El Paquete: l'internet des déconnectés

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Bien que le niveau de pénétration de l'internet dans l'île de Cuba soit parmi les plus bas au monde, cela n'empêche pas le peuple de consommer beaucoup de productions cinématographiques, musicales et télévisuelles étrangères et cubaines.

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Frédérick Lavoie

Collaboration spéciale

La Presse

(LA HAVANE, Cuba) À Cuba, les médias et les institutions artistiques sont à la merci des goûts du Parti communiste. Le niveau de pénétration de l'internet dans l'île est parmi les plus bas au monde. Pourtant, il y a de bonnes chances que les Cubains voient la prochaine grande production hollywoodienne bien avant vous. Le secret? El Paquete semanal.

Créé en 2007-2008 par des informaticiens cubains, le «paquet hebdomadaire» est aussi simple qu'efficace et permet aux habitants de l'île de rester connectés, même sans accès régulier à l'internet.

Comment ça marche? Chaque semaine, un livreur se rend chez vous avec un disque dur d'un téraoctet sur lequel ont été rassemblées les toutes dernières productions cinématographiques, musicales et télévisuelles étrangères et cubaines.

Vous y retrouvez également des mises à jour de logiciels, d'applications et d'antivirus, et une multitude d'autres produits culturels. En échange de 1 ou 2$, le livreur vous laisse transférer durant quelques heures ce que vous désirez sur votre ordinateur.

Seuls deux types de contenu sont introuvables sur El Paquete: la pornographie et la politique. En respectant ces deux interdits, les créateurs se sont assurés que le paquet - qui ne respecte aucun droit d'auteur - soit toléré par le régime. Et ce, même s'il véhicule ce que les autorités qualifient de «pseudoculture».

Pour agréger le contenu hebdomadaire nécessaire, une armée de collaborateurs enregistrent des émissions de chaînes américaines, qu'ils captent avec leur antenne satellite illégale. D'autres passent leurs journées à télécharger des fichiers aux bornes internet sans fil installées en juillet dernier dans certains parcs des grandes villes. L'assemblage et la distribution d'El Paquete se font de manière essentiellement informelle. Ses collaborateurs assurent ne recevoir que quelques pesos convertibles pour leur service.

«Pour moi, c'est un passe-temps, dit Camilo Caamaño, responsable de l'agrégation de musique. Ce qui nous intéresse, c'est que le public ait accès à la culture et puisse s'informer. Sur El Paquete, il y en a pour tous les goûts.»

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