Térez jazze en français, total!

À la demande générale, Térez Montcalm lance jeudi... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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À la demande générale, Térez Montcalm lance jeudi soir à l'Astral un album de jazz en français.

Photo Olivier Pontbriand, La Presse

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Daniel Lemay
La Presse

«Le jazz en français, on s'entend, ça n'existe pas!»

Ça n'existe pas, mais Térez Montcalm n'en lance pas moins cette semaine un disque de jazz chanté tout en français et intitulé Quand on s'aime, du titre de la grande chanson écrite par Eddy Marnay et Michel Legrand: «On peut se croire à New York/Cinq heures du soir, five o'clock.»

Un disque conçu et réalisé à la demande générale, en quelque sorte: «Là-bas, après les spectacles, les gens me demandent toujours: "Pourquoi vous ne chantez pas en français ?"» nous racontait la chanteuse mardi au studio Latraque où elle et ses musiciens répétaient en vue des spectacles-lancements de ce soir et samedi à l'Astral.

«Là-bas», c'est la France, Paris, en fait, où la chanteuse passe désormais le gros de son temps. Pour gagner sa vie. Parce qu'ici, le jazz ne le permet pas vraiment... «À moins d'accompagner d'autres musiciens ou d'enseigner, comme Lorraine Desmarais, Michel Donato et bien d'autres...»

Lorraine Desmarais, justement, accompagne Térez Montcalm dans cette mini-tournée québécoise, en remplacement de Gil Goldstein, coréalisateur de cet album, le huitième de la chanteuse, conçu à Paris, arrangé à New York et enregistré à Montréal avec des musiciens français.

«J'ai rencontré Gil quand j'ai fait mon album avec les chansons de Shirley Horn (Here's To You, 2011). Je lui envoyais mes maquettes à New York, guitare-voix seulement, avec les changements de tonalité, et il s'occupait du reste.» Jazz en masse.

Les pièces 

Le choix des pièces s'est fait en équipe, qui s'est vite entendue sur les must du jazz français: Petite fleur de Sidney Bechet (avec les paroles de Bonifay et Bua en 1959), Les feuilles mortes (Prévert/Kosma), popularisée par Yves Montand et reprise plus tard par Miles Davis, entre autres, dont Goldstein s'est inspiré ici; Black Trombone, enregistrée à la fin de sa «période bleue» (1962) par Serge Gainsbourg; Que reste-t-il de nos amours? de Charles Trenet; et La belle vie, une chanson de Sacha Distel passée au rang de standard (américain, obligatoirement) lorsque reprise par Tony Bennett sous le titre The Good Life.

Ajoutons L'amour est comme un jour, d'Aznavour et Montand, et Docteur, version française du mégatube Fever, enregistrée en 1965 par Claude Nougaro (1929-2004), résolument le plus jazzy des chanteurs français. Et dans la tradition de qui Térez Montcalm s'inscrit un peu. Quand on s'aime compte deux autres chansons originales de Térez Montcalm: Juste nous deux et Le temps s'arrête dont Jean-Marie Ecay, guitariste au jeu subtil, a écrit la musique.

À ces titres français, s'ajoutent deux chansons québécoises «jazzifiées» pour la première fois, sauf erreur. D'abord Que veux-tu que je te dise? de Jean-Pierre Ferland (musique de Warren Nichols et André Perry) et Un jour, il viendra mon amour, chanson-thème du film L'initiation (Denis Héroux, 1970) chantée à l'origine par Diane Dufresne, qui s'est fait connaître sur ces paroles de Marcel Lefebvre et la musique de François Cousineau (et non de Jean Lapointe, comme il est écrit dans la pochette).

Ce disque, son premier en français en 12 ans, Térez Montcalm le trouve «classe au boutte», mais elle ignore «comment il fera son chemin» ici, où n'existe aucune tradition de jazz chanté et où les radios commerciales s'en tiennent d'habitude à leur pop éprouvée. Reste que certains directeurs musicaux écouteront Quand on s'aime avec attention...

L'album Quand on s'aime, de Térez Montcalm. ... - image 2.0

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L'album Quand on s'aime, de Térez Montcalm. 

L'accent

Sur le point toujours délicat de l'accent, par ailleurs, Térez Montcalm accueille mal notre question sur sa prononciation des mots chantés, avec un accent que d'aucuns pourraient qualifier de très français sinon de franchouillard. Elle se braque, le regard se fait perçant et l'interlocuteur voit grossir le tatouage enveloppant son biceps droit. «J'ai pas l'accent français pantoute! Je chante en québécois, mais en parlant bien, comme les textes le demandent. Moi, y a rien qui m'écoeure plus que quand je ne comprends pas les mots d'une chanson...»

À cet égard, enfin, qui de la guitariste ou de la chanteuse a le plus progressé depuis que, il y a plus de 20 ans, Térez Montcalm a lancé Risque, son premier album?

«La voix, total!»

À L'Astral ce jeudi soir et samedi

JAZZ

Quand on s'aime

Térez Montcalm

Avalanche Productions

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