Le déclin de Paula Deen, star de Food Network

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Paula Deen lors d'une de ses émissions à Food Network.

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Fabienne Faur
Agence France-Presse
Washington

Paula Deen n'en finit plus de pleurer. Sur YouTube, à la télévision. La reine de «la cuisine du Sud» américaine, à la tête d'un petit empire commercial, vient de connaître une soudaine dégringolade, perdant émission et commanditaires, après des accusations de racisme.

La chef aux grands yeux bleus et à l'accent chantant du Sud de 66 ans, au sourire radieux sur tous ses livres et vidéos, n'a pas pu s'empêcher de sangloter à plusieurs reprises mercredi matin, sur le plateau de NBC, niant farouchement être raciste et affirmant être l'objet «d'horribles mensonges».

Et ces larmes, comme tous les épisodes du feuilleton qui tient l'Amérique en haleine depuis une semaine, font chaque jour les gros titres des médias américains.

«The Lady», comme elle est surnommée, est de fait une institution aux États-Unis, avec une émission télévisée sur Food Network depuis onze ans, une quinzaine de livres de cuisine, deux restaurants à Savannah (Géorgie), des lignes de produits, un site web et une vingtaine de partenariats commerciaux.

Pour la mère de famille partie de rien devenue riche femme d'affaires, dont les créations culinaires vont du hamburger sur beignet aux lasagnes frites, l'hallali a commencé à sonner en milieu de semaine dernière.

Mercredi, des documents de justice sont publiés sous la forme d'une déposition datant du 17 mai. Elle fait suite à une action en justice pour harcèlement sexuel et propos racistes lancée contre la vedette et son frère, Bubba Hiers, par Lisa Jackson, ancienne directrice d'un de leurs restaurants.

Paula Deen y reconnaît avoir utilisé le mot «nègre» alors qu'elle racontait son agression par un Noir armé en 1987, quand elle était employée de banque, et à d'autres occasions, dont elle ne se souvient pas, «il y a très longtemps».

Twitter, les réseaux sociaux et la presse s'emballent. La vedette est invitée le vendredi sur le plateau de NBC et se défile au dernier moment, créant l'incident.

Suivent le même jour trois vidéos différentes sur YouTube sur lesquelles la star qui commence à chanceler, présente ses excuses et pleure. Elle y «demande pardon», reconnaissant «avoir tenu des propos blessants».

Le même jour, Food Network annonce ne pas renouveler son contrat fin juin.

Les langues se délient. D'anciens employés affirment avoir été l'objet de discriminations raciales. On raconte comment Paula Deen aurait plaisanté en envisageant une cérémonie de mariage pour son frère «style plantation», avec des serviteurs noirs.

Lundi, les commanditaires commencent à rompre les ponts, une marque de jambon, des buffets dans des casinos. Mercredi, c'est au tour du géant de la distribution Walmart puis d'une chaîne de bricolage Home Depot qui commercialisent des articles de cuisine estampillés Paula Deen, de mettre fin à leur contrat.

Quelques heures avant, réinvitée sur NBC, la chef sanglotait et répétait «qu'elle n'avait jamais voulu blesser personne intentionnellement», tout en niant être raciste.

Du côté des fans, la riposte s'est organisée. Une page «Nous soutenons Paula Deen» s'ouvre, qui comptait plus de 430 000 «J'aime» mercredi, certains internautes appelant à boycotter Walmart. Une croisière qui accueille chaque année Paula Deen a dû rajouter des dates, d'autres commanditaires ont annoncé poursuivre leur collaboration, affirme le presse américaine.

La querelle a aussi rebondi en cuisine, avec des chefs s'interrogeant sur la provenance de la cuisine du Sud, alimentant encore le feuilleton.

Forbes avait classé l'an dernier Paula Deen au 4e rang des chefs qui gagnent le plus d'argent, avec 17 millions $, surtout grâce à des partenariats commerciaux lucratifs «dont la plupart semblent s'être évaporés au cours des 48 heures», remarquait mercredi le site web du magazine.

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