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2015, année de la renaissance ou du coup de grâce pour la télé-réalité?

Audience en berne, émissions annulées, scandales... 2014 a été dure pour la... (Photo ABC, Adam Taylor, AP)

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Photo ABC, Adam Taylor, AP

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Veronique DUPONT
Agence France-Presse
LOS ANGELES

Audience en berne, émissions annulées, scandales... 2014 a été dure pour la télé-réalité américaine, malade d'une déclinaison à outrance des mêmes concepts et de la concurrence de séries créatives et populaires. 2015 sera-t-elle l'année de la renaissance ou du coup de grâce?

Les grands succès du genre comme Survivor, Dancing With the Stars, American Idol ou The Voice montrent de sérieux signes de fatigue après des années au compteur.

Survivor, sur le réseau hertzien CBS, affichait ainsi des audiences de 53 millions de personnes lors de la finale de la première saison en 2000. Les audiences de la dernière saison sont tombées à un petit 6 millions de personnes.

Ces programmes pionniers du genre ont du mal à retrouver des remplaçants. «Le dernier grand 'hit' du genre est probablement Dancing with the stars», lancée en 2005, remarque Robert Thompson, professeur de culture populaire à l'Université de Syracuse.

Et pendant que les vieux concepts perdent de leur lustre, la relève n'arrive pas. Utopia, un nouveau programme qui se voulait innovant sur Fox, et où 15 personnes devaient vivre ensemble pour concevoir la cité idéale, a été annulé au bout de quelques semaines. «Trop complexe», «pas assez amusant», pour Robert Thompson.

«Trop répétitif par rapport à ce qui s'est déjà fait», juge pour sa part Tom Nunan, producteur et professeur à UCLA School of Theatre Film and Television.

Les émissions qui ont connu un succès honorable ces dernières saisons se sont par ailleurs retrouvées pour certaines entachées de scandales, comme Duck Dynasty où l'un des principaux personnages a fait polémique avec des propos jugés homophobes, ou Here comes Honey boo boo, annulé alors que l'une de ses vedettes sortait avec un homme accusé d'agression sexuelle sur enfant.

Célibataires torrides et nus

Pire: même l'un des plus grands succès de la saison, Dating naked (sur VH1), version extrême du classique The Bachelor où des couples se courtisent en tenue d'Ève, a fait de timides débuts (826 000 spectateurs).

Comme le résume le site spécialisé dans le divertissement Entertainment Weekly: «On voit qu'il y a un problème quand on a des célibataires torrides nus qui se frottent de la peinture sur le corps et que ça n'attire même pas les foules».

La tendance «nue» a déjà néanmoins déjà fait des petits avec Naked and afraid sur Discovery, qui va aussi chercher son inspiration dans l'aventure à la Survivor ou Fear factor.

Tom Nunan juge que le principal problème vient d'un manque de créativité des dirigeants des grands réseaux de télévision.

«Ils ont perdu leur 'mojo' et l'enthousiasme sur la télé-réalité qu'ils montraient aux débuts des années 2000 avec les émissions pionnières comme Survivor ou Big Brother, quand selon lui ces émissions créaient l'événement à la télévision.

Ils ont selon lui dérivé à outrance les émissions à succès sans oser prendre de risques: «On ne veut plus de concours de chant, on en a eu assez!», insiste M. Nunan.

«Il faut trouver d'autres formes de compétition, montrer d'autres types de talents», et arrêter de copier les succès de l'étranger, estime-t-il.

Les dirigeants des studios de télévision «semblent oublier que de grands succès comme The Apprentice ou Amazing race sont nés ici, aux États-Unis», insiste-t-il.

Des producteurs font aussi valoir que le genre doit s'adapter aux nouvelles demandes du public: compétitions qui se déroulent à l'écran, mais qui continuent sur internet, avec des pages de réseaux sociaux interactives, formats réduits adaptés à des jeunes habitués à zapper non plus sur leur télévision, mais sur leur téléphone, etc.

Pour Robert Thompson, le genre est toutefois loin d'être moribond: «Ceux qui pensent que la téléréalité est morte mourront avant elle».

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