussi, grâce à un de ses contacts au Conservatoire, à décrocher un rôle dans le bourgeois gentilhomme de Molière. Les représentations se déroulèrent à Ottawa, Toronto, Québec avec au final, deux semaines de représentations à Broadway. Revenue à Montréal elle sera Salomite dans Athalie. Mais pour ce qui est de continuer comme chanteuse d'opéra, l'horizon était assez limité et précaire. 

Hôtesse à la poule aux oeufs d'or C'est la télévision qui sera sa planche de salut. De 1959 à 1963 on la verra à titre d'hôtesse au quiz La poule aux oeufs d'or animé par celui que l'on surnommait le prince des annonceurs, Roger Baulu. Elle ne s'éloignait pas pour autant du chant car on la verra de temps à autre dans des émissions comme L'heure du concert et Music-Hall. En 1960 elle obtint une bourse du Conseil des Arts du Canada pour aller se perfectionner en chant dans la métropole américaine. L'année suivante, et durant trois mois elle campera le rôle de Madame Dubonnet dans « The boyfriend » au Mountain playhouse. En 1963 elle passe de la télé d'État à Télé-Métropole pour co-animer en compagnie de Réal Giguère « Dix sur dix ».  Le canal 10, par définition une télévision populaire, elle deviendra de facto une tête d'affiche du petit écran. À cette même station, de 1978 à 1983 elle tiendra la barre de « Votre amie Suzanne » un magazine féminin fort regardé. Sur le plan de la vie privée, elle fera la rencontre de Pierre Larin qu'elle épousera. Ils n'auront pas d'enfant. 

Les Démons du midi

Durant les années qui suivirent, elle enchaînera les émissions de radio et de télé, donnera des cours privés de chant et de charme comme on disait à l'époque. Et des présences remarquées et pleines d'humour au Théâtre des Variétés. Cordon bleu aguerri, elle publiera pas moins de douze livres de recettes comme c'était la mode dans les années soixante-dix. On se souviendra qu'elle animera Attention c'est chaud à Radio-Canada, une émission sur la cuisine en compagnie du chef Daniel Vézina. Pour ses amis, et ils étaient nombreux, elle pouvait cuire 300 gâteaux aux fruits durant le temps des Fêtes qu'elle leur distribuait en guise de cadeau. C'était un rituel. Puis arrive cette émission-phare de la télévision de Radio-Canada, les Démons du midi. Qui est arrivée un peu comme par hasard. Gilles Latulippe venait de terminer le téléroman  Poivre et Sel et devait enchaîner avec un nouvelle continuité qui aurait eu pour titre L'Auberge Inn. Mais il arriva que Gilles Richer l'auteur, étant trop malade, on ne pu donner suite. Et comme Latulippe était sous contrat, on préféra le garder, mais en l'envoyant du côté des variétés, avec un nouveau concept d'émission diffusée de midi trente à treize heures trente. C'était les fameux Démons du midi. Qui démarrait invariablement avec un sketch où Latulippe prenait un malin plaisir à faire hurler de rire sa partenaire. Ce n'était pas trop difficile. Et des coups pendables aussi. Un jour, à l'insu de Suzanne qui devait chanter, il avait demandé au public de sortir tranquillement du studio dès ses premières notes. Fallait lui voir la tête devant l'auditoire qui quittait sans demander son reste. Une autre fois, pour l'anniversaire de cette éternelle rieuse, on avait fait venir en studio une vingtaine de femmes qui portaient toutes le nom de Suzanne Lapointe. Toute une surprise. Cette émission qui à l'origine, ne devait tenir l'antenne que le temps d'une saison aura été programmée de 1987 à 1993 pour un total de 1,050 émissions! Outre les facéties des duettistes, Les Démons du midi accueillait chanteurs et humoristes. De futurs grands noms qui en étaient souvent à leurs débuts. 

Une retraite douce

Interrogée sur sa recette du bonheur, elle avait un jour répondu « Nous sommes une famille de rieurs, on ne dramatise pas ». Et ce n'est pas parce qu'elle n'aura pas été épargnée par les malheurs. Outre la mort de son époux qu'elle chérissait, elle a dû combattre un cancer du sein. Le Ministère québécois de la santé, lui demandera de devenir porte-parole, dans une réclame pour la prévention de ce type de cancer. Ces dernières années, elle s'accordera une douce retraite à la campagne, entourée par ses neveux et nièces qui devenaient en quelque sorte comme ses enfants. En 2009, consécration d'une longue et riche carrière, elle recevra l'Ordre du Canada des mains de la gouverneure générale, Michaëlle Jean.

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