2013-02-08 13:36:17.000

OM /  Rivest au maximum

Jean-François Rivest... (Photo : Marco Campanozzi, archives La Presse)

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Jean-François Rivest

Photo : Marco Campanozzi, archives La Presse

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Claude Gingras

Claude Gingras
La Presse

Malgré le froid, on a trouvé la Maison symphonique comble, ou presque, deux soirs de suite cette semaine, pour deux programmes «made in USA». Pur hasard, bien sûr, ces deux menus américains. Mercredi soir, c'était à l'OSM; le lendemain, à l'OM. Et on a vu Jean-François Rivest, qui fut pendant trois ans «chef en résidence» à l'OSM, monter au pupitre de l'OM comme chef invité, l'espace d'un soir.

Passant ainsi d'un concurrent à l'autre, celui qui est aussi le titulaire de l'Orchestre de l'Université de Montréal a affirmé que l'harmonie existe entre nos différents organismes. Il a ajouté que le concert était donné à la mémoire de Yuli Turovsky et a rappelé le souvenir d'Eleonora, décédée un an avant son mari.

Le programme reprenait quelques-uns des succès qui composent habituellement un concert dit «américain», à commencer par les deux Bernstein placés cette fois en début et en fin de parcours. Rivest affichait sa forme la plus exubérante et l'OM, ainsi stimulé au maximum, a fourni une prestation d'une qualité exceptionnelle: cordes somptueuses, percussions virtuoses à souhait (avec jusqu'à huit exécutants dans certaines pièces), bois impeccables, comme toujours, cuivres brillants comme ils devraient toujours l'être. Certains soirs, il est difficile de dire la différence entre OM et OSM...

Une ouverture absolument explosive du Candide de Bernstein donne au concert un départ fulgurant qui entraîne bientôt maracas et autres percussions latino-américaines sur les rythmes de la Cuban Overture de Gershwin. On passe ensuite à une nouveauté: trois des cinq mouvements de la Metropolis Symphony inspirée à Michael Daugherty par le personnage de Superman. Le sujet est d'un intérêt incertain, la musique entendue reste en surface et la parodie finale sur le Dies irae est grossière, voire blasphématoire. Mais l'ensemble est rythmiquement très complexe et requiert de tous la plus entière maîtrise. Et tous traversent ces 33 minutes sans le moindre problème: le chef, ses premiers-pupitres Cousineau au violon et Benny à la flûte, d'autres aussi, comme les deux cornistes en écho, et finalement l'orchestre tout entier.

Un autre premier-pupitre de l'OM, le clarinettiste Simon Aldrich, est le soliste du Concerto en un mouvement de Copland. Ici, légère déception. Aldrich nous a habitués à plus d'engagement. Cette fois, il se limite à un jeu exact, sans éclat et sans chaleur.

La soirée se termine en une sorte d'apothéose sur les Danses symphoniques de ce chef-d'oeuvre, dans le genre, qu'est West Side Story. Rivest anime cette suite ininterrompue  de neuf pièces comme une énorme machine en mouvement; il en souligne l'extraordinaire force rythmique mais sait aussi faire parler les cordes avec tendresse.

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ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN. Chef invité: Jean-François Rivest. Soliste: Simon Aldrich, clarinettiste. Jeudi soir, Maison symphonique, Place des Arts.

Programme :

Ouverture de la comédie musicale Candide (1956) - Bernstein

Cuban Overture (1932) - Gershwin

Mouvements nos 1, 3 et 5 de Metropolis Symphony (1994) - Daugherty

Concerto pour clarinette et cordes, avec harpe et piano (1948) - Copland

Symphonic Dances (1961) de la comédie musicale West Side Story (1957) - Bernstein

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