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Gardy Girault: électro et raffinement à Port-au-Prince

DJ et producteur visionnaire, Gardy Girault refuse de quitter son Haïti chérie,... (Photo fournie par Gardy Girault)

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Photo fournie par Gardy Girault

DJ et producteur visionnaire, Gardy Girault refuse de quitter son Haïti chérie, et joindre sa diaspora pour toutes les raisons qu'on imagine. Le créateur électro estime avoir la chance de s'y abreuver d'immenses richesses musicales: konpa, rara, vaudou et autres variantes musicales sont parmi les matériaux essentiels de sa musique.

L'approche de ce résidant de Port-au-Prince inclut également la techno, la house, le hip hop et le R&B, c'est dire le grand angle de son attaque.

On a découvert Gardy Girault l'an dernier, lors d'une soirée Qualité de luxe. L'Haïtien revient cette fois avec son propre concept et rend la pareille à son collègue et ami Ghislain Poirier, qui a ses entrées à Haïti comme on le sait - il a notamment participé à une soirée NO PASSPORT, promue par Gardy Girault à Jacmel en février dernier, d'où l'intérêt de se ruer vendredi à une première déclinaison montréalaise du même concept.

«J'arrive à Montréal avec du nouveau matériel. Ces nouveaux sons haïtiens sont très rasin (racine); ma recherche est plus underground, surtout dans le rara et la vaudou haïtiens. J'ai fait des enregistrements de cérémonies menées par des mambos et houngans (prêtresses et prêtres du vaudou) et j'ai eu la chance d'enregistrer des célébrations dans le département des Nippes. Aussi j'ai pu collaborer avec Erol Josué, un houngan reconnu au pays. Ainsi, j'enregistre les tambourineurs et les chants sur place, je transporte un studio portable.»

En fait, Gardy Girault est l'un des rarissimes DJ/producteurs à exploiter les rythmes vaudous, que l'on doit considérer comme les plus complexes et les plus raffinés du patrimoine africain préservé dans les trois Amériques.

«Il m'arrive de reprendre des éléments très crus de mes enregistrements, sans vouloir les parsemer d'éléments électroniques. Par exemple, je suis en train de terminer un morceau avec des tambourineurs du Théâtre National d'Haïti, je vais y ajouter un chant féminin, peut-être un kick drum. Dans d'autres cas, peux aussi ajouter des éléments électroniques à une matière similaire.»

Avant d'entreprendre cette inclusion de musiques profanes et sacrées d'Haïti, Gardy Girault était un mordu de musique électronique

«Je le suis depuis les années 90, mais je n'ai pu refuser l'influence de la musique haïtienne, surtout de la musique rasin au départ - j'étais fan de Boukman Eksperyans et RAM. L'idée de faire se rencontrer les musiques électroniques et les musiques haïtiennes me stimule depuis longtemps. Bien sûr j'ai des influences extérieures, techno, soul, R&B, mais aussi afro-pop, afrobeat, house, je laisse tout ça m'imprégner, j'accepte tout mais j'ai toujours envie de créer ces morceaux qui portent l'identité haïtienne.»

Ainsi, Gardy Girault travaille régulièrement avec des tambourineurs vaudous, avec des formations acoustiques raras ou avec des musiciens de haut niveau tel le guitariste Clément Belizaire, tous arrimés à ses dispositifs électroniques.

«J'aime ajouter l'élément humain dans mes musiques, les percussions sont toujours jouées par des musiciens en chair et en os. Je vis dans un paradis de la percussion, alors pourquoi utiliser des beats électroniques ou faire des échantillons?»

Les rythmes vaudous étant trop complexe pour le plancher de danse, comment Gardy Girault s'y prend-il pour en réussir l'intégration?

«Je démarre mes sets avec des rythmes vaudous plus complexes et j'amène ensuite les rythmes plus simples. Au milieu ou à la fin de mes prestations, je peux «recalibrer  les oreilles» avec des parenthèses vaudoues, mais je dois revenir au rythme binaire pour faire danser les gens.»

Gardy Girault voyage régulièrement à l'étranger, se taille une réputation internationale.

«J'ai toujours vécu en Haïti et j'ai toujours envie de rentrer au pays lorsque je fais un séjour prolongé à l'étranger. Une partie de nous, Haïtiens, doit réfléchir d'une autre façon en restant au pays. Il faut essayer d'y sauver ce qui doit être sauvé, conserver ce qui doit être conservé. Si tout le monde s'en va, que va-t-il se passer?»

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À la Maison 2109 (rue De Bleury), vendredi 7 septembre, de 22h à 3h.




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