Fauré Quartett: mémorable

Le Fauré Quartett, formation piano-cordes allemande au nom français, jouait... (PHOTO MAT HENNEK, TIRÉE DU SITE OFFICIEL DU GROUPE)

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Claude Gingras
La Presse

Le Fauré Quartett, formation piano-cordes allemande au nom français, jouait pour la quatrième fois hier au LMMC. C'est d'ailleurs là qu'il fit ses débuts en Amérique, en 2008, comme l'a rappelé l'un des musiciens en annonçant un rappel.

Car rappel il y eut, en réponse à une ovation spontanée et bruyante comme on en rencontre rarement chez la plus que centenaire institution montréalaise. Et d'autant plus étonnante, cette ovation, que le programme n'était pas celui de tous les jours. Après un traditionnel Mozart d'entrée, les visiteurs invitaient le public à une et même deux découvertes: les quatuors pour piano, violon, alto et violoncelle de Bohuslav Martinu et de Richard Strauss.

Datant de la période «américaine» de Martinu, l'oeuvre de 1942 est très forte et très rythmée, d'une structure audacieuse et d'un déroulement plein d'imprévus. Ainsi, c'est parfois un trio à cordes qu'on écoute, un trio que le pianiste, se taisant, semble écouter lui aussi, pour ensuite prendre seul la vedette, comme c'est le cas au début du 3e mouvement. Individuellement et collectivement, les musiciens s'étaient pleinement investis dans le Martinu et le résultat fut génial, le moment le plus mémorable de ce concert qui le fut pourtant entièrement.

D'une durée de 24 minutes, l'étonnant Quatuor de Martinu est le seul que le compositeur tchèque ait destiné à la formation piano-violon-alto-violoncelle. La partition indique «premier quatuor», mais personne ne sait pourquoi. Il n'y en a qu'un: celui-là. Je n'en ai retracé que deux exécutions précédentes: par le Quartetto Beethoven di Roma à Pro Musica en 1974 et par le Philharmonisches Klavierquartett Berlin au LMMC en 1999. Rarement joué en concert, il a, de même, été peu enregistré. Une version du Fauré Quartett est prévue, nous informe-t-on.

L'autre nouveauté du programme était le Strauss. Cette fois, une oeuvre de jeunesse: le futur auteur de Salome avait alors 20 ans. Mais il composait déjà avec beaucoup de métier, fût-ce un peu dans l'ombre de Brahms. L'oeuvre totalisant hier 40 minutes (elle en fait parfois plus) fut abordée dans le style très emporté et très romantique qui lui convient, et avec une attention particulière accordée au Scherzo tour à tour espiègle et tendre, puis à l'Andante très senti et très réfléchi.

Le Fauré Quartett réunit les mêmes musiciens depuis sa création en 1995. Aucun changement d'effectifs, chose très rare dans les ensembles de musique de chambre. Il est possible que cette fréquentation de 20 ans trouve actuellement le groupe à son sommet. Chose certaine, le Mozart révéla immédiatement toutes ces vertus qu'on devait ensuite admirer pendant deux heures: un jeu extrêmement énergique et une sonorité en accord, pleine, brillante et profonde, quasi orchestrale, et, en même temps, de la transparence, de la sensibilité, du raffinement.

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FAURÉ QUARTETT - Dirk Mommertz (piano), Erika Geldsetzer (violon), Sascha Frömbling (alto) et Konstantin Heidrich (violoncelle). Dimanche après-midi, Pollack Hall de l'Université McGill. Présentation: Ladies' Morning Musical Club.

Programme:

Quatuor no 1, en sol mineur, K. 478 (1785) - Mozart

Quatuor, H. 287 (1942) - Martinu

Quatuor en do mineur, op. 13 (1884) - Strauss

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