Alice Cooper: cinq décennies d'excentricité et de rock

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Le nouvel album d'Alice Cooper sort vendredi. « Il est beaucoup plus excentrique que les autres », affirme l'artiste de 69 ans au sujet de l'album Paranormal.

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Stéphanie Dupuis 
La Presse

Alice Cooper, ce personnage qui a marqué la scène du rock par ses performances scéniques excentriques, lance vendredi Paranormal, son 27e album. Agrémenté de collaborations spéciales avec des membres de ZZ Top, de Deep Purple et de U2, l'opus reprend les sonorités hard rock typiques de l'artiste de 69 ans. Entretien avec une légende vivante.

Votre 27e album sera lancé cette semaine. Comment se distingue-t-il des autres?

Il est vraiment différent, plus hard rock. Il y a aussi un côté plus psychotique. J'ai essayé de créer 12 chansons qui sont liées, pour faire une histoire. Au départ, je ne souhaitais pas faire un album-concept. Mais finalement, on y revient toujours. J'ai remarqué que tous les artistes qui y participent ont quelque chose en commun. Chaque album a sa propre saveur qui correspond à l'état d'esprit de l'auteur pendant l'écriture. Nous avons eu beaucoup de liberté, nous avons pris plusieurs directions. Il est beaucoup plus excentrique que les autres.

Étant donné que vous êtes sur la scène musicale depuis près de cinq décennies, est-ce difficile de trouver l'inspiration?

Non, pas du tout. Je trouve que les gens sont de bonnes sources d'inspiration. Ce sont les êtres les plus bizarres qui soient. Nous vivons tous différentes complications. J'essaie de trouver l'excentricité chez eux. Si nous étions tous normaux, nous serions des robots. Ce qui nous rend différents de nos amis, c'est ce qui nous rend intéressants.

Pour cet album, vous avez travaillé avec Billy Gibbons de ZZ Top, Roger Glover de Deep Purple et Larry Mullen de U2. Pourquoi avoir choisi ces artistes en particulier?

Toutes ces personnes que j'ai choisies pour collaborer avec moi dans cet album sont paranormales à leur façon. Après avoir écrit la chanson I'm Falling in Love But I Can't Get Up, je l'ai écoutée, puis j'ai pensé à Billy Gibbons de ZZ Top pour l'interpréter. Je l'ai appelé, il l'a écoutée, il l'a un peu modifiée, puis c'était parfait. Avec Roger Glover, nous avons enregistré la première piste qui est la seule à sonner un peu comme du progressif théâtral. C'est exactement le style qu'il recherche avec Deep Purple. Larry Mullen a un son unique qui change l'ambiance des chansons. Il joue différemment de tous les batteurs que je connais, c'est pourquoi on lui a demandé d'enregistrer toutes les chansons de l'album avec nous. C'était un peu un défi pour lui de jouer autre chose que du U2, et c'est aussi une expérience valorisante pour un artiste.

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Le nouvel album d'Alice Cooper sort vendredi. «Il est beaucoup plus excentrique que les autres», affirme l'artiste de 69 ans au sujet de l'album Paranormal.

PHOTO MATT SAYLES, ARCHIVES INVISION/ASSOCIATED PRESS

Votre premier album, Pretties for You, a été lancé en 1969. Alice Cooper s'est imposé comme une figure marquante du rock. On vous a même désigné comme le parrain du shock rock. Quand vous regardez en arrière, comment vous sentez-vous par rapport à votre carrière?

Le rock manquait de théâtre. J'ai pensé que le personnage d'Alice Cooper pouvait contribuer à amener sur scène des performances excentriques. Et ce, en plus de vendre des albums et de faire des tournées. Au début, quand nous avons commencé ce genre de prestations, la réponse du public n'était pas bonne. Les gens n'aimaient pas, puisqu'ils ne connaissaient pas cela. Mais après avoir prouvé que ça fonctionnait, nous avons vu les fans se ruer vers nous. Puis, Kiss est arrivé avec une autre forme de théâtre scénique. C'était génial ! On était en compétition avec ces artistes, mais ils n'étaient pas nos ennemis. On aimait le fait qu'ils faisaient la promotion de ce genre de spectacles. Ça rend le rock plus intéressant au final.

Qu'est-ce qui vous rend le plus fier?

Souvent, on pense que ce qui rend le plus fier, c'est de lancer un album qui devient numéro un. Je crois plutôt que c'est le fait que le public ne croyait pas en nous au départ et que, 27 disques plus tard, je sois pourtant toujours là, malgré la réticence du public par rapport à l'excentricité de ce style. Tous ces gens qui ne croyaient pas en Alice Cooper ne sont aujourd'hui plus de ce monde, et nous faisons toujours ce que je considère comme le meilleur spectacle de rock. C'est merveilleux de voir que, 50 ans plus tard, on est toujours là.

Dans plusieurs entrevues, vous avez mentionné que vous seriez prêt à léguer le personnage d'Alice Cooper à un autre artiste. Si vous pouviez choisir une personne pour reprendre ce rôle, qui choisiriez-vous?

Je ne pense pas du tout à prendre ma retraite actuellement. Alice Cooper est un personnage, comme le Joker est un personnage, ou encore Batman. Trente ans après ma mort, c'est possible que quelqu'un reprenne le personnage. Je ne vois pas pourquoi quelqu'un ne voudrait pas s'emparer de lui un jour. S'il se fait un film sur moi plus tard, je verrais bien Johnny Depp dans ce rôle. Il devrait juste s'enlaidir un peu en se cassant le nez et en enfilant des prothèses. Chez les musiciens, je pense que personne de connu ne puisse le faire. Ce doit être un jeune qui joue dans son garage actuellement, qui est en train d'apprendre les bases de la musique.

Y a-t-il des artistes avec qui vous voudriez travailler dans l'avenir?

J'ai travaillé avec à peu près tout le monde dans le milieu. Mais il y a beaucoup de jeunes groupes qui attirent mon attention actuellement. Mais pour travailler, je choisirais plutôt les Foo Fighters ou même Green Day. Ils ressemblent beaucoup à Alice Cooper, d'une certaine façon. Ils offrent tout un spectacle, chaque fois très énergique.

Quel est votre lien avec les fans de Montréal?

Montréal! Ça en est une bonne. Mon vrai nom est Furnier, comme Fournier, en français. Ma famille est arrivée avec des protestants francophones dans les années 1600. La moitié est allée à Montréal et l'autre, à La Nouvelle-Orléans. Donc, j'ai probablement beaucoup de liens de parenté avec des gens de Montréal. Ma femme parle aussi couramment le français puisqu'elle enseigne le ballet. Je ne parle aucun mot de cette langue, mais j'ai certainement l'air d'un Français.

La tournée nord-américaine de l'artiste ne prévoit pas d'arrêt à Montréal pour l'instant.

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ROCK. Paranormal. Alice Cooper. earMUSIC. En vente le 28 juillet.




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