Le groupe de rock slovène Laibach annonce deux dates en Corée du Nord

Créé en 1980 en Slovénie, alors part de... (Photo Aleksander Remec, fournie par Mute Records)

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Créé en 1980 en Slovénie, alors part de l'ex-Yougoslavie, Laibach est considéré comme le groupe le plus célèbre issu de l'ancien bloc communiste.

Photo Aleksander Remec, fournie par Mute Records

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Agence France-Presse
LJUBLJANA

Le groupe slovène de musique industrielle Laibach, réputé pour ses provocations, entend devenir cet été le premier groupe de rock international à se produire en Corée du Nord, a-t-on appris auprès des promoteurs de la tournée.

Organisés par l'artiste norvégien Morten Traavik, qui s'est rendu une vingtaine de fois ces trois dernières années dans ce pays, l'un des plus fermés au monde, les concerts sont prévus les 19 et 20 août à Pyongyang.

L'agence de voyages Koryo Tours, basée à Pékin et comptant parmi les rares opérateurs touristiques autorisés par le régime de Kim Jong-un, propose un voyage de quatre jours incluant les deux concerts. Leur tenue n'est toutefois «pas garantie à 100%», est-il précisé sur son site.

Créé en 1980 en Slovénie, alors part de l'ex-Yougoslavie, Laibach est considéré comme le groupe le plus célèbre issu de l'ancien bloc communiste et a notamment influencé les Allemands de Rammstein.

Le groupe a bâti son succès sur un usage délibérément ambigu des symboles nationaux et politiques ainsi qu'un sens consommé de la provocation, qui avait valu à certains de ses membres d'être emprisonnés par le régime yougoslave.

«Laibach est le groupe parfait, parmi tous les groupes de pop et de rock au monde, pour être le premier à jouer en Corée du Nord», a déclaré à l'AFP M. Traavik, qui a précisé préparer un film documentaire sur la tournée.

Pour Ivan Novak, l'une des têtes pensantes du groupe, «la Corée du Nord peut être vue comme une expérience d'utopie. Et nous nous sommes toujours sentis à l'aise avec toutes les sortes d'utopies».

La mini-tournée, baptisée «Liberation Day Tour», coïncidera avec les festivités marquant la libération de la péninsule coréenne de l'occupation japonaise, en 1945, et a bénéficié d'une invitation officielle des autorités de Pyongyang, selon M. Traavik.

«Laibach peut être vu tout aussi bien comme un groupe dénonçant le totalitarisme que comme un groupe célébrant celui-ci», résume-t-il, soulignant que «l'art a le privilège de pouvoir être ambigu et de dire plusieurs choses en même temps».

Laibach a été en 1984 le cofondateur du collectif Neue Slowenische Kunst, qui fut à l'avant-garde des mouvements artistiques en Europe de l'Est et est l'objet cet été d'une grande rétrospective à Ljubljana, la capitale slovène.

«Certains degrés du travail de Laibach ne seront sans doute pas compris par le public nord-coréen, car il n'est pas outillé pour cela. Mais beaucoup d'autres aspects, à commencer par la musique, seront parfaitement compris», estime M. Traavik.

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