Diana Krall: le plaisir d'abord

La chanteuse Diana Krall donne un concert ce soir au... (PHOTO JESSE DITTMAN, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES)

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La chanteuse Diana Krall donne un concert ce soir au Grand Théâtre de Québec. Elle sera à la salle Wilfrid-Pelletier de Montréal les 29 et 30 novembre.

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Le 7 octobre dernier, Diana Krall n'était vraiment pas en forme. Ce jour-là, elle a dû s'absenter de la balance de son à l'Olympia de Paris. Elle est néanmoins montée sur scène à l'heure prévue, même si, par la suite, elle a dû annuler deux concerts en Italie.

La chanteuse et pianiste de jazz canadienne raconte cette histoire au téléphone sur un ton sérieux qui n'exclut pas quelques éclats de rire. Elle se porte beaucoup mieux, merci, et la balade qu'elle vient de faire le matin même pour humer l'air salin du Pacifique l'a énergisée. N'empêche, ce soir-là à l'Olympia, elle a vécu un moment qui l'a marquée.

«Quand je suis arrivée sur scène, je ne savais même pas si je pourrais chanter, se souvient-elle. J'étais frustrée, mais j'ai jeté un coup d'oeil par-dessus mon épaule, j'ai vu les musiciens qui me souriaient et, subitement, j'ai ressenti une énergie extraordinaire.»

Pendant une vingtaine de minutes, Diana Krall parle de choses et d'autres, de l'euphorie dans laquelle baignait son mari Elvis Costello qui ne cessait de lui envoyer des textos ébahis pendant le récent concert en hommage à Leonard Cohen au Centre Bell, ou encore de l'admiration sans bornes qu'elle éprouve pour sa compatriote Joni Mitchell.

Mais un sujet revient constamment dans la conversation: le bonheur qu'elle a de vraiment faire équipe avec les quatre musiciens qui l'accompagnent dans la tournée Turn Up the Quiet qui s'arrête ce soir au Grand Théâtre de Québec, puis à la salle Wilfrid-Pelletier les 29 et 30 novembre.

«C'est le meilleur groupe que j'ai eu et ça arrive au bon moment, je pense. Je ne me considère plus simplement comme une étudiante - même si je suis une éternelle étudiante - en raison de l'expérience que nous avons en commun. Stuart Duncan vient de l'univers du bluegrass, et Anthony Wilson, Karriem Riggins et Robert Hurst ont tous des disques, des projets et des styles différents. On n'a jamais donné un concert au cours duquel on ne s'est pas amusés.»

Un son unique

Cette symbiose permet à l'artiste, qui a eu 53 ans la semaine dernière, une plus grande latitude dans la conception et l'exécution de ses concerts.

«Je joue des chansons de Turn Up the Quiet [son plus récent album], bien sûr, mais je veux monter sur scène comme l'ont fait les artistes inspirants que j'admirais et qui touchaient à tout, comme Nat Cole et Shirley Horn. Je vais chanter I'll String Along With You [le standard de son album When I Look In Your Eyes, paru en 1999], une chanson de Joni Mitchell ou une chanson de Bob Dylan que nous n'avons pas enregistrée. Je joue avec mes pairs, nous avons tous à peu près le même âge et nous avons tous joué avec les grands artistes qui ont créé cette musique. Nous comprenons clairement cette histoire que nous saluons, mais nous sommes rendus à un point où, dans ce cadre, nous avons un son unique.»

«Nous n'essayons plus vraiment de prouver quoi que ce soit. L'important, c'est de jouer et d'avoir du plaisir.»

C'est un peu ce que disait plus tôt cette année le batteur Jeff Hamilton au New York Times à propos de l'assurance qu'a acquise Diana Krall. Et c'est aussi ce que confiait à la chanteuse et pianiste le regretté réalisateur Tommy LiPuma, qui ne l'avait jamais trouvée aussi confiante et authentique que lors des enregistrements de Turn Up the Quiet, un disque-étalon dans l'évolution de l'artiste et de la femme, ajoutait-il.

Faire parler la musique

Diana Krall parle de «paix intérieure» et ajoute aussitôt qu'elle a beaucoup de difficulté à parler de ce qu'elle fait: «Nous sommes des artistes parce que nous avons choisi de nous exprimer à travers le chant, la musique et l'écriture de chansons.»

Justement, même si l'adaptation de standards est une forme de création, d'aucuns parmi ses admirateurs se demandent pourquoi Diana Krall n'a plus enregistré de ses propres compositions après l'excellent album The Girl in the Other Room, paru en 2004.

«Eh bien... j'ai beaucoup écouté Joni Mitchell, et ça rend l'exercice difficile, répond-elle en pouffant de rire. Chaque fois que je songe à refaire ça, l'idée fout le camp aussitôt. Je ne suis pas une parolière [Elvis Costello avait collaboré avec elle sur The Girl in the Other Room], mais je suis capable de composer de la musique. Récemment, on a joué Abandoned Masquerade en répétition et Robert, Karriem et Anthony m'ont dit: "On joue Departure Bay en concert, mais est-ce qu'on pourrait jouer celle-là aussi, s'il te plaît?" J'en suis vraiment très fière et je déborde d'amour pour ces gars-là qui sont fantastiques sur le plan artistique et sur le plan humain. Les temps sont difficiles et il y a beaucoup à dire, mais nous croyons que notre musique en dit beaucoup, même quand il n'y a pas de mots.»

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Au Grand Théâtre de Québec ce soir et à la salle Wilfrid-Pelletier les 29 et 30 novembre.




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