Festival de musique de chambre: instruments précieux sans maestro!

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Parmi les musiciens qui se produiront demain sur la scène de la salle Pollack, 17 ont remporté un concours leur permettant de jouer sur des violons et des violoncelles de très grande valeur.

Photo  André Pichette, La Presse

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Pour clore le Festival de musique de chambre de Montréal, quelque 25 musiciens seront réunis demain sur la scène de la salle Pollack. Parmi eux, 17 ont remporté le Concours de la Banque d'instruments de musique du Conseil des arts du Canada. Sans maestro pour les diriger en temps réel, ils feront briller les trésors de la fameuse collection de la Banque, constituée de violons et de violoncelles dont la valeur marchande dépasse les 41 millions de dollars.

Denis Brott a dirigé les répétitions du spectacle... (Photo  André Pichette, La Presse) - image 1.0

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Denis Brott a dirigé les répétitions du spectacle Le son des Strad, mais demain, il laissera le rôle de maestro pour plutôt rejoindre l'orchestre à titre de violoncelliste. 

Photo  André Pichette, La Presse

Tous les trois ans, d'excellents interprètes de musique classique au Canada participent à ce concours afin qu'on leur confie jusqu'au prochain terme les fabuleux instruments à cordes de cette Banque, conçus jadis par les légendaires Stradivarius, Guarnerius del Gesù et autres Gagliano - d'où Le son des Strad, titre de l'événement.

« La création de cette banque est l'une des réalisations dont je suis le plus fier. Je me réjouis de sa continuation, souligne Denis Brott, violoncelliste, chef d'orchestre, professeur et directeur artistique du Festival de musique de chambre de Montréal depuis sa fondation en 1995. Nous avions fondé cette banque d'instruments en 1985 : Gilles Lefebvre, moi-même et feu William Turner, qui nous a quittés en décembre dernier. Le concert de clôture est d'ailleurs donné en son honneur. »

On sait que le virtuose montréalais est issu d'une famille de maestros : son père Alexander Brott fut un chef important de l'histoire de la musique canadienne, son frère Boris fait aussi carrière en tant que chef, notamment au sein de l'Orchestre de chambre McGill qui fut fondé et longtemps dirigé par le paternel.

« Personnellement, indique notre interviewé, j'ai eu une formation en direction d'orchestre, mais j'ai plutôt choisi la carrière de violoncelliste. Enfin, je résiste à la direction jusqu'à un certain point, car je mène les répétitions pour le concert de [demain], en plus d'en assurer la direction artistique. »

APPROCHE COLLÉGIALE

Fait intéressant, Denis Brott prépare les 25 musiciens d'un orchestre de chambre qui jouera... sans chef.

« Pour moi, la qualité d'une musique de chambre est assurée par chaque interprète, affirme-t-il. C'est pourquoi les répétitions se déroulent selon ma vision artistique, répétitions au terme desquelles je me retire. Chaque musicien devient alors responsable de l'interprétation. Vous verrez comme c'est magnifique ! »

On comprendra que Denis Brott respire la confiance quant au succès de son approche.

« Nous avons des joueurs qui sont tous capables d'intégrer ma vision artistique puis de la personnaliser. Il se crée un esprit d'équipe dans le contexte de cette réunion exceptionnelle. Nous sommes capables de nous écouter, de nous donner de l'espace... C'est ça, la musique de chambre pour moi », dit Denis Brott.

N'empêche... Encore peu d'orchestres de chambre adhèrent à cette conception collégiale. Denis Brott semble n'y voir aucun inconvénient. 

« Dans n'importe quelle bonne équipe, il y a des moments où certains joueurs prennent le leadership et où d'autres se mettent un peu en retrait. Un travail d'équipe est une conversation, la musique d'ensemble est aussi une conversation : pendant que certains parlent, d'autres sont plus à l'écoute. C'est plus organique ainsi. »

À la salle Pollack de l'Université McGill, dimanche 15 h, dans le cadre du Festival de musique de chambre de Montréal.

PROGRAMME

Divertimento K136 (1772), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

Divertimento Sz. 113 (BB 118) pour orchestre à cordes, Béla Bartók (1881-1945)

Sérénade pour cordes en mi majeur, op. 22 (1875), Antonín Dvořák (1841-1904)

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