Les diffuseurs québécois critiqués pour leur autopromotion

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La Presse Canadienne
MONTRÉAL

De nombreux regroupements de créateurs ont choisi d'exprimer, une fois de plus, leur exaspération face aux bandeaux publicitaires d'autopromotion apparaissant pendant la diffusion d'émissions au petit écran.

Les présidents de la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC), Sylvie Lussier, de l'Union des artistes (UDA), Sophie Prégent, de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ), Luc Fortin, de l'Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ), François Côté et de l'Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son (AQTIS), Bernard Arseneau, ont cosigné une lettre ouverte destinée aux diffuseurs de la province.

Avec cette initiative, ils veulent dénoncer ce qu'ils qualifient «d'empiétement sur leurs oeuvres» et réclamer davantage de «respect pour leur travail».

Les signataires de la missive rappellent qu'ils ont déjà cogné sur ce clou dans le passé.

En 2008, ils avaient approché les directions de Radio-Canada, de TVA, de Télé-Québec et d'Astral pour les sensibiliser au fait que les bandeaux affichés inopinément à l'écran pour faire la promotion d'une émission à venir «défigurent» l'histoire qui est en train d'être diffusée.

Ils affirment qu'à l'époque, leurs interlocutrices s'étaient alors liguées et leur avaient expliqué que l'utilisation de «stratégies publicitaires créatives» s'impose dans un contexte où le public tend à se faire «volage».

Or, la présidente de la SARTEC pense que cet argumentaire ne tient pas la route et que «les diffuseurs devraient faire preuve d'inventivité» pour promouvoir leur programmation autrement.

Sylvie Lussier soutient qu'«on a une excellente télévision au Québec» et que le public a le droit de regarder les émissions sans interruption.

Elle dit qu'un bandeau «c'est agressant», que «ça sort les téléspectateurs de l'univers que les auteurs et les créateurs ont tenté d'instaurer et que ça ruine les oeuvres».

Mme Lussier estime que le recours à cette pratique les empêche «d'être aspirés par l'histoire».

Elle juge aussi que si cette façon de faire perdure, il existe un risque réel de voir le public se rabattre de plus en plus fréquemment sur des coffrets de séries ou encore sur le service Netflix pour se soustraire à ce trop-plein de publicités.

Elle s'emporte en lançant que quand «on va au théâtre, il n'arrête pas en plein milieu pour annoncer la prochaine programmation». Elle ajoute qu'au musée, il n'y a pas, au coin d'une peinture, une indication pour signaler que «dans la prochaine salle, on a du Gauguin».

Elle conclut en déclarant que «personne ne fait ça pour aucun type d'art» et qu'il n'y a donc aucune raison pour que ce soit permis à la télévision.




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