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Philémon Cimon: l'été démarre en janvier et dure toute l'année

Le chanteur Philémon Cimon aime réunir les musiciens... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Le chanteur Philémon Cimon aime réunir les musiciens dans une même pièce, sans partitions, ni arrangements écrits.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

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En 2010, on avait applaudi les vibrantes et fébriles Sessions cubaines de Philémon Bergeron-Langlois, album indépendant de chansons francophones. Lancé sous la bannière Philémon chante, le projet fut repris au début 2011 par l'étiquette Audiogram. Quatre ans plus tard, voici la suite des choses: L'été porte la signature Philémon Cimon.

Les douze chansons neuves de cet opus, il faut dire, ont inspiré autant d'écrivains; à compter de la semaine prochaine, La Presse fera état de leurs nouvelles réunies dans un recueil intitulé Un an en été.

Aujourd'hui, cependant, Philémon nous cause exclusivement de son nouvel album en en déclinant les thèmes, sources d'inspiration, méthodes et pratiques.

Ainsi, L'été démarre le 28 janvier (date de la sortie officielle) et dure toute l'année!

L'été

« J'ai enregistré au printemps, mixé en été, je n'avais pas prévu sortir cet album en janvier avec un titre paradoxal mais... au fond, ça ne me dérange pas. L'été a ici une signification poétique, c'est ce qui englobe mon album. L'énergie des chansons y ressemble à l'énergie que je ressens l'été. En fait, je compte mes années passées en comptant mes étés passés. Très souvent, c'est pour moi une période où plus de choses se produisent. Ça me renvoie à un état d'esprit assez ouvert, propice aux nouvelles rencontres. Au Québec, la détente estivale donne la possibilité de se renouveler, d'accomplir des choses inusitées.

«Lorsque j'ai choisi d'intituler cet album ainsi, c'était l'été. Je me suis ensuite rendu compte que ça ne perdait pas de son sens. Récemment, j'ai lu L'été d'Albert Camus, un essai où il parle de l'Algérie où il a d'abord vécu, puis devenu une sorte d'été intérieur qu'il a toujours recherché. Je ressens un peu la même chose avec les lieux de mes étés, notamment Charlevoix d'où provient une partie de ma famille. Grands-parents maternels à Saint-Joseph-de-la-Rive, jadis propriétaires de l'hôtel Cimon.»

Philémon... Cimon

«Pourquoi signer Philémon Cimon? Une impulsion qui s'est produite l'été dernier... Je pourrais essayer de m'autopsychanalyser et je ne suis pas sûr que je pourrais trouver la bonne raison. Je serais capable d'en inventer une, cependant! Ce nom de mes grands-parents maternels, il me suivait depuis longtemps. Dès 2007 j'ai commencé à être Philémon Cimon dans ma tête. Le coming out vient de se produire (rires).»

L'enjeu d'un deuxième album

«Mon premier album était un peu un «best of» de ma vie avant sa sortie. Pour deuxième, il me fallait répondre à ces questions: suis-je capable d'en écrire des tounes? Capable de faire ce métier? Comment faire du neuf en tirant le meilleur de l'album précédent tout en racontant ce qui suit? Avant L'été, écrire des chansons n'était pas vraiment un travail. Tu sors un album car tu as amassé assez de matériel. Tu vides ton sac, après quoi tu te retrouves devant rien.

«Plusieurs choses se sont produites durant les quatre années qui ont suivi cette sortie. J'avais produit moi-même, fait le travail de gestion, travaillé fort pour que ça marche. Et c'est pour ça que je travaille maintenant avec l'étiquette Audiogram! Après le cycle des spectacles du premier album? D'autres épisodes de ma vie personnelle m'ont mené au printemps dernier, c'est alors que j'ai pu rassembler tout mon monde afin d'enregistrer L'été. J'étais prêt avant, mais ce n'était pas possible.»

Trois jours pour répéter, cinq pour enregistrer

«J'aime bien cette technique d'enregistrement autrefois courante: réunir tous les musiciens dans une même pièce, tous à la recherche d'un son plus proche de la scène. Pas de partitions, pas d'arrangements écrits, que des grilles d'accords qui définissent la structure générale.  Et peu de temps de préparation. Cette compression du temps force les musiciens à sortir ce qui se serait pas nécessairement sorti sur une période plus longue. J'aime les surprises que procure cette poussée, cette recherche de l'état de grâce. Tu ne peux prévoir comment ça va sonner, tu le vois après. Généralement, tu finis par obtenir la chanson en moins de trois prises de son.

«Après ça, au mix,  tu découvres ce que chacun a accompli. Les bons coups comme les erreurs à gérer. En tout cas, tu sais assez rapidement si l'esprit était bon et la fraîcheur était là. J'aime bien cette méthode de travail, cette recherche de l'état de grâce au moment présent. C'est aussi un reflet de nos vies imparfaites. À tous les instants, la vie s'improvise. On s'y fixe des objectifs mais on peut difficilement savoir où on va se ramasser. On essaie de s'en sortir avec le plus de grâce possible. C'est ce que j'aime refléter à travers mes chansons, sans prétendre que ma vision est la meilleure.»

Le texte: l'écriture, la proximité des êtres

«Il est rare que je passe des semaines sur un texte de chanson, c'est-à-dire ajouter un mot par-ci, une ligne par là. Cette méthode ne me convient pas. Toutefois, je peux réfléchir plusieurs mois à un éventuel texte; je m'imbibe de son idée et de son esprit avant de l'écrire en peu de temps. Et... oui, je parle encore de relations humaines.

«Deux sentiments nous remuent dans la vie: l'amour et la haine - au sens large. Or, à un stade de mon existence, j'ai eu plus envie d'être remué par l'amour que par la haine.  Bien sûr, on ne peut pas toujours faire ce choix... Lorsque c'est plus fort que soi, il vaut mieux s'en aller. Je m'intéresse donc aux relations humaines, très proches de moi. J'ai quand même l'impression de tout y voir, d'y être en lien avec l'infiniment grand et l'infiniment petit.»

Les collaborateurs

Philippe Brault: coréalisateur, bassiste, contrebassiste. Il est arrangeur, réalisateur, proche collaborateur de plusieurs artistes dont Pierre Lapointe.

Howard Bilerman: preneur de son, réalisateur pour d'autres projets. Il a travaillé avec plusieurs artistes majeurs montréalais tels que Godspeed You!Black Emperor, Arcade Fire et Coeur de Pirate ainsi qu'avec le Malien Bassékou Kouyaté.

Mathieu Houde: codirecteur artistique (avec Philémon).

Guido Del Fabbro: violoniste, mandoliniste, collaborateur de plusieurs artistes dont Pierre Lapointe.

Nicolas Basque: guitariste, membre fondateur du groupe indie montréalais Plants & Animals.

Sarah Pagé: harpiste et choriste, collaboratrice des Barr Brothers.

Papacho: pianiste, claviériste, cousin de Philémon. Il vivait au Mexique et s'est relocalisé récemment à Montréal. Il a aussi participé à l'enregistrement des Sessions cubaines.

Nestor Rodriguez Vilardell: saxophoniste ténor. Le résidant de La Havane avait raté les Sessions cubaines après avoir été recruté par le chanteur québécois. Le rendez-vous a finalement eu lieu à Montréal.

David Carbonneau: trompettiste, jazzman, accompagnateur très sollicité par la mouvance indie de Montréal. Il a tourné et joué avec Patrick Watson, entre autres.

David Payant: batteur, membre de Godspeed You! Black Emperor et de Thee Silver Mt.Zion Memorial Orchestra.




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