Première importante à l'Opéra de Lyon pour Jean-Michaël Lavoie

Sans être exclusivement associé à la musique contemporaine,... (Photo: fournie par l'Opéra de Lyon)

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Sans être exclusivement associé à la musique contemporaine, le jeune chef québécois Jean-Michaël Lavoie dirige régulièrement des oeuvres récentes et des ensembles spécialisés dans ce répertoire.

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Caroline Rodgers, collaboration spéciale
La Presse

La nouvelle année s'annonce bien remplie pour le chef d'orchestre québécois Jean-Michaël Lavoie, très occupé sur le continent européen. Dans une semaine, il fera ses débuts à l'Opéra de Lyon dans une nouvelle production de L'Empereur d'Atlantis ou le Refus de la mort, opéra méconnu de Viktor Ullmann, compositeur autrichien exécuté dans les camps de concentration nazis.

L'Opéra de Lyon est une maison majeure en France. Il s'agit donc d'une première importante pour le jeune chef, qui a travaillé pendant deux ans avec Pierre Boulez, à Paris.

Sans être exclusivement associé à la musique contemporaine, celui qui fêtera ses 31 ans cette année dirige régulièrement des oeuvres récentes et des ensembles spécialisés dans ce répertoire.

L'histoire de cet opéra en allemand, dont le titre original est Der Kaiser von Atlantis oder die Todverweigerung, est en soi fascinante. Il a été composé au camp de concentration de Theresienstadt, dans la ville tchèque de Terezin, où 144 000 juifs furent déportés pendant la Deuxième Guerre mondiale.

«C'était un camp spécial servant de façade aux nazis pour montrer à la Croix-Rouge qu'ils ne maltraitaient pas tant que cela les prisonniers, explique le chef d'orchestre. On y envoyait les artistes: écrivains, musiciens et gens de théâtre. La ville de Terezin avait une vie culturelle et artistique assez riche, avec son propre orchestre et ses compositeurs. Ullmann a composé son opéra, destiné à être joué sur place, pour dénoncer ce qui se passait dans les camps. Quand les autorités ont découvert son contenu à la générale, ils ont expédié le librettiste et le compositeur aux chambres à gaz.»

Perdue et retrouvée

Mais un autre prisonnier, ami d'Ullmann, a sauvegardé la partition, considérée comme perdue pendant des décennies. Elle fut retrouvée en 1975, année où l'opéra a été créé pour ensuite retomber encore dans l'oubli.

«Depuis quelques années, il suscite de nouveau l'intérêt et il a été produit par quelques maisons d'opéra, précise Jean-Michaël Lavoie. C'est une oeuvre forte et magnifique. Ullmann était un élève d'Arnold Schönberg, mais ne composait pas dans le langage dodécaphonique. Il a développé son propre style. L'instrumentation est étonnante, sans doute choisie en fonction des effectifs dont le compositeur disposait: cordes, bois, banjo, harmonium, clavecin et piano. Cela donne une couleur de cabaret à cette musique.

«L'opéra est constitué de courts tableaux et ne dure qu'une heure et vingt. Parmi les personnages, on retrouve la Mort, qui est en grève, empêchant de ce fait le dictateur de dominer le monde puisque les gens ne peuvent plus mourir. Cela se termine par un duel entre la Mort et l'Empereur, qui représente Hitler ou, symboliquement, le despotisme.

«Pour que l'ordre revienne, la Mort accepte de retourner au travail, à condition que le tyran soit sa première victime.»

Agenda rempli

Après cette production, le musicien entame une tournée en Allemagne et en Autriche dans des festivals importants avec l'Ensemble Resonanz, à Berlin et à Salzbourg.

Puis, en avril, il dirige l'Orchestre National de Lille dans Orion, du Québécois Claude Vivier, et la Symphonie no 8 de Dvorak. C'est avec cette même oeuvre qu'il fera ses débuts avec l'Orchestre Métropolitain, deux semaines plus tard, dans le cadre de la série Airs de jeunesse.

Puis, en mai, il s'envolera pour le Portugal pour diriger le Sacre du printemps de Stravinsky, à Porto.

La saison se termine par une collaboration avec l'Orchestre philharmonique de Radio-France.

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