Christian Clermont, musicien d'Apocalypse

Le compositeur Christian Clermont a dû relever le... (Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Le compositeur Christian Clermont a dû relever le défi de trouver le ton juste pour s'adapter à la série Apocalypse, dont le propos est à mi-chemin entre la didactique et le dramatique.

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Les amateurs d'Histoire savent sans doute que la série Apocalypse sur la Première Guerre mondiale commence ce soir à TV5 et ce, pour les cinq prochaines semaines. Ce qu'ils savent peut-être moins est que cette nouvelle mouture est le fruit d'une coproduction avec le Québec.

La série a été réalisée en France, par Isabelle Clarke et Daniel Costelle. Mais la firme montréalaise Ideacom a fourni la narration en anglais (François Arnaud), le montage sonore et une partie de la recherche en archives.

C'est aussi un Québécois, Christian Clermont, qui a signé la musique de la série. Et si l'on en croit ce dernier, l'aventure n'a pas été de tout repos.

«C'est le projet le plus prise de tête que j'ai fait», admet le musicien, rencontré le matin de la première médiatique, devant un muffin et un café. «C'était mental. Mais extraordinaire en même temps.»

Jusqu'ici, Christian Clermont était surtout connu pour sa contribution à des séries télé relativement inoffensives comme 30 vies, Mirador 2, Sophie Paquin ou 5150 rue des Ormes - laquelle lui a d'ailleurs valu une nomination aux Prix Génie pour la meilleure musique originale.

Mais cette fois, dit-il, c'était une autre paire de manches.

Il faut savoir qu'Apocalypse propose une interprétation assez troublante de l'Histoire. Ses films d'archives ont été recolorés et resonorisés. Le propos, très subjectif - au sens le plus antimilitariste du terme - est à mi-chemin entre la didactique et le dramatique. Les images sont brutales. Le montage est nerveux. Le résultat est étrangement contemporain.

Pour le compositeur, tout le défi était de trouver le ton juste pour s'adapter à ce concept unique.

«Il fallait que ce soit moderne, mais en même temps, c'était dans le passé, explique le compositeur. Ils voulaient s'adresser aux jeunes. Que ça traverse les générations. Donc, ils voulaient un son porteur. Il y avait des images venues d'un peu partout, mais en même temps, c'était comme irréel. Ce n'était pas du cinéma, mais en même temps, c'en était... Ça m'a amené dans des avenues où je n'avais jamais été...»

«Au service du message»

Christian Clermont a mis le paquet pour traduire «l'ampleur» de la Première Guerre mondiale, dont on célèbre cette année le 100e anniversaire. «C'est un conflit qui dépasse l'entendement», dit-il. Il a utilisé un orchestre complet, des guitares électriques, des touches d'électroacoustiques, des percussions africaines, des synthés, le tout enregistré sur parfois 50 pistes différentes. Un travail énorme.

D'un autre côté, son plus gros défi était de ne pas en mettre trop. Il fallait être « au service du message», sans le «plomber» avec une proposition musicale redondante.

Apocalypse regorge en effet d'images dures, insoutenables, parfois horribles. Il aurait été tentant, pour le compositeur, de surenchérir. Mais par souci d'équilibre, il a plutôt joué la carte du «contrepoint».

«Jusqu'où tu en mets? demande-t-il. L'horreur est déjà là. Aller dans le sombre aurait été un pléonasme. Il fallait que la musique aille avec l'action, sans trop l'appuyer.»

Christian Clermont a travaillé deux ans et demi sur ce projet d'envergure. Deux ans et demi d'allers-retours en France. Deux ans et demi d'ajustements permanents entre lui et les créateurs de la série, qui avaient une vision très claire du «son» recherché. Mais en fin de compte, le compositeur est fier d'avoir travaillé sur une oeuvre aussi importante.

«Il y avait comme un sens du sacré, dit-il. C'est un document qui va rester longtemps.»

Sauf erreur, le Québécois ne participera pas à la prochaine série Apocalypse, consacrée à Staline. Entre autres projets à venir, il doit toutefois signer la musique d'un documentaire sur Tintin et les Québécois, réalisé par Jean-Philippe Duval (Unité 9). Un sujet beaucoup plus léger, c'est le moins qu'on puisse dire.




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