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Festival de musique émergente: Rouyn, centre du monde

Le groupe Galaxie a offert une grande-messe rock... (Photo Christian Leduc, fournie par le FME)

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Le groupe Galaxie a offert une grande-messe rock samedi soir.

Photo Christian Leduc, fournie par le FME

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(ROUYN-NORANDA) Les décibels rock de Galaxie, le magnétisme de Jeanne Added, le groupe de feu de Marie-Pierre Arthur à trois guitaristes, le rock planant de Seoul, la prestation de Félix Dyotte dans sa chambre d'hôtel, et encore. Le 13e Festival de musique émergente ne manque pas de faits saillants pour sa 13e présentation, qui a eu une température rêvée.

La vie normale reprend son cours et le taux de décibels revient à la normale ce matin dans les rues de Rouyn. Le FME s'est terminé hier soir avec des spectacles de clôture de Louis-Jean Cormier (quel plaisir de le voir dans l'intimité d'une ancienne église !), de Kid Koala et de Galaxie en mode prise 2 après un spectacle mémorable la veille.

Nous avons enfin pu entendre sur scène l'unique Safia Nolin, qui lancera son très attendu premier album vendredi. Sa voix pure chargée d'émotions et ses chansons folk tristes contrastent avec l'être authentique au charme maladroit qu'elle est sur scène, comme dans la vie.

Avec des salles pleines et une température estivale inespérée pour un mois de septembre au 48e parallèle nord, le FMEAT n'aurait pu espérer mieux. «Le beau temps a fait exploser la fréquentation. Surtout le site extérieur gratuit de la septième rue. Le côté festif ressort» a dit le président du FME, Sandy Boutin.

Musique de chambre... d'hôtel

Qui dit FME dit surprises.

Hier matin, le bruit a couru concernant un spectacle intime de Félix Dyotte dans sa chambre de l'hôtel Le Gouverneur. Tel un John Lennon, l'auteur-compositeur a interprété à la guitare des pièces de son premier album solo entouré de curieux, d'admirateurs et de photographes.

«Je voulais le faire et le directeur général du FME, Mathieu, m'a appelé pour le proposer. Je suis allé au secondaire avec lui», nous a expliqué Sébastien Lapointe, superviseur du Gouverneur.

Le FME transmute Rouyn pendant quatre jours.

«Nos chambres sont pleines à chaque année. Il faut s'y prendre au mois de mai pour réserver, souligne-t-il. Le festival apporte une reconnaissance à l'international à Rouyn. Depuis que le FME est arrivé, il y a une recrudescence de l'offre culturelle dans la région.»

Sébastien Lapointe a travaillé beaucoup pendant le week-end, mais il a pris le temps de se gaver de décibels. «Je suis allé voir Galaxie, hier. Mon Dieu Seigneur ! Les oreilles me buzzent encore !»

Parlons-en, du spectacle de Galaxie. Avec son rock retentissant et son guitar hero nommé Olivier Langevin, Galaxie n'a rien à envier aux grands groupes rock qui remplissent des stades.

Une tradition annuelle

Le FME a su demeurer un festival fréquenté par les gens de Rouyn malgré la grande présence de Montréalais dits de l'industrie. C'est une tradition annuelle pour beaucoup de Rouyn-Norandiens. Certains prennent même des vacances pour être bénévoles alors que des parents profitent du service de gardiennage ( !) offert par le CPE d'Évain, l'Anode magique, pendant le FME.

L'événement donne également un prétexte à beaucoup d'expatriés pour venir visiter les membres de leur famille.

Térésa Setticasi fait d'une pierre deux coups. La Montréalaise de 39 ans profite du FME pour passer du temps avec des amis dont les enfants sont ses filleuls. Samedi, elle dansait avec eux au son de la musique électro d'Hologramme.

«Hier, j'ai vu Duchess Says [groupe à l'énergie punk redoutable] et j'ai lâché tout mon méchant ! Je n'avais jamais écouté cela avant. C'est ce qui est cool. Tu arrives à la dernière minute à un show et tu es en avant. Ce n'est pas compliqué comme un festival à Montréal. Il ne faut rien planifier. C'est comme un village. Il y a plein de monde partout, mais il n'y a pas trop de monde nulle part. L'ambiance est incroyable et les gens sont de bonne humeur», remarque-t-elle.

Térésa fait toujours le plein de découvertes au FME. «Je connais quatre ou cinq groupes dans la programmation, mais je vais sur le site du festival et je les écoute. Je trippe.»

Éric Raymond, propriétaire du Joubec, un disquaire et un magasin de jeux, avait aménagé pendant le festival une boutique éphémère où l'ont peut acheter un vinyle, prendre un café et passer sur la chaise d'un barbier. «Il y a un an, j'ai racheté les disquaires de Rouyn et de Val-d'Or qui fermaient, Musique-Cité et Polysons. Je considère que c'est important qu'une communauté ait une place pour échanger et acheter de la musique.»

Mixité

«Le FME développe de trucs gratuits qui rassemblent les gens et les familles, note-t-il. Cela leur fait voir plein de groupes qui ne viendraient pas habituellement.»

Il était en effet impressionnant de voir la mixité des gens qui assistaient aux spectacles. Des gens curieux d'entendre le reggae de Face-T ou de découvrir Rosie Valland le samedi matin au milieu du marché public de Rouyn. Nous y avons par ailleurs recroisé une femme (qui ne fait pas ses 53 ans) rencontrée la veille au spectacle de Philippe Brach. Son nom : Guylaine Grenier, et elle fréquente religieusement le FME avec son conjoint Daniel, un grand fan de Galaxie.

«Philippe, on l'avait vu à la fin de son show l'an passé et on l'avait bien aimé, donc on voulait le revoir. J'adore le FME et ses petits 5 à 7. On apprend à connaître des nouveaux musiciens. Le FME est accessible, jeune et dynamique. Il y a des shows partout. Tu te promènes d'une salle à l'autre au pif.»

La Presse a aussi fait des découvertes. Le duo power-rock Peregrine Falls, l'Australien Hein Cooper (qui a un visage à la Justin Bieber, mais une voix pure à la Jeff Buckley) ainsi que la Française Jeanne Added, une bête de scène électro à la voix magnétique qui incarne la rencontre entre PJ Harvey et Björk. Elle s'avère sans doute la révélation du FME.

Nous avons eu la chance de voir pour la première fois sur scène Elliot Maginot, qui s'est montré à la hauteur de son premier album. Tomas Furey (le fils de Carole Laure et Lewis Furey) a aussi fait le voyage jusqu'à Rouyn pour présenter sa musique polyrythmique électronique.

Une mention pour Jesse Mac Cormack, qui s'est produit en solo en plus d'accompagner de nombreux artistes.

Et ce n'est qu'un aperçu de tous les spectacles qui ont eu lieu pendant les quatre jours du FME, qui vient clore la belle saison des festivals.

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