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Violon volé: les réseaux sociaux et l'OM à la rescousse

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

«Je ne pense pas que le Bon Dieu va me laisser longtemps sans violon.» Mark Landry n'aurait sans doute jamais pensé que ses prières seraient exaucées aussi vite, moins de 24 heures après le vol de son instrument.

N'en déplaise à Dieu, ce sans-abri mélomane, qui manipule l'archet depuis une quinzaine d'années aux abords de la station de métro Joliette, a profité de ce que les réseaux sociaux pouvaient parfois offrir de mieux: un élan de solidarité et de générosité.

La publication d'une photo de Mark Landry tenant une pancarte signalant le vol de son violon sur la page Facebook d'une Montréalaise a rapidement enflammé les réseaux sociaux, hier matin.

«Je publie cette photo à sa demande, dans l'espoir qu'un bon samaritain ait un violon à donner... Partagez!», a écrit Marie-Philippe ML au bas de son message partagé près de 3000 fois.

Quelques heures plus tard, le grand patron de l'Orchestre Métropolitain en personne a répondu à l'appel en apportant un violon tout neuf à Mark Landry, à l'instar de trois autres citoyens qui ont agi de leur propre chef. Un d'entre eux a remis le sien à des employés du métro, en leur demandant de le remettre au virtuose de la station.

Le principal intéressé ignorait tout ça lorsqu'il s'est pointé, un peu avant 15 h, au métro Joliette, avec une couverture sous le bras et un reste de brownies dans la main.

Il n'avait même pas l'air trop surpris de voir une horde de journalistes qui l'attendait à l'ombre de l'édicule, où se trouve son campement de fortune, soit un vieux matelas et quelques couvertures sales.

Vêtu de plusieurs manteaux et chaussé de grosses bottes, l'homme à la barbe hirsute a entrepris - de manière décousue - le récit du vol dont il dit avoir été victime hier soir. Un autre, puisque ce n'est pas le premier violon qu'on lui dérobe, souligne-t-il.

En gros, quelqu'un se serait enfui avec son instrument laissé sans surveillance pendant qu'il argumentait avec le nouveau propriétaire du dépanneur d'en face pour utiliser le micro-ondes afin de réchauffer sa poutine. Ou quelque chose du genre.

Mais qu'importe, puisque ce qu'il faut retenir, c'est que Mark Landry avait perdu son violon, son gagne-pain, mais surtout une passion lui permettant d'exprimer un talent brut. Tous les usagers du métro Joliette pourraient en témoigner.

Mark Landry joue du violon aux abords de... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE) - image 2.0

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Mark Landry joue du violon aux abords de la station de métro Joliette depuis une quinzaine d’années.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

«Je peux faire l'amour avec des milliers de personnes avec mon violon sans faire de jaloux», affirme-t-il.

On retrouve des vidéos de musicien en action sur YouTube et il est le sujet du court métrage intitulé Un homme et son violon réalisé par Guy St-Pierre, présenté récemment dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois.

«Là, faudrait tourner la suite, Un homme sans son violon», a badiné M. Landry, qui ne s'attendait donc à rien lorsque le président-directeur général de l'Orchestre Métropolitain, Jean Dupré, s'est présenté à lui avec un violon flambant neuf.

«Quand on a appris que t'avais perdu ton violon, ça nous a vraiment touchés. On a alors contacté nos amis à la Maison du violon et on a décidé de te redonner le sourire et te permettre de faire ce que tu sais faire de mieux», a lancé M. Dupré, sous les applaudissements de quelques badauds qui épiaient la scène. «C'est touchant et c'est un geste de solidarité incroyable!», a lancé, émue, Tanya Lapierre.

Mark Landry ne s'est pas fait prier pour extirper le violon de son étui et attaquer un morceau. La tête appuyée sur le manche, l'air en transe, il s'est mis à jouer. Mais jouer comme quelqu'un qui sait jouer. «Franchement, il est impressionnant. Très impressionnant, même», a noté le patron de l'Orchestre Métropolitain, qui ne l'avait jamais vu à l'oeuvre.

Après sa prestation, filmée en direct pour alimenter les comptes Facebook des médias sur place, Mark Landry a tout bonnement demandé si quelqu'un avait de l'argent pour manger. Le photographe du Devoir, Jacques Nadeau, a vidé ses poches. «On devrait surtout lui donner une job à l'orchestre», a-t-il ajouté.

Au moment de partir, on apportait le deuxième violon à Mark Landry, offert par un bon samaritain anonyme. «Je vais l'essayer tout de suite», a lancé le musicien, avant de poser ses doigts noirs et sales sur le manche encore propre.

Et même s'il couche dehors ce soir, Mark Landry dormira sûrement de manière un peu plus confortable avec ses violons.

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