Débuts convaincants pour Nézet-Séguin à La Scala

À l'opéra comme au concert, Yannick Nézet-Séguin mène,... (Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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À l'opéra comme au concert, Yannick Nézet-Séguin mène, à la vitesse grand V, l'une des plus étincelantes carrières de notre époque.

Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse

Renaud Loranger
La Presse

(Milan) Il y a peu de sommets, sur la planète musicale, que le chef d'orchestre québécois Yannick Nézet-Séguin n'ait déjà gravis. La saison qui s'achève -sur les chapeaux de roues- l'a conduit, en l'espace de quelques mois à peine, sur le podium de l'Orchestre philharmonique de Berlin, dans la fosse du Metropolitan Opera, puis à la tête de l'Orchestre de Philadelphie, dont il deviendra officiellement directeur musical à l'automne 2012. Lundi soir, à La Scala de Milan, il a démontré de nouveau qu'il était l'un des chefs les plus importants de sa génération.

À Milan, l'opéra, c'est encore une affaire sérieuse. Très sérieuse. La Scala n'est pas seulement le théâtre où les Verdi, Puccini, Bellini et autres Rossini ont donné ses lettres de noblesse à l'opéra italien. La célèbre salle demeure l'un des emblèmes les plus éclatants de la culture italienne d'aujourd'hui, et lorsqu'un chef d'orchestre québécois de 36 ans y dirige pour la première fois (un opéra français - Roméo et Juliette de Gounod), cela ne passe décidément pas inaperçu.

«Je suis très chanceux. C'est comme réaliser des rêves les uns après les autres, et ça se passe toujours bien. Si je m'arrête et que je pense à toute la tradition d'un lieu comme La Scala, oui, j'ai un peu le vertige, mais seulement pour quelques instants! Ça me pousse à tout donner, à me dépasser dans le travail», a confié Nézet-Séguin à La Presse lors d'une brève entrevue à son hôtel.

Quelques heures plus tard, dans la fosse qui a vu défiler nombre de chefs d'orchestre de légende depuis deux siècles et demi, le geste de Nézet-Séguin est ample, assuré, sa présence, immédiatement ressentie. Il est très concentré, intense, peut-être ce soir sans l'impétuosité fracassante qu'on lui connaît, mais trouve néanmoins des trésors de lyrisme dans cette partition qu'il possède (il l'a déjà dirigée deux fois, au Festival de Salzbourg) et qu'il aime manifestement.

Le courant passe, sur scène et dans la salle. Au rideau final, on applaudit tant le ténor Vittorio Grigolo que la soprano Nino Machaidze, qui campent les deux principaux protagonistes, mais aussi - surtout - le chef. Mission accomplie.

À l'opéra comme au concert, Yannick Nézet-Séguin mène, à la vitesse grand V, l'une des plus étincelantes carrières de notre époque. Lundi à La Scala, il a donné la pleine mesure de lui-même dans une oeuvre qu'il a déjà eu l'occasion de «mûrir».




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