L'âge de la maturité de l'Orchestre Métropolitain

Le chef de l'Orchestre Métropolitain, Yannick Nézet-Séguin.... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le chef de l'Orchestre Métropolitain, Yannick Nézet-Séguin.

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Caroline Rodgers

COLLABORATION SPÉCIALE

La Presse

L'Orchestre Métropolitain, qui fêtera ses 35 ans cette année, lançait vendredi sa programmation 2015-2016 sur le thème «La musique est une fête». Une saison marquée par quelques changements mais s'inscrivant surtout dans la continuité. Pour Yannick Nézet-Séguin, directeur artistique, la programmation démontre que l'OM est entré dans une belle période d'affirmation et de maturité.

«J'ai l'impression que 35 ans, c'est l'âge où l'on commence à être en pleine possession de nos moyens, dit-il. On n'a pas encore atteint notre pleine maturité, mais on se dirige vers cela, et notre public nous suit dans cette évolution. Quand on fait des oeuvres et des compositeurs moins souvent au programme, comme Ligeti, Gorecki ou Martinu, les gens répondent présents.»

Plusieurs artistes canadiens sont invités à titre de solistes tout au long de l'année: mentionnons entre autres Yolanda Bruno, Marianne Fiset, Jan Lisiecki, Michèle Losier et David Jalbert.

La saison sera lancée le 20 septembre avec la Symphonie no 2 de Bruckner et les Rückert-Lieder de Mahler avec la soprano allemande Dorothea Röschmann.

«On continue de faire une grande place aux artistes canadiens et québécois, mais nous invitons de plus en plus souvent ceux avec qui je collabore ailleurs dans le monde, comme Hélène Grimaud et Rolando Villazon pour la saison actuelle. Pour moi, Dorothea Röschmann est l'une des plus grandes interprètes de lieder au monde.»

Coups de coeur

Si le chef d'orchestre trouve embêtant d'élire des coups de coeur dans la programmation, il se laisse tout de même tenter par deux concerts. En mars, il dirigera «Monuments slaves», avec la Symphonie no 6 de Dvorak et la Messe glagolitique de Janacek.

«La Messe glagolitique est une oeuvre qui m'est chère, dit-il. C'est une oeuvre chorale extraordinaire qui va nous donner l'occasion d'utiliser l'orgue de la Maison symphonique et de fêter les 30 ans du Choeur Métropolitain. Je l'ai déjà mise au programme à Rotterdam et à Philadelphie, mais elle était dirigée par des chefs invités. Je ne l'ai jamais dirigée moi-même. J'ai eu envie de me faire plaisir, et nous avons un superbe quatuor de solistes avec Camilla Nylund, Julie Boulianne, David Pomeroy et Andrew Foster-Williams.»

Son autre choix est le concert de fin de saison, «Mythique Don Juan», avec le guitariste Milos Karadaglic et le clarinettiste Andreas Ottensamer, en juin. On entendra le premier dans le fameux Concierto de Aranjuez, de Rodrigo, et le second dans le Concerto pour clarinette de Mozart.

«Comme ce sont deux jeunes musiciens parmi les plus populaires dans le monde présentement, je me suis dit que ce serait intéressant de les inviter au même concert. C'est un programme dont je suis fier.»

Changements

Pour la prochaine saison, il n'y aura pas de soliste en résidence comme c'est le cas cette année avec Stéphane Tétreault.

«L'idée du soliste en résidence est bonne, mais on ne veut pas forcer la note. Il faut que quelqu'un s'impose naturellement. Nous avons décidé d'avoir un soliste en résidence plutôt aux deux ans», précise-t-il. De même, pour l'instant, aucun concert de pop symphonique n'est prévu.

«On a eu tellement de plaisir avec Misteur Valaire, et ça a été un gros succès. Mais justement, ce projet était né dans des circonstances particulières et il avait mis trois ans à se développer.»

Il n'y a pas de surprise du côté des chefs invités puisque des habitués, Julian Kuerti et Cristian Macelaru, sont de retour pour deux concerts chacun. On retrouvera aussi Christoph Campestrini dans la Symphonie Fantastique de Berlioz, tandis que le jeune Andrei Feher - couronné lauréat du prix Opus Découverte de l'année en janvier - dirigera le concert jeunesse. Le Montréalais Airat Ichmouratov dirigera, pour sa part, un concert à thématique hébraïque avec des oeuvres de Prokofiev, Bruch, Bloch et Oppenheim, en février 2016.

«La stabilité est importante, dit Nézet-Séguin. Notre public a le goût de la nouveauté, mais il apprécie de retrouver des visages familiers chez les chefs d'orchestre. Avec nos chefs invités, nous y allons étape par étape.»

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