Les minorités, vedettes de la grille télé américaine

Une scène de How To Get Away With... (Photo: fournie par ABC)

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Une scène de How To Get Away With Murder.

Photo: fournie par ABC

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Fabienne Faur
Agence France-Presse
Washington

Les minorités aux États-Unis, en particulier les Noirs, n'ont jamais été autant que cette saison les vedettes de séries à la télévision américaine, reflet notamment d'une industrie grandissante.

Les critiques télé saluent ces derniers jours la grille de rentrée «la plus représentative des minorités depuis une décennie», écrit televisionacademy.com, le site des Emmys, les récompenses de la télévision américaine.

Trente ans après le Cosby Show, qui a ouvert à un large public les portes d'une famille noire, ABC lance Black-ish, une comédie pleine d'humour qui fait particulièrement parler d'elle car elle explore le thème peu abordé de l'identité noire.

La série raconte les doutes d'un cadre supérieur noir qui vit dans un environnement de Blancs et se désole de voir sa famille perdre ses racines.

How To Get Away With Murder sur la même chaîne met en scène une brillante avocate jouée par Viola Davis, l'actrice noire nommée aux Oscars pour The Help.

Les premiers épisodes des deux séries, diffusées dans la tranche dorée du prime time, ont d'ailleurs obtenu un vrai succès d'audience: près de 11 millions de téléspectateurs pour Black-ish et 14 millions pour How To Get Away With Murder.

Cette dernière série est produite par Shonda Rhimes, déjà à la tête de Scandal, un programme - démarrant sa 4e saison sur ABC - qui donnait pour la première fois en 2012 la vedette à une femme de pouvoir noire, jouée par Kerry Washington.

L'impact du câble

«Il y a un véritable effort pour montrer les Afro-américains dans des cadres beaucoup plus divers que ce n'était le cas auparavant», assure à l'AFP Tim Brooks, historien de la télévision américaine.

La vedette leur était déjà donnée dans les années 1970, avec des shows quelquefois socialement incisifs comme Les Jeffersons, mais la tendance avait reculé avant de revenir ces dernières années, dit-il.

Une série très attendue, Jane The Virgin (sur CW), rassemble pour sa part une distribution à majorité hispanique, pour raconter l'histoire d'une jeune institutrice vierge inséminée par erreur.

Encore plus rare, un acteur d'origine asiatique, John Cho, est la vedette de Selfie, une comédie d'ABC.

Lors d'une conférence de presse en juillet, Paul Lee, président de ABC Entertainment Group, avait affirmé que montrer la diversité était une «mission» de la chaîne. «C'est notre boulot, et d'une certaine manière, montrer l'Amérique, c'est montrer moins la diversité que l'authenticité».

La «télévision par câble, entraînant les quatre grandes chaînes traditionnelles, a beaucoup fait pour varier les programmes et diffuser des émissions avec des castings représentant tout le monde», indique à l'AFP Mark Anthony Neal, professeur d'études afro-américaines de la Duke University.

Il y a 30 chaînes du câble qui produisent des séries, une cinquantaine de studios à Hollywood qui les fabriquent, et «les créateurs en profitent», poursuit Tim Brooks.

Et il ajoute, plus prosaïque: «La télévision, c'est du commerce. Pour le pire ou le meilleur, il s'agit de vendre des trucs» et les populations minoritaires, qu'elles soient noires ou gaies, sont la cible des publicitaires.

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