Trois voix: Lord, Fortin, Hervieux

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La chanteuse Marianne Lambert reçoit les hommages du chef d'orchestre Alain Trudel.

Photo: Bernard Brault, La Presse

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Claude Gingras
La Presse

Pour marquer la 30e saison de l'Opéra de Montréal, le 14e Gala annuel au bénéfice de l'institution réunissait exclusivement des chanteurs du Canada et majoritairement du Québec.

L'auditoire qui remplissait presque à sa capacité la salle Wilfrid-Pelletier hier après-midi connaissait donc bien la majorité des 25 voix qui s'y sont succédé pendant quatre heures, abstraction faite d'un entracte de 35 minutes.

Le programme offrait plus de variété que le menu italo-français qui revient annuellement. Hier, on a entendu du Wagner, du Richard Strauss, du Handel, du Purcell et même du Gershwin et du André Gagnon.

Trois chanteurs se sont vraiment démarqués des autres: Marie-Josée Lord, Lyne Fortin et Marc Hervieux. La voix de Marie-Josée Lord s'assombrit depuis quelque temps, ce qui souligne le spinto qui se développe chez elle. Sa Liù (de Turandot) était intense et son air de Porgy and Bess, un immense cri du coeur (car ce Gershwin est bel et bien un opéra et non un musical!).

Je ne vois pas pourquoi Lyne Fortin avait fait annoncer qu'elle était «indisposée». Elle fut impeccable de voix et de tenue en Maréchale, en Violetta et surtout en Comtesse mozartienne dont elle traduisit bien la tristesse dans un «Dove sono» un peu trop ornementé cependant.

Marc Hervieux poussa sa voix de stentor aux limites de l'audible, écrasant tout autour de lui: d'abord dans Turandot, ensuite dans un air de Nelligan, l'opéra d'André Gagnon et Michel Tremblay que l'OdM reprend cette saison.

Également à retenir de ce concert-fleuve: l'aisance vocale et scénique d'Aaron St. Clair Nicholson, manifestement promis à une importante carrière; la virtuosité d'Aline Kutan, toujours aussi étonnante, année après année; le baryton verdien toujours imposant de Gaétan Laperrière; la solidité vocale et la présence qu'acquiert Marianne Fiset; le mezzo bien timbré de Nora Sourouzian et d'Allyson McHardy; l'authentique colorature de Raphaëlle Paquette; la diction soignée du baryton Étienne Dupuis; la technique, plutôt que la voix elle-même, chez Marianne Lambert.

Quelques déceptions: Phillip Addis, Alexandre Sylvestre, Layla Claire, Caroline Bleau.

Le programme comportait des prestations des trois gagnants (gagnantes, plutôt) du concours Apéro à l'Opéra, en fait les trois finalistes puisqu'un jury choisit une lauréate à l'entracte. Lise Brunelle chante imparfaitement mais avec une réelle émotion. Sophie Lemaire possède des qualités vocales, musicales et scéniques qui manquent à bien des professionnels. Mais c'est la moins douée, Annie Sanschagrin, qui fut élue.

Alain Trudel et l'Orchestre Métropolitain ont accompli un travail de géant dans leur accompagnement des chanteurs. Mention aussi au Choeur de l'Opéra de Montréal, surtout pour l'extrait de Tosca.

Le regretté père Fernand Lindsay, fondateur du Festival de Lanaudière, était la personnalité intronisée cette année au Panthéon canadien de l'Art lyrique. Le concert était présidé par la mécène Jacqueline Desmarais, que le directeur artistique de l'OdM, Michel Beaulac, invita à se joindre aux chanteurs sur scène pour le traditionnel White Christmas aux confettis.

 

 

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14e GALA DE L'OPÉRA DE MONTRÉAL. Hier après-midi, salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. (Radiodiffusion: Radio-Canada, 26 décembre, 13 h.)

 




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