Le charme de Safia Nolin

L'auteure-compositrice-interprète Safia Nolin a obtenu il y a... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, LA PRESSE)

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L'auteure-compositrice-interprète Safia Nolin a obtenu il y a deux ans un contrat avec l'étiquette Bonsound (Milk&Bone, Dead Obies, Groenland). Son premier album devrait sortir entre l'été et l'automne.

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Le nom de Safia Nolin suscite l'enthousiasme dans les coulisses de la scène musicale québécoise. Grâce au prolifique réalisateur Philippe Brault, qui faisait partie du groupe accompagnateur du concours du Festival international de la chanson de Granby, la jeune femme de 23 ans a obtenu un contrat avec l'étiquette Bonsound (Milk&Bone, Dead Obies, Groenland).

«Je vais dire plein de gros mots, mais c'est "fucké"!, lance-t-elle. Aujourd'hui, Phil est devenu super important dans ma vie.»

Philippe Brault a réalisé le premier album de Safia Nolin, enregistré il y a un mois à peine. «Humainement, il est incroyable. Et il est talentueux.»

Née à Québec en 1992, Safia Nolin a grandi en rêvant de jouer de la guitare. À l'âge de 15 ans, elle a abandonné ses études secondaires. L'adolescente n'avait rien à faire de son temps quand son frère lui a offert une six cordes. «J'ai appris à jouer de la guitare en regardant des vidéos sur YouTube et j'ai appris des covers.»

La musicienne s'est mise à se filmer en train d'interpréter des tubes de Lady Gaga, Katy Perry et Dallas Green. Sur YouTube, on peut par ailleurs toujours voir ses reprises de Father John Misty, Arcade Fire et George Harrison.

Safia Nolin a fini par écrire et composer trois pièces (dont Igloo et La laideur, qui figuraient sur son quarante-cinq tours lancé l'an dernier). Puis sa mère l'a invitée à prendre un café dans une brûlerie de Limoilou.

«Elle m'a forcée à m'inscrire à l'école de Granby. J'ai écrit Igloo en février et la fin des inscriptions était en avril. Ma mère a découpé une annonce du journal, l'a collée sur le frigidaire puis elle m'a obligée à m'inscrire et j'ai fini par faire les auditions. Cela a l'air cheesy, mais ça a changé ma vie. Je n'avais tellement aucune attente. Je ne connaissais rien ni personne de l'industrie. Je connaissais les gros noms comme Karkwa.»

Pour la jeune décrocheuse, l'École de la chanson de Granby a mis fin à cinq années de solitude. Dans sa chanson Igloo, elle dit: «J'erre comme un fantôme amnésique/Dans les maudites rues de Limoilou/Sous le regard du hibou de plastique/En basse-ville y a mon Igloo./Sans voir ni entendre personne/J'parle qu'avec moi-même.»

«Quand je suis arrivée à Granby, j'avais zéro ami et j'étais crissement weird et gênée. On avait des ateliers d'improvisation de groupe le matin et j'allais vomir dans les toilettes. C'était trop pour moi, mais ç'a été une étape où je me suis ouverte à plein d'affaires», raconte Safia Nolin.

Bonsound

Aujourd'hui, difficile de croire que Safia Nolin a déjà été renfermée sur elle-même. Tout le monde lui fait l'accolade quand elle entre dans les bureaux de Bonsound. Deux ans ont passé depuis qu'elle a signé un contrat avec l'étiquette montréalaise.

Avec du recul, l'auteure-compositrice-interprète se réjouit d'avoir pris le temps de bien faire son premier album, qui réunit des pièces plus arrangées et d'autres minimalistes. Safia Nolin se réjouit du résultat à la fois brut et abouti.

Les cinq jours passés au Naturel Source Studio de Morin-Heights avec Philippe Brault, Joseph Marchand, Stef Schneider et le propriétaire Borza Ghomeshi ont changé sa vie (sans compter la saucette de son ami Rick Haworth). «C'est niaiseux, mais pour moi, cela a été super significatif. Cela fait juste un mois, mais j'ai tellement grandi en cinq jours.

«Il fallait que je fasse un album pour comprendre à quel point c'est important. Je suis partie dans plusieurs directions et, finalement, l'album sonne exactement comme je le voulais. C'est comme si Philippe avait lu dans ma tête.»

Safia Nolin parle comme une adolescente, avec beaucoup d'anglicismes. Son physique et son look sont atypiques. De ce corps et de cet esprit jaillit une voix à fleur de peau, chargée d'émotions et de sensibilité.

«J'ai toujours voulu chanter. Céline était mon idole quand j'avais 7 ans et Britney Spears aussi, raconte-t-elle. Ma voix était dégueu au début. Je ne sais pas comment, mais elle a fini par se placer. Je le vois avec mes covers», souligne celle qui a gardé toutes ses vidéos de reprises dans son profil privé sur YouTube.

«J'ai pris goût à disparaître/Je sais même pas où j'm'en vais. [...] Toute seule, je m'en vais toute seule/Sans peur, j'avance sans peur», chante Safia Nolin dans sa pièce La laideur.

«Mentalement, je suis super sûre de moi, mais, deep down, je ne le suis pas pantoute. J'aime les clashs. Je n'ai pas besoin d'expliquer mes chansons en spectacle. Elles sont tellement deep qu'il faut que je sois heureuse sur scène. Je suis heureuse dans la vie à cause de mes tounes qui me permettent de m'extérioriser.»

L'Europe

Safia Nolin cumule beaucoup de temps de scène, autant à la Taverne Jarry qu'en première partie de Groenland. Alors qu'elle n'est «jamais sortie du Canada», son clip d'Igloo, réalisé par Gabriel Poirier-Galarneau, sortira en Europe, où elle a déjà une agence de tournée et une équipe de relations de presse.

Il a suffi d'un spectacle au Quai des Brumes pour qu'Ariane Ancri, chargée de production chez ALIAS (la grosse boîte de tournée en France d'Adele, Alt-J et Bastille), succombe au charme de Safia Nolin.

À vous de découvrir l'auteure-compositrice-interprète avant son premier album, qui devrait sortir entre l'été et l'automne.

«J'ai vraiment hâte! Je ne suis plus capable et je veux faire des shows, lance Safia Nolin. Cela me donne le temps d'aller voir une psychologue pour calmer mon stress.»

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