Prince: pour la piste de danse et en ligne

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Shaun TANDON
Agence France-Presse
NEW YORK

Le prolifique Prince a sorti lundi son nouvel opus taillé dans une étoffe funk faite pour la piste de danse. Et pour ne pas démentir sa réputation d'excentrique, il a décidé de le diffuser seulement en ligne.

HitNRun Phase One, un jeu de mots sur le délit de fuite et sa tournée de concerts annoncés seulement quelques heures à l'avance façon flash mob, incarne cette vitalité de l'artiste en scène.

Prince, 57 ans, a choisi de ne publier son album que sur Tidal, le service de musique en ligne du rapper Jay Z, créé pour contourner des concurrents comme Spotify, auquel certains artistes reprochent de ne pas assez les rémunérer.

Le musicien farouchement indépendant, qui avait un temps porté le mot esclave sur sa joue pour dénoncer les «chaînes» des maisons de disque, s'est réjoui de pouvoir diffuser son 34e album studio seulement 90 jours après un unique rendez-vous avec Jay Z.

Aux yeux de Prince, la diffusion en continu, un système qui permet d'écouter de la musique en ligne à la demande, en général par abonnement, pourrait à terme permettre aux artistes de s'affranchir des structures de l'industrie musicale traditionnelle.

«Les contrats de disque sont -- je vais lâcher le mot -- comme de l'esclavage», a lancé Prince, qui est Noir et bien conscient de la portée de ce mot dans la culture américaine, devant un petit groupe de journalistes, selon la radio publique NPR.

Dans une autre interview accordée à Ebony, magazine emblématique de la communauté afro-américaine, il a expliqué que l'internet permettait de s'affranchir du modèle de prêt-à-porter et de faire du sur mesure.

Danse, danse, danse

HitNRun Phase One reproduit l'atmosphère d'un concert live dès les premières notes en citant l'une des chansons les plus célèbres de Prince et les plus dansantes: Let's Go Crazy avant de se métamorphoser en funk endiablé avec Million $ Show, sur laquelle chante Judith Hill, une protégée de Prince.

L'artiste aime à revisiter son travail et ce nouvel album ne fait pas exception. Il a retravaillé This Could Be Us, paru originellement sur un de ses albums en 2014.

Il a transformé la balade, qui servait d'écrin à son inimitable falsetto, en un morceau dont le rythme souligne à merveille son fameux «le sexe avec moi ce n'est pas assez / c'est pour cela que nous devons le faire à un niveau métaphysique».

Dans Fallinlovetonight Prince fait briller les synthétiseurs dont les sons ne sont pas sans rappeler les Pet Shop Boys, à la génération qui hantait les boîtes de nuit à la fin des années 80.

Tout à la fête, l'album ne contient aucun message politique. Baltimore, qui dénonce les violences policières envers les Noirs, est notablement absent de l'album.

Prince s'est quand même autorisé une touche d'introspection avec le dernier morceau de l'album intitulé June, juin comme son mois de naissance dans lequel il se demande s'il n'appartient pas à une autre ère.

«J'aurais dû naître sur la scène à Woodstock. Mais je suis là, à attendre», chante-t-il.

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