Michèle Losier a séduit le Liceu

La mezzo-soprano Michèle Losier brille dans le double... (Photo: fournie par le Gran Teatre Del Liceu)

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La mezzo-soprano Michèle Losier brille dans le double rôle de Nicklausse et de la Muse des Contes d'Hoffmann à Barcelone.

Photo: fournie par le Gran Teatre Del Liceu

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Renaud Loranger, collaboration spéciale
La Presse

(Barcelone) La mezzosoprano Michèle Losier a fait des débuts remarqués au Gran Teatre del Liceu dans le double rôle de Nicklausse et de la Muse des Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach, présentés dans une nouvelle mise en scène sombre et sans concession du Français Laurent Pelly. Le spectacle sera repris à San Francisco, puis à Lyon.

C'est une saison qui se poursuit sur les chapeaux de roues pour la jeune artiste québécoise établie à Lille. Troublante de noblesse et d'intériorité en Médée de l'opéra éponyme de Marc-Antoine Charpentier au Théâtre des Champs-Élysées, à Paris, en octobre dernier, c'est un virage à 180 degrés qu'elle opère pour son premier engagement au Liceu.

Versatile, Michèle Losier ? Certainement. Du premier baroque français aux derniers feux du romantisme, de femme fatale de la mythologie grecque à confident d'un poète névrosé en proie aux hallucinations alcooliques (un traditionnel rôle «travesti», un rôle de jeune garçon chanté par une femme), elle démontre la même maîtrise stylistique, le même investissement, la même présence scénique, le même charisme.

Souci constant du texte, bien projeté et parfaitement intelligible sans avoir recours aux surtitres, elle tire parfaitement son épingle du jeu au sein d'une distribution de haut vol réunissant notamment le ténor américain Michael Spyres, Hoffmann vaillant, mais sans relief, et la célèbre soprano Nathalie Dessay, Antonia fragile et sincère, dans une rare prise de rôle.

De par le double emploi qui est le sien, Losier occupe la scène pratiquement sans interruption, véritable alter ego du poète maudit et pivot de l'intrigue qui se déploie en quatre pleines heures de musique.

D'abord muse lucide et réaliste, transformée en étudiant non moins désillusionné quant au destin de son ami, c'est elle qui a le dernier mot: au terme de son récit, qui entraîne le spectateur de Nuremberg à Venise en passant par Munich, Hoffmann, ivre de vin et de réminiscences douloureuses, n'a d'autre choix que de s'en remettre à sa muse inspiratrice, seule compagne fidèle, toujours aimante.

Le public lui fait une fête, et on sait déjà qu'elle reviendra au Liceu la saison prochaine pour une «Cendrillon» de Massenet, l'un de ses rôles de prédilection.

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