John Cale: curiosité exemplaire!

John Cale... (Photo Louis Longpré pour Pop Montréal)

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John Cale

Photo Louis Longpré pour Pop Montréal

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John Cale est un modèle de curiosité artistique. Très en forme, très en voix, élégamment vêtu sans déroger à une esthétique rock, le septuagénaire ne se vautre pas dans les lauriers de sa réputation. Jeudi soir au Rialto dans le contexte de Pop Montréal, son heure et demie de relectures fut tout simplement exemplaire.

Comme il l'avait annoncé en interview, il a pêché dans son répertoire pour le réaménager de fond en comble: Hedda Gabler, Waiting for the Man (un grand classique du Velvet Underground), The Endless Plain of Fortune, Thoughless Kind, I Wanna Talk 2U, Style It Takes, Dirty Ass Rock'n'Roll, I Keep A Close Watch, Hanky Panky Nohow, Wasteland et autres Fear is A Man's Best Friend renaissaient devant nos yeux et dans nos oreilles, et ce pour notre plus grand plaisir mélomane.

Les mutations formelles conféraient une nouvelle vie à ces pièces que leur interprète a conçu à différentes étapes de sa longue trajectoire.

John Cale a souvent campé le rôle du créateur abscons, un peu étrange, assis entre deux chaises. Trop expérimental et parfois trop austère pour le public rock, trop pop et trop hirsute pour l'auditoire des avant-gardes dites sérieuses, il a mis toute une vie entière à trouver l'équilibre idéal dans sa quête formelle et ainsi recruter dans les deux camps afin constituer un public  bien assez considérable.

L'usage circonspect de différents effets de bourdon (drone), échantillons numérisés (notamment le chant lyrique au féminin), diversité de textures sonores superposés aux guitares, batterie, basse et claviers, et cette voix si particulère n'excluent pas l'esprit rock que John Cale conserve via la forme chanson. Du hip hop, il a aussi saisi la puissance du groove même s'il ne procède à aucune évocation directe du genre, on le constate dans la version allongée de Dirty Ass Rock'n'roll, qui lui vaudra une ovation.

Au finish, le rock'n'roll reprendra ses droits, les guitares et le beat résolument binaire l'emporteront sur les claviers, machines et arrangements fins. Et voilà un spectacle complet, assumé pour ses retours dans le passé mais aussi mémorable pour ses plongées magnifiques dans le présent et l'avenir.

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