Le quatuor de la mort

Le Quatuor Verona en concert hier soir à... (PHOTO MARIE-PIERRE TREMBLAY, FOURNIE PAR L'ACADÉMIE DE McGILL)

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Le Quatuor Verona en concert hier soir à McGill.

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Claude Gingras
La Presse

Pure coïncidence, sans doute, les deux oeuvres programmées à l'Académie de quatuor de McGill hier soir étaient inspirées par la mort. Après avoir servi en hors-d'oeuvre le délicat Crisantemi de Puccini, le Quatuor Amber, de Chine, s'engagea dans cet ultime opus 80 de l'année 1847 où, en quelques semaines, Mendelssohn pleure la mort de sa soeur Fanny et semble annoncer sa propre mort. Après l'entracte, le Quatuor Verona, aux membres représentant trois pays, se mesurait à ce sommet de la musique de chambre que Schubert a conçu autour de son lied Der Tod und das Mädchen - littéralement : La Mort et la Jeune fille.

Premier constat : le Amber fait complètement oublier sa déception de la semaine dernière, tout comme le Omer jeudi soir. Preuve que ces jeunes chambristes constituent des sujets en or pour les professeurs invités à l'Académie, en raison de leur inexpérience et de leur malléabililté.

À partir de deux oeuvres qui ne sont absolument pas du même niveau - car Mendelssohn n'a jamais la profondeur de Schubert --, les deux quatuors en présence offrirent des prestations tout à fait convaincantes, sinon bouleversantes. Signalons, au départ, des exécutions à peu près irréprochables sur le plan technique. Or, voici deux oeuvres très difficiles à mettre en place.

L'expression y était également, dans les deux cas. Dans le Mendelssohn, une même douleur, presque continuellement assombrie de fa mineur, reliait les quatre voix du Amber, depuis l'incisif premier-violon jusqu'au caverneux violoncelle, avant de les précipiter toutes dans l'étourdissant finale.

Sommet absolu de la musique de chambre, le Schubert est encore plus exigeant sur les plans technique et expressif. Le Verona y perd quelques points : son premier mouvement est timide et ne chante pas assez, plus loin le premier-violon éprouve quelques légers problèmes de justesse. Des miettes, en fait, car l'ensemble reste très impressionant et mérite tout à fait l'ovation debout de la salle comble. Malgré l'omission de la longue reprise au premier mouvement, ce Schubert totalise 37 minutes, avec une danse macabre finale menée au train d'enfer qu'elle requiert.

Entracte

Tous les concerts de l'Académie sont gratuits et la salle est comble chaque fois. Le concert de clôture est donné ce soir, 19 h, par le jeune Quatuor Parker, de Boston, dans ses débuts ici. Les professeurs invités assistent à tous les concerts et prennent place dans la rangée de chaises qui divise Pollack Hall en deux moitiés. Le public peut les y rencontrer à l'entracte ou encore avant et après le concert. Cette année, par exemple, on y retrouve les deux violonistes de l'ex-Quatuor Alban-Berg, Günter Pichler et Gerhard Schulz. Une invitée de marque s'y ajoutait hier soir : Mariella Pandolfi, professeur d'anthropologie à l'Université de Montréal depuis 22 ans et arrière-arrière-petite-nièce de Puccini, dont on jouait Crisantemi en début de programme.

QUATUOR AMBER (Chine) :

Crisantemi (1890) - Puccini 

Quatuor no 6, en fa mineur, op. 80 (1847) - Mendelssohn

QUATUOR VERONA (États-Unis, Canada, Singapour) : 

Quatuor no 14, en ré mineur, D. 810 (Der Tod und das Mädchen)  (1824) - Schubert

Vendredi soir, Pollack Hall de l'Université McGill, dans le cadre de la 6e Académie internationale de quatuor à cordes de McGill.

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