Caribou: simple ou complexe?

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Artiste reconnu mondialement, Daniel Snaith s'est exprimé sous les pseudonymes Manitoba, Daphni et Caribou. Référence de la musique électronique, il est en train de devenir une vedette.

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Comment un mathématicien en vient-il à l'idée qu'il lui faut simplifier ses équations? La réponse est plus complexe qu'on ne le croit d'entrée de jeu. Et se trouve dans l'album Our Love, paru sous étiquette Merge sur ce continent, dont la matière sera jouée ce lundi soir au Métropolis.

«C'est d'abord une question de confiance», explique Caribou, joint au téléphone en Angleterre. J'ai mis du temps à essayer de prouver que je pouvais faire ceci ou cela. J'aime encore le maximalisme de mes pièces composées antérieurement, rien n'indique que je n'y reviendrai pas, mais j'ai cru bon cette fois de simplifier, laisser plus d'espace, aller droit au bout.»

Ontarien transplanté à Londres, Caribou, Daniel Snaith de son vrai nom, est titulaire d'un doctorat en mathématiques, nouvelle preuve que les jeux de connaissances abstraites ou scientifiques voisinent ceux de la création artistique. Ainsi, il n'y a peut-être pas lieu de s'étonner que sa musique l'ait emporté sur les maths. «Impossible de faire les deux, vu le temps nécessaire à consacrer à chacune de ces disciplines», tranche le trentenaire.

Épuration

Artiste reconnu mondialement, Snaith s'est exprimé sous les pseudonymes Manitoba, Daphni et Caribou. Référence de la musique électronique, il est en train de devenir une vedette. Est-il besoin de préciser que le Métropolis affiche complet pour son escale du 10 novembre?

«La tournée de l'album Swim [le précédent] m'a fait réaliser que je pouvais atteindre un plus grand nombre. J'ai alors réfléchi aux réactions de l'auditoire. Que se passe-t-il une fois que la musique est rendue publique? Qu'est-ce qui touche vraiment mon public? Cette réflexion m'a mené à créer des musiques apparemment plus simples, surtout plus directes - bien que certains passages de l'album Our Love sont plus complexes, de toute évidence.»

Cet objectif d'épuration, fait-il valoir, n'a rien de facile. «Je ne peux dire que ça m'est venu naturellement. Je me considère comme un chanteur amateur, mais je tiens à chanter. Au début, j'ai mis en oeuvre tout un stratagème pour camoufler mes faiblesses et traiter ma voix au moyen de filtres électroniques. C'est moins nécessaire maintenant, mais j'ai dû travailler fort pour y parvenir.»

Cela dit, Daniel Snaith est parfaitement conscient qu'il emprunte le chemin inverse de la crédibilité artistique et qu'aucun chemin n'est absolument indiqué pour y accéder.

«Les groupes et artistes que j'ai aimés à l'adolescence ont commencé par l'expression de l'obscurité et la complexité. Or, j'ai de moins en moins aimé ceux qui ont simplifié leur approche. Je suis donc conscient que la simplification est un danger. On pourrait conclure à une stratégie populiste, racoleuse. Mais cela ne m'est jamais venu à l'esprit dans le cas qui m'occupe.

«Bien sûr, il y a tant de choses à aimer en musique. Tout un pan du répertoire est ouvertement complexe, et c'est admirable. Or, personnellement, je demeure une bonne poire pour la mélodie, l'harmonie et ce qui fait vibrer le coeur. Et lorsque l'auditoire éprouve de l'émotion à l'écoute de ta musique, c'est très spécial!»

Un apport notable

Cette tension entre simplicité apparente et complexité camouflée est une valeur partagée avec ses amis Owen Pallett et Jessy Lanza, proches collaborateurs sur le dernier Caribou.

«Owen a travaillé sur quatre chansons, il y a joué [entre autres] les parties de violon. Avant qu'il entre en studio, je lui avais envoyé beaucoup de matériel en vrac. Et il m'a donné un feed-back sur l'ensemble de ma production. Le résultat final, je crois, aurait été très différent sans son apport. Un grand musicien! J'ai aussi beaucoup en commun avec Jessy Lanza. Les mélodies qu'elle a faites dans Our Love ont été complémentaires.»

Daniel Snaith considère que son nouvel album illustre la palette des émotions émanant de sa vie intime.

«Je n'aurais jamais fait d'album sur l'amour il y a 10 ans. Ma vie conjugale, ma paternité et mon âge m'ont amené à m'exprimer sur la question. Il ne faut pas s'y méprendre: Our Love n'a rien d'un conte de fées à la Disney. Y est plutôt évoquée la cohabitation du bonheur, de la tristesse et de sentiments partagés entre ces deux pôles. Par exemple, l'amour inconditionnel de ma fille de trois ans et l'émerveillement qu'elle suscite chez moi côtoient la difficulté et l'exaspération.»

Pas si simple...

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Précédé de Jessy Lanza, Caribou et son groupe se produisent à guichets fermés au Métropolis, lundi, 20 h.

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