Abdel Rahman El Bacha: déception

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Abdel Rahman El Bacha

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Claude Gingras
La Presse

Impressionnante, la liste des grands interprètes des Sonates pour piano de Beethoven que Montréal a entendus au cours des ans.

Au sommet se placent Wilhelm Kempff et Anton Kuerti, qui présentèrent les 32 Sonates respectivement en 1961 et en 1978-1979. À ces deux intégrales historiques s'ajoutent des récitals qui, groupant les trois dernières, opp. 109, 110 et 111, virent se succéder Rudolf Serkin en 1987, Kuerti encore en 2001, Louis Lortie la même année et Christian Leotta en 2002.

Ces pianistes de générations et d'esthétiques pourtant différentes traduisaient les Sonates de Beethoven avec une conviction si entière qu'on croit les entendre encore, après toutes ces années. On oubliera beaucoup plus vite Abdel Rahman El Bacha, ce Franco-libanais de 56 ans, très fêté en France, qui avait attiré une demi-salle mercredi soir à Bourgie. Dommage, car l'invité avait lui aussi programmé les trois dernières Sonates, plus l'op. 101, le tout offrant la perspective d'une grande soirée.

Certes, nous sommes en présence d'un musicien éminemment respectable, qui se présente sobrement et joue sobrement. Il ne faut pas s'en plaindre : tant de pianistes transforment le récital en un insupportable spectacle. Hélas! ce musicien éminemment respectable n'est que cela. Il ne se distingue en aucune façon de centaines de pianistes qui sillonnent la planète et remplissent les catalogues de disques.

La technique est celle d'un bon virtuose de concert et l'interprétation se situe quelque part au-dessus de la bonne moyenne. L'audition nous valut un moment de réelle inspiration : l'Arietta à variations qui termine la toute dernière Sonate, où les deux mains répètent interminablement plusieurs petits motifs très voisins. Cet étrange épisode final, le pianiste le rendit avec une intensité quasi hypnotique. Un bon point. Peut-être un autre aussi. Pour le reste : rien de transcendant sur le plan pianistique et rien de révélateur comme message musical. En somme, une déception.

Quelqu'un est venu travailler dans le piano pendant l'entracte, avec le résultat que l'aigu de l'instrument devint ensuite trop prononcé. Malgré l'ovation du public debout, le pianiste n'ajouta rien en rappel. 

ABDEL RAHMAN EL BACHA, pianiste. Mercredi soir, salle Bourgie du Musée des beaux-Arts.

Programme consacré à Ludwig van Beethoven :

Sonate no 28, en la majeur, op. 101 (1816)

Sonate no 30, en mi majeur, op. 109 (1820)

Sonate no 31, en la bémol majeur, op. 110 (1821)

Sonate no 32, en do mineur, op. 111 (1822)

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