Stewart Goodyear: un tour de force

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Stewart Goodyear

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Claude Gingras

Stewart Goodyear avait présenté deux programmes de sonates de Beethoven en 2012 au Festival de Lanaudière. Depuis, il a complété un enregistrement des 32 Sonates et, plus récemment, de Beethoven encore, consacré un disque aux 33 Variations sur une valse de Diabelli.

De retour à Lanaudière mardi soir, devant quelque 300 personnes à l'église de Saint-Sulpice, le pianiste torontois de 36 ans jouait les Diabelli en deuxième partie d'un récital qu'il ouvrait avec Berg et poursuivait avec Bach. Une certaine tradition faisait de Brahms le troisième «B musical». M. Goodyear a choisi Alban Berg, l'auteur de Wozzeck et de Lulu, et l'a placé en ordre chronologique inverse, soit près de deux siècles avant le Cantor. Une idée originale qui rafraîchit les vieilles habitudes du concert!

Pré-dodécaphonique, gravitant autour de si mineur, lyrique même, l'unique Sonate pour piano de Berg tient en un seul mouvement, neuf pages et moins de 10 minutes et comporte une exposition à trois thèmes. Même en tout début de programme, M. Goodyear s'y révéla pleinement inspiré, allant jusqu'à varier miraculeusement geste et sonorité dans la longue reprise de trois pages.

Ce qui suivait souffrit des conditions d'écoute. Nous parlons, bien sûr, de la chaleur qu'il fait dans ces églises, chaleur qui affecte les musiciens encore plus que les auditeurs; nous parlons, surtout, de la réverbération qui y déforme tout ce qui dépasse le «forte».

M. Goodyear a présenté l'avant-dernière des six Suites françaises de Bach avec toutes les reprises - l'équivalent de jouer l'oeuvre deux fois en entier. Mieux encore: sans chercher à imiter le clavecin, il aborde le texte dans l'esprit de cet instrument, en dotant les reprises d'ornements baroques et même de liaisons entre deux notes. Il a cependant pris la Courante beaucoup trop vite et commis dans la Gigue finale quelques erreurs, sans doute attribuables à l'humidité qui faisait glisser les doigts sur les touches.

Totalisant 52 minutes, les Diabelli de M. Goodyear constituent, dans les circonstances, un véritable tour de force. Au départ, les 33 variations n'offrent pas toutes le même intérêt; en fait, on se contenterait d'une vingtaine. Se donnant corps et âme à la tâche, M. Goodyear a apporté la virtuosité la plus débridée aux variations qui la requéraient, comme le «presto» démentiel de la 10e, et tiré le maximum de variations voisines et totalement contrastantes. Mais on le sentait gêné par la chaleur et l'acoustique, et on imaginait le résultat... dans des conditions normales.

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STEWART GOODYEAR, pianiste. Mardi soir, église de Saint-Sulpice. Dans le cadre du 37e Festival de Lanaudière.    

Programme:

Sonate op.1 (1907-1908) - Berg

Suite française no 5, en sol majeur, BWV 816 (c. 1722) - J. S. Bach

33 Variations sur une valse de Diabelli, op. 120 (1819-1823) - Beethoven




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