Young Fathers: confiance, autorité, force de frappe

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Le groupe Young Fathers est composé de  «G» Hastings, Alloysious Massaquoi et Kayus Bankole.

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L'an dernier, au festival Osheaga, nous étions quelques centaines au pied d'une toute petite scène. Le groupe Young Fathers s'y produisait. Pour la quasi-totalité de ces festivaliers, ce fut l'une des grandes claques de 2015. Ils ont ainsi pu comprendre pourquoi cet excellent trio d'Édimbourg (renforcé d'un batteur) avait remporté le prestigieux Mercury Prize du meilleur album britannique l'année précédente. Puissant, hybride, inclassable, Young Fathers est l'un des grands bands de l'heure.

«G» Hastings résume ainsi la philosophie du groupe par rapport à ses performances sur scène: «Le prochain show devra être le meilleur de notre vie!», pose-t-il, joint cette semaine dans l'Utah que traverse le car de Young Fathers avant de faire escale à Salt Lake City.

«Nous essayons de faire le maximum devant public, comme c'est le cas en studio. Nous cherchons toujours les meilleures façons de nous exprimer. Si on refuse cet état d'esprit, il vaut mieux renoncer à ce métier. Tu ne peux monter sur scène à contrecoeur, il te faut être honnête par rapport à tes motivations», explique le visage pâle de cet ensemble multiracial, dont le second album s'intitule justement White Men Are Black Men Too.

Sans race ni territoire

Voyons voir plus précisément: trois mecs aux origines différentes constituent Young Fathers, mais ils ont tous vécu le plus clair de leur existence à Édimbourg. Natif du Liberia, Alloysious Massaquoi est arrivé tout petit en Écosse. De parents nigérians, Kayus Bankole est né à Édimbourg et a vécu un moment aux États-Unis et au Nigeria avant que sa famille ne revienne s'installer à Édimbourg. Quant à «G» Hastings, il est de souche écossaise et n'a jamais quitté la ville de Young Fathers.

Tous trois refusent cette idée qu'ils sont le reflet de leurs origines. Rock, R&B, électro, pop, soul, gospel, hip-hop, africain, caribéen... l'alliage très spécial de leurs références musicales dépasse largement la fusion de leurs cultures respectives.

«Nous ne représentons ni race, ni territoire, ni région, ni nation, affirme «G» Hastings. Notre musique puise partout sur la planète. Jeunes, nous étions très influencés par la pop, le R&B et la dance music, mais nous avons ensuite grandi à travers le reggae, les musiques africaines, le hip-hop, la soul, les musiques de l'Europe de l'Est comme celles de l'Amérique du Sud.»

Fait intéressant, les membres de Young Fathers refusent aussi cette idée de créer un condensé de leurs connaissances musicales. «Il nous importe de faire une musique qui n'a pas été faite auparavant, mais nous n'avons pas le devoir de créer strictement sur la base de nos goûts musicaux.»

«Être original n'est pas un travail de synthèse, c'est d'ailleurs la part la plus excitante du processus créatif. Vous savez, nous ne discutons jamais de ce que nous devrions composer. Nous le faisons, c'est tout.»

Qui plus est, ces musiciens sont le produit d'un multiculturalisme de troisième génération. En témoigne leur vision du métissage.

«Nous avons tous grandi dans une même ville, nos liens se sont tissés à partir de cette proximité, à partir de notre amitié et de nos affinités musicales bien au-delà de nos origines. Jusqu'à un certain point, on se fiche des origines de notre expression. Cela ne relève d'aucune stratégie.»

Dans cette même optique, le lieu de résidence importe peu pour les membres de Young Fathers.

«Nous n'avons jamais voulu être confinés à une scène locale, souligne «G» Hastings. Nous nous sommes déjà produits dans différentes parties du monde. Or, Édimbourg est notre chez-nous, nous aimons y créer et y prendre du recul. C'est pourquoi nous aimons y rentrer lorsque nous ne sommes pas en tournée.»

Le Mercury Prize? Et après?

Quant à l'obtention contestée du Mercury Prize pour leur album Dead - des journalistes avaient alors affirmé que FKA twigs aurait dû gagner cette année-là -, elle semble déjà loin dans l'esprit des musiciens.

«Ce fut très bien de gagner ce prix et nous n'avions que faire de cette petite controverse... En fait, ce fut pour nous une manière comme une autre de faire rayonner davantage notre musique. Depuis nos débuts, nous avons confiance en nos moyens ; nous n'avons pas été rassurés en gagnant le Mercury.»

Assurément, les fans montréalais de Young Fathers seront de nouveau témoins de cette confiance, de cette autorité, de cette force de frappe.

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Au Théâtre Fairmount le 31 mars; XHLT en première partie

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