Magma au FIMAV: éruption dans les Bois-Francs

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Magma se produira dimanche au Colisée Desjardins de Victoriaville.

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À moins d'avoir assisté à un concert de Magma en Europe, les fans québécois n'ont jamais eu de relation directe avec ce groupe culte, fondé en 1969. Il aura fallu attendre 46 ans avant de combler ce manque à leur culture, cela est sur le point d'être fait à la clôture du Festival international de musique actuelle de Victoriaville.

À la fois traversé par le jazz, le rock progressif et la musique contemporaine d'ascendance européenne, cet amalgame en fusion s'est aussi distingué par l'usage d'une langue inventée, le kobaïen (auquel se greffent parfois des mots français ou anglais), et la mise de l'avant d'un style musical atypique, le zeuhl.

« Zeuhl désigne une sorte de mémoire cosmique en relation avec l'univers, qui aurait mémorisé tous les sons existants dans les profondeurs de notre esprit. C'est lorsqu'on arrive à se dégager de toutes choses en musique que cette mémoire entre en activité pour correspondre avec l'univers tout entier », résume Christian Vander dans une citation typique des années 70, relayée par Wikipédia.

Nous sommes en 2015, et cette ère mystico-pétée est loin derrière Christian Vander, qui préfère parler musique que de philosophie nouvel-âgeuse. Joint la semaine dernière à Manchester où se produisait Magma, le batteur, compositeur et seul membre originel confirme n'avoir jamais traversé l'Atlantique et atteint le Québec à bord de plus important véhicule d'expression.  

«Il y a longtemps, je suis toutefois venu en trio jazz à Montréal, ça n'avait pas été concluant. Mal ficelé...  Aujourd'hui, lorsque je fais dans le jazz [surtout en quartette], je m'inspire encore et toujours de la musique de John Coltrane. Du début de sa carrière jusqu'à sa mort, il n'y a jamais de redite dans la musique de Coltrane. C'était toujours du nouveau, on était toujours surpris. Pour ma propre musique, ça demeure un bel exemple à suivre: ne pas se laisser emprisonner dans un système, dans un style, dans une époque.»

Le renouvellement de la proposition musicale est toujours à l'ordre du jour pour Christian Vander, 67 ans, fils adoptif du réputé pianiste de jazz Maurice Vander qui fut notamment sideman de feu Claude Nougaro. 

«Si je n'avais pas l'impression de proposer quelque chose de neuf, j'arrêterais. Pour moi, ça a toujours été vital de me surprendre moi-même. Sinon je serais mortifié de honte», affirme-t-il de sa voix grave et posée.

Et comment Christian Vander arrive-t-il à alimenter sa création? En déployant ses antennes.

«Je suis ''récepteur'', je n'ai pas le sentiment de ''faire'' la musique. D'une certaine façon, je suis en travail permanent. J'essaie ''d'être en musique'' afin de garder l'inspiration, même à des moment où c'est difficile. Comme tous les artistes, il m'arrive d'être à court d'inspiration, ça fait peur! Mais je ne cherche pas à composer pour composer, ce serait un coup d'épée dans l'eau. Il faut que la musique vienne, qu'elle me possède. Je dois alors écouter ce que nous avons enregistré, assimiler ce qui vient de se passer.»

Cocktail explosif de musique contemporaine européenne ou américaine, de rock progressif et de jazz moderne, la musique de Magma transcende les styles qui en caractérisent les fondements.

«Dans ma musique, explique Christian Vander, le rythme mène à la mélodie. Plus j'élabore sur les rythmes, plus je peux composer des mélodies et les harmonies en prenant soin de ne pas surcharger. Il s'agit d'une musique à étages, multidirectionnelle. On s'applique à en faire découvrir progressivement les paliers, on cherche toujours un positionnement inconnu. 

«La musique de Magma est très structurée, mais il reste toujours un espace de liberté où les musiciens peuvent interpréter la chose. En général, nous préférons nous en tenir au travail récent, comme la matière de notre dernier album, Slag Tanz.»

D'excellents musiciens français ont participé à l'expérience Magma, on pense notamment au violoniste Didier Lockwood, au guitariste Claude Engel ou au bassiste Jannick Top. 

«Il y a eu une longue pause, soit de 1983 à 1995, mais le groupe n'était pas mort. Magma était en sommeil, bien que je sois le seul à être resté. On m'a alors proposé une petite tournée, j'ai accepté de relancer le groupe et de retourner plus tard en studio - cinq albums ont été lancés depuis 2004. J'ai davantage travaillé sur la voix depuis.»  

Hormis le batteur et leader, l'alignement actuel se compose des chanteurs Hervé Aknin, Isabelle Feuillebois et Stella Vander (mariée à Christian depuis les années 70), du vibraphoniste Benoit Alziary, du guitariste James McGraw, du claviériste Bruno Ruder, du bassiste Philippe Bussonnet.

À quoi s'attendre pour cette première québécoise de Magma? 

«Ce que vous aurez en concert sera très proche des sonorités des enregistrements.» Et si l'on s'en tient aux enregistrements, l'échelle de Richter n'a qu'à bien se tenir. Secousses et éruption en perspective!

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En clôture du FIMAV, Magma se produit dimanche, 22 h, Colisée Desjardins, Victoriaville.

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