Vincent Boucher: entre les chiffres et la musique

L'organiste Vincent Boucher est aussi conseiller en placements... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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L'organiste Vincent Boucher est aussi conseiller en placements chez Financière Banque Nationale.

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Quand il était petit, Vincent Boucher jouait avec une vieille calculatrice que son père, organiste, lui prêtait pour s'amuser pendant que son paternel répétait à l'orgue dans le sous-sol familial. Cette scène résume bien la vie de ce surdoué qui détient sept diplômes universitaires et qui a toujours mené une double carrière en musique et en finances. Et c'est du sérieux. En 2016, il donnera même un récital à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

À 37 ans, l'organiste montréalais, qui est aussi conseiller en placements chez Financière Banque Nationale depuis 15 ans, vient de lancer son 11e album. Ce dernier, consacré au Livre de Noëls de Louis-Claude Daquin, a été enregistré à l'oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal par la maison ATMA Classique. M. Boucher est également organiste consultant à l'oratoire et organiste adjoint à l'église Saint-Jean-Baptiste, où son père, Jacques Boucher, est organiste titulaire.

Lors d'une visite à l'oratoire en sa compagnie, nous avons eu l'occasion de découvrir l'imposant orgue Beckerath du lieu de culte, que le musicien a appris à connaître en jouant des messes et en enregistrant plusieurs disques. Il en parle d'ailleurs avec enthousiasme.

«Mes tâches à l'oratoire consistent aussi à développer les concerts gratuits du dimanche, une tradition qui existe depuis 1960, dit-il. C'est vraiment un instrument merveilleux, que l'on met en valeur avec des programmes variés. Il compte 5811 tuyaux et 78 jeux.»

Le parcours scolaire de Vincent Boucher est étourdissant. Comme bien des enfants, il a commencé par le piano, mais a aussi étudié la contrebasse et le clavecin. À 16 ans, il se mettait à l'orgue... et découvrait la Bourse!

«J'ai développé très jeune une passion pour la musique, et plus tard pour l'orgue. Mais j'ai toujours aimé les chiffres. À 16 ans, en cinquième secondaire, j'ai participé à une simulation boursière aux HEC et j'ai adoré ça. J'ai tout de suite su que je voulais aller là pour étudier en finances.»

Pendant qu'il faisait son DEC au cégep Bois-de-Boulogne en administration, il complétait en parallèle l'équivalent du cégep au Conservatoire de musique de Montréal.

Sa double vie s'est poursuivie à l'université. Il a obtenu un baccalauréat en finances et un DESS en commerce électronique aux HEC tout en continuant le Conservatoire, puis deux doctorats: le premier en orgue à McGill sous la direction de John Grew, le second en finances aux HEC. Il a aussi suivi des cours particuliers avec Bernard Lagacé et effectué des séjours d'études en Europe. Sans oublier un MBA de l'Université d'Oxford, en Angleterre...

«Pour jouer de l'orgue, il faut être multitâches, dit Vincent Boucher. Nos quatre membres et notre tête sont sollicités en même temps. Nos mains jouent sur des claviers différents, on joue la partie de basse sur le pédalier, on utilise les pédales d'expression avec le pied droit. Sans oublier qu'on doit tourner nos pages! Disons que je n'ai pas de misère à conduire une auto manuelle!»

Double vie

Il a commencé à la Banque Nationale au bas de l'échelle, au centre d'appels Telnat, pendant l'été. Pendant toutes ces années, il a toujours été clair qu'il ne voulait pas choisir l'une de ses passions au détriment de l'autre.

«À travers mes choix de carrière, il n'y a jamais eu de considérations financières. Même en finances, il y a beaucoup d'instabilité, par exemple quand on traverse des crises comme celle de 2008. Je fais vraiment les deux par passion. J'ai toujours réussi à concilier mon travail avec mes activités musicales en étant très organisé, et j'ai eu des patrons compréhensifs. Dans le milieu, on voit la musique comme un enrichissement. J'essaie de faire au moins deux heures de pratique par jour, et ça devient plus intensif dans les périodes d'enregistrement.»

La conciliation de deux carrières a même ses bons côtés: elle lui a permis de rencontrer des personnalités qui lui auraient été difficiles d'accès autrement.

«La musique m'a permis de connaître le grand prêtre de la finance, Stephen Jarislowsky, qui est un mélomane averti. On se rencontre de temps à autre et on discute plus de musique que de finances.»

Un point commun unit ces deux carrières à première vue incompatibles: l'envie de partager ses connaissances et de faire connaître au commun des mortels autant l'orgue que la finance.

«Pour moi, c'est très important de rendre ces deux domaines accessibles à tous. Je fais souvent des démonstrations pour expliquer l'orgue aux gens. Je fais la même chose en finances en donnant des conférences et en expliquant où s'en va l'économie et comment s'y retrouver à travers tout cela.»

Peu de temps après notre rencontre avec lui, Vincent Boucher recevait une belle invitation: celle de donner un récital, son deuxième en carrière, à la cathédrale Notre-Dame de Paris, dans le cadre des concerts du samedi soir, en juillet 2016.

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